Suspension de la grève à l’enseignement supérieur : Le calme qui précède la tempête ?

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Le syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) a suspendu son mot d’ordre de grève illimitée, qui devait commencer le 12 janvier dernier. « Les négociations se poursuivent » selon les syndicalistes. Mais ont-elles une chance d’aboutir et d’éviter une énième crise de l’Enseignement supérieur. Rien n’est moins sûr.

En effet, la reconduction de Me Tall à la tête du département de l’Enseignement supérieur peut être difficilement perçue comme un gage de réussite des futures négociations. Me Tall est réputé comme réfractaire à la contradiction et à la négociation. Lorsque le syndicat a lancé ce mouvement de grève, au lieu de mettre l’accent sur les négociations, Me Tall n’a trouvé mieux que de diffuser ce qui n’est ni plus ni moins qu’un tract au sein du milieu universitaire et de la recherche dénommé  ‘Lettre’’. Dans cette fameuse lettre en date du 11 décembre 2015, sous prétexte de faire le point des négociations (accords, désaccords…), Me Tall essaye tout simplement de ‘’diviser pour mieux régner’’. Comme l’atteste le dernier paragraphe de la fameuse lettre : « Le ministre appelle tous les enseignants du supérieur à convaincre le SNESUP à renoncer à cette grève, qui peut être évitée et à préparer sereinement son prochain congrès sans enjeu extérieur. Enfin, le ministère sait pouvoir compter sur le libre arbitre de chacun pour décider s’il y a matière à grève ou non. »

Parler d’’’enjeu extérieur’’ est quelque peu insultant quand on sait qu’on s’adresse tout de même à des adultes et mieux à des universitaires. Pire, en décortiquant le passage, on se rend compte que le ministre cherche visiblement à diviser les enseignants et autres chercheurs, mais aussi à déstabiliser les responsables syndicaux en parlant de prochain congrès du SNESUP. Qui aurait dû intervenir depuis longtemps. Et qui pourrait faire perdre à son premier responsable son fauteuil. Celui-ci, est, en effet, sur un fauteuil éjectable à tout moment, fragilisé qu’il est notamment par certaines compromissions. Comme lorsque le même Mallé, Secrétaire Général du SNESUP, a délibérément fermé les yeux sur l’abus administratif dont ont été victimes des agents du CENOU (Centre national des œuvres universitaires), humiliés et chassés pour avoir simplement observé une grève de 48heures en toute légalité. Pire, ce même Mallé, alors qu’il avait décidé que tous les bureaux syndicaux restent en place (malgré la fin des mandats) jusqu’au prochain congrès, s’est rendu complice de l’administration du CENOU en cautionnant et en parrainant la mise en place d’un nouveau bureau syndical dirigé par un chauffeur. Histoire de briser tous les contestataires, de confier le syndicat à des marionnettes (tel un chauffeur impuissant) et d’agir à sa guise. Le ministère, Mallé et l’administration du CENOU, ont cogéré ce dossier. L’idylle a-t-elle pris fin entre Me Tall et M. Mallé ? On peut se poser la question. A moins que ce ne soit juste un manège pour endormir. Ce qui est fort probable, vu que la grève a vite été suspendue, sans qu’il y ait eu une avancée réelle dans les négociations et que le ‘’dossier CENOU’’ ne figure même pas dans les doléances.

Alors même que des cas isolés sont bien présents. Par ailleurs, en scindant le département en deux entités (Enseignement Supérieur et Recherche Scientifique), le gouvernement chercherait-il à affaiblir Me Tall en multipliant les négociateurs ? Ou plutôt à affaiblir le syndicat qui est tout de même commun aux deux secteurs. ? A suivre

S .Haidara

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