La reforme du secteur de la sécurité au Mali : Vers un avenir meilleur pour notre pays

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La crise multidimensionnelle que le Mali a connu en 2012 a révélé l’impérieuse nécessité de donner une impulsion nouvelle au secteur de la sécurité, au regard des dysfonctionnements majeurs constatés, surtout au niveau des forces de défense et de sécurité mal préparées pour face aux menaces actuelles.

Dans un tel contexte, il est primordial de procéder, à travers un changement profond, à une transformation du secteur de la sécurité, pour doter l’Etat des forces de défense et de sécurité capables d’assurer sa sécurité. Mais aussi, celle des populations dans le respect de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits de l’homme ; de la dimension genre et des principes sains de bonne gouvernance. D’où la création du Conseil National pour la Reforme du Secteur de la Sécurité.

Ce conseil créé par décret n°2014-0609/ PRM du 14 Aout 2014, prévoit un comité sectoriel dans chaque département impliqué dans le processus de la reforme du secteur de la sécurité.

On se rappelle que depuis 2005, le ministère chargé de la sécurité avait engagé une profonde réflexion  à travers un processus consultatif couronné par des Etats généraux de la paix et de la sécurité au Mali. Les travaux de ces Etats généraux ont abouti à la mise en place, au sein du dit ministère, d’un programme de gouvernance partagé de la sécurité et de la paix, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Cela a permis d’accélérer l’évolution de la compréhension de la notion de sécurité. Mais cependant, les attentes restent toujours fortes.

Le président de la République  Ibrahim Boubacar KEITA, dès son accession au pouvoir, dans le souci d’aller vers un développement global  qui ne peut être atteint sans sécurisation, a instruit de mettre en œuvre un processus de reforme du secteur de la sécurité. Pour IBK, il s’agit de restructurer les forces armées et les services de sécurité en vue d’en faire des forces républicaines, respectueuses de l’Etat de droit, dédiées à la protection du citoyen malien et de ses biens.

La vision des autorités maliennes, à travers cette reforme du secteur de la sécurité, est la sécurité humaine avec les citoyens au départ, au centre et à la fin.

A la fin de ce processus, il s’agirait pour le Mali de disposer des forces de défense, des forces de sécurité, des forces économiques et environnementales et d’un arsenal judiciaire capable d’assurer un système de sécurité globale, soutenu par une justice équitable, en vue d’un développement harmonieux dans tous les secteurs.

Pour y parvenir, le processus de la reforme du secteur de la sécurité va viser à garantir que les prestataires des différents services, défense, sécurité, justice, économie, environnement, santé soient efficaces, efficients et performants. Ils devront rendre des comptes à l’Etat ainsi qu’à la population, être respectueux et leurs actions devront s’inscrire dans les normes et standards internationaux.

La mise en œuvre de ce processus devra être à la portée des moyens disponibles et tenir compte du genre. C’est de tout cela qu’ils vont tirer leur légitimité. Le gouvernement veut alors mettre en harmonie la notion paix, sécurité et développement pour le bonheur de chaque citoyen, ou qu’il se trouve sur le territoire national.

La mise en œuvre de l’accord de paix, signé le 20 juin 2015 pour la paix et la réconciliation nationale, sera un des grands défis à relever dans le domaine spécifique de la  reforme du secteur de la sécurité. Le gouvernement compte alors sur l’accompagnement et l’assistance de tous ces partenaires nationaux et internationaux, ainsi que de  toutes les composantes de la société civile malienne.

Seydou SYLLA

Maraka Fama

Source: 20 JANVIER

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