Cour Peyrissac / Bras de fer Babou Yara / commerçants : La grogne des détaillants

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    Le syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) a tenu, hier, une assemblée générale (A.g.) à l’ancienne cour Peyrissac du grand marché de Bamako. Une foule nombreuse a répondu à l’appel. Etaient présents à l’A.g. le président du Synacodem, Cheikh Oumar Sako, les représentants des familles fondatrices de Bamako, du Haut conseil islamique, de l’Untm, de la Cstm, des élus et plusieurs membres de la société civile.

     Cheikh Oumar Sako a fait la genèse des problèmes relatifs à l’augmentation des loyers des magasins entre le commerçant Babou Yara et les commerçants détaillants. Plusieurs interventions et médiations n’ont pas empêché la saisie du tribunal de commerce. Le verdict a dépité les commerçants détaillants. En effet, ont-ils dit, Babou Yara avait décidé de faire des augmentations de 40 à 50%, mais à leur grand étonnement, le tribunal a rendu un verdict qui majore les locations de 100, 150, voire 200%. Au cours de ce procès, le tribunal a pris la décision d’expulser 24 détaillants des magasins. 

    Les commerçants détaillants ont tour à tour pris la parole pour dénoncer cette situation et recommandé une plus grande solidarité entre eux. Ils ont signalé le revirement de décision d’un expert qu’ils avaient commis pour évaluer la valeur locative. L’expert, ont-ils dit, après avoir indiqué qu’il fallait diminuer la valeur locative a fait un revirement spectaculaire pour ensuite dire le contraire. Les commerçants détaillants ont souligné qu’ils avaient entrepris plusieurs démarches pour nouer un dialogue avec Babou Yara et qu’ils avaient même sollicité l’intervention du président de la République, ATT. L’avocat des commerçants détaillants, Amadou Tiéoulé Diarra, est intervenu pour leur donner raison en leur recommandant toutefois de payer les prix de locations suivant l’ancien taux.

     A son avis,  la décision du tribunal entraînait la mort des opérateurs économiques qui représentent la classe moyenne. Cette situation, a-t-il précisé, était source de tensions et de périls, dans la mesure où cette catégorie sociale était la classe intermédiaire entre riches et pauvres. Si elle disparaissait, a-t-il fait remarquer, cela allait exacerber les conflits entre classes sociales dans notre pays, puisqu’une grande majorité de la population se retrouverait parmi les plus pauvres.

    Le député Oumar Mariko a confirmé cette analyse et a demandé aux commerçants détaillants de s’unir pour représenter une force face au pouvoir. Les détaillants ont lancé un appel à l’unité et à la solidarité. Ils ont rejeté le verdict du tribunal du commerce et ont décidé de soutenir leurs camarades. Ils vont, dans les jours à venir, ont-ils dit, organiser des marches et sit-in. Certains ont proposé de fermer les magasins pendant une certaine période. Pourtant, dans cette ambiance délétère, un commerçant détaillant, d’un ton troublé, a estimé qu’il fallait encore continuer le dialogue avec les autorités. C’est finalement, dans cette atmosphère de défis que l’assemblée générale du Synacodem a pris fin.                                                            
       Baba Dembélé

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