Cheick Oumar Sacko, Président du SYNACODEM : «Le SYNACODEM n’est pas là pour faire la guerre à l’Etat»

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Le Prétoire : On vient de mettre en place le bureau de la délégation régionale de Gao. Quel est votre sentiment et quelle lecture faites-vous de ce bureau ?
 Cheick Oumar Sacko :
Je tiens tout d’abord à remercier tous les opérateurs économiques de la région de Gao pour l’accueil qu’ils nous ont réservé, ainsi que les journalistes qui ne cessent de répondre à notre appel dès qu’on a besoin d’eux. On a changé de système, car j’étais le Secrétaire Général, aujourd’hui je suis le président.  Par rapport à nos relations avec  le Groupement, vous savez certainement qu’avant la création de notre Syndicat, les commerçants, les grossistes et les industriels se regardaient en chiens de faïence. Chacun regardait l’autre comme son pire ennemi. Or, un commerçant détaillant ne peut pas avancer sans l’appui du grossiste ou d’un industriel. Aujourd’hui, avec la création de notre Syndicat, nous sommes tous ensemble. Eux aussi, ils ont compris et ils ont voulu que le SYNACODEM rentre dans le Groupement. Moi, j’ai eu la chance d’être le Secrétaire aux relations extérieures du Groupement des commerçants maliens et partout où ils vont, nous sommes avec eux et nous participons pleinement à la mise en place des bureaux régionaux à travers le pays. C’est ce qui aide à la sensibilisation et à la mobilisation pour que tous les commerçants, sans exception, soient ensemble.

Aujourd’hui, je suis très content après la mise en place des bureaux dans toutes les régions du Mali. Après Gao, on se dirigera vers Kidal pour la mise en place du bureau de cette localité. Cela est une bonne chose, parce qu’au moment de l’indépendance de notre pays, il n’y avait que les Libanais, donc il fallait un Groupement national pour défendre les intérêts des opérateurs locaux. Aujourd’hui, il nous faut un groupement soudé, fort en actions et en propositions pour le développement du secteur en un mot pour le développement du Mali.

 Avec cette redynamisation, peut-on dire que vous constituez une force montante pour récupérer  le terrain un peu perdu ?
Avant l’élection de la Chambre Consulaire en 2006, il n’y avait pas de divisions. C’est cette élection qui a amené toutes les divisions entre les opérateurs économiques. Nous sommes donc obligés de réorganiser tous les secteurs. Je pense que la prochaine élection trouvera que tous les opérateurs économiques sont ensemble. Le bureau qui aura la chance de diriger la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, le fera, je l’espère vivement, sans distinction et sans discrimination.

 Quel rapport y a-t-il entre la société d’assurance NSIA et le SYNACODEM ?

La Nouvelle Société Interafricaine d’Assurances VIE Mali (NSIA VIE Mali) est notre partenaire stratégique. Il y a cinq ou six mois, nous étions en pourparlers pour voir comment l’Assurance NSIA  et le SYNACODEM peuvent travailler ensemble. Nous avons expliqué de façon rationnelle qu’il y a longtemps, nous avions fait des demandes pour que les commerçants puissent adhérer à l’INPS. Car, de nos jours, le commerce n’est pas un métier garanti dans la mesure où on peut tomber en faillite du jour au lendemain. Tel n’est pas le cas des fonctionnaires qui ont une garantie plus sûre pour assurer leur retraite. Mais pour un commerçant, quand il est en faillite, c’est sa famille ou son entourage qui peut lui venir en aide, et de nos jours, cela n’est pas évident. Nous avons donc expliqué cette situation à NSIA Vie Mali et ils nous ont créé un produit à travers lequel, le commerçant s’engage à cotiser pendant un certain nombre d’années. Comme cela, il peut récupérer après la somme versée comme un pensionnaire. Cela est avantageux pour nous les commerçants. Nous avons aussi demandé à NSIA Vie Mali de créer un Centre de santé dans toutes les régions pour que le commerçant puisse avoir accès à des soins médicaux avec sa carte d’assurance. Et une fois que tu cotises, tu as une réduction de 30% sur les frais médicaux. En outre, il y a plusieurs autres assurances (voitures, immeubles, marchandises). En somme, il y a beaucoup d’avantages et c’est ce partenariat que nous avons signé à Bamako où NSIA Vie Mali est en train de construire une clinique.

 Quelles sont vos prochaines ambitions ?
Notre ambition est de réorganiser le secteur pour qu’un jour, les détaillants deviennent des grossistes et des industriels Import-export. C’est sur cela qu’ont porté aujourd’hui nos échanges.

 Quelles sont vos relations avec les autorités ?
J’avoue que même le président de la République nous reconnaît et chaque année, il nous formule ses vœux de bonne et heureuse année. Nous sommes aussi acceptés par les autorités gouvernementales et communales, ainsi que certains organes de la DNCC, de la Douane…parce que le SYNACODEM n’est pas là pour faire la guerre à l’Etat. Notre Syndicat est là pour sensibiliser les commerçants détaillants et Dieu merci, aujourd’hui l’Etat nous a compris.

Quel appel lancez-vous à vos troupes ?
J’invite tous les opérateurs économiques à venir avec nous, qu’on se regroupe pour un développement harmonieux et durable du secteur. Il ne faut pas qu’ils écoutent les opportunistes qui ne visent que leurs intérêts personnels alors que c’est le collectif qui fait avancer. Je lance aussi un appel aux commerçants détaillants et aux grossistes pour qu’ensemble, nous puissions bâtir le Mali.
Par Birama FALL
Envoyé spécial à Gao  

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