Insécurité alimentaire au MaliLe Cercle de Bougouni fait un déficit de 628 tonnes

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La crise alimentaire de cette année résulte de trois choses : la non-maîtrise du calendrier agricole par les paysans, l’insuffisance de la pluviométrie et la mauvaise gestion des récoltes. En partenariat avec l’Institut Panos Ouest Africain (IPAO) dans le cadre de son projet « Medias et Communications avec les OSC» sur financement d’OXFAM/ NOVIB, le journal « Le Relais »  a fait une descente sur le terrain pour rencontrer des responsables des services techniques de l’Etat ainsi que des responsables des organisations  des producteurs.

En vue  d’assurer la  souveraineté alimentaire de notre pays,  le gouvernement a adopté  la loi d’orientation agricole, subventionné des engrais,  organisé et  accompagné les organisations paysannes. En dépit des  efforts inestimables des uns et des autres, la crise alimentaire s’annonce très mal après la campagne agricole 2011-12.

A cet effet, M. Ousmane Dembélé, directeur du service Météo de Bougouni s’est entretenu avec « Le Relais » le 7 janvier 2012 sur la problématique de la météorologie dans l’agriculture malienne en général et celle de la localité en particulier. D’après lui, la statique de la pluie montre que  de pluie reçue en campagne 2011-12 a dépassé la quantité prévue.  Sur une prévision de 1212 mm, on a reçu  136,5 mm et s’agissant du nombre de fois de la pluie, cette la météo a enregistré  77 fois sur une prévision de 76 fois.  Au mois de juin, il a plu 14 fois et la plus forte pluviométrie enregistrée était 20mm, ce qui est assez faible pour faire croître les cultures. Encore, dans notre prévision, la pluie s’est arrêtée plutôt que prévu. Malgré tout cela, l’insuffisance  de pluie a réduit le rendement de la campagne agricole. Quant on analyse ces données et le résultat de la campagne, on se rend compte qu’il y a un paradoxe. Cela s’explique par le fait que la pluie a été non seulement mal repartie, mais aussi, des fois les agriculteurs pouvaient faire 15 jours sans recevoir une goutte de pluie.

M.Bourama Coulibaly, producteur et membre du comité local de la chambre d’agriculture de Bougouni confirme l’engagement du gouvernement à soutenir l’agriculture et même d’autres activités du monde rural comme l’élevage. Cependant, la crise alimentaire de cette année résulte de trois choses : la non maîtrise du calendrier agricole par les paysans, l’insuffisance de la pluviométrie et la mauvaise gestion des récoltes. Il a jouté que mêmes les banques de céréales qui doivent être des alternatives ne pourront pas satisfaire les besoins des populations, parce que depuis le mois de décembre 2011,  les commerçants privés ont devancé les banques de céréales sur le marché.

Dans le même ordre d’idée, le président de la chambre locale d’agriculture de Bougouni, M. N’golo Traoré a complété les idées de Bourama Coulibaly en affirmant que la gestion de la crise alimentaire de cette année nécessite la création des banques de céréales d’abord dans les familles, puis dans les villages et après dans les communes. Il a précisé que chaque chef de famille doit chercher à s’approvisionner dès maintenant avant que le  prix  de 100kg de maïs n’atteigne  25 000 ou 30 000FCFA sur les marchés locaux. Chose qui aura un impact négatif sur la prochaine campagne.

Au-delà des facteurs naturels signalés, il y a lieu de souligner l’influence de la culture commerciale sur celle vivrière. La hausse du prix du coton, de 225 à 255FCFA, a amené beaucoup de paysans à commencer les travaux champêtres avec  le coton.  En plus, les superficies cultivées en coton font le double de celles en céréales. Ce déséquilibre entre les deux cultures joue un rôle important dans  l’insécurité alimentaire au Mali.

De nos jours, le besoin en nourriture du Cercle de Bougouni  est de 216 016 tonnes. Le résultat de la campagne 2011-12 est 215 388 tonnes soit un déficit de  628 tonnes. A noter que dans les normes de la FAO, chaque personne doit consommer 250KG de céréale sèche par an,  selon les informations fournies par le directeur du secteur d’agriculture le 12 janvier 2012 lors de la rencontre du système d’alerte précoce à Bougouni. 

Il faut aussi rappeler que courant juillet 2011, lors d’un entretien avec le président  du conseil d’administration de la coopérative des producteurs de maïs de Mali Sud (COPROCUMA), M. Soumaïla Diakité, ce dernier a insisté sur la recherche agricole que l’Etat doit mener afin que les agriculteurs puissent maîtriser les terres culturales et les facteurs climatologiques.

Comment se fait la gestion des céréales après les récoltes afin que les critères définis par la FAO et le gouvernement soient respectés ? A la prochaine parution !

Adama Coulibaly

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