Mali : affrontements entre militaires et islamistes après une tentative d'incursion des jihadistes

10 Jan 2013 - 10:37
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_116891" align="alignleft" width="315"] Des soldats de l'armée malienne.
AFP[/caption] D'intenses affrontements ont été signalés le 9 janvier dans les environs de Konna, dans le centre du Mali sur la ligne de démarcation qui sépare le Nord contrôlé par les islamistes du sud du pays. Des sources militaires maliennes invoquent une tentative d'incursion des combattants islamistes qui aurait été repoussée. C'est la première fois en neuf mois que l'armée régulière et les jihadistes s'affrontent sur la ligne de partage du pays, une ligne dont s'étaient rapprochés ces derniers jours des groupes jihadistes. Un calme précaire semble être revenu. Aucun bilan n'est disponible pour le moment.
C’est une première depuis neuf mois. L’armée malienne et les jihadistes s’affrontent sur la ligne de démarcation. Nous sommes là à environ 700 kilomètres au nord de Bamako. Les combats ont eu lieu entre Konna (environ 70 km au nord de Mopti), sous contrôle gouvernemental, et Douentza (145 km au nord-est de Mopti), sous contrôle des islamistes. Dans le camp des jihadistes, il faut compter les combattants d’Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique, d’Ansar Dine, du Mujao, Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, et même des éléments de la secte Boko Haram. Cela a tiré de tous les côtés. Mais selon une source indépendante contactée par RFI, l’armée malienne a déployé de grands moyens, des blindés et surtout un renfort en hommes arrivé du sud du pays. Aucune des deux parties n’avance pour le moment un bilan. Et il semble bien que même si ce sont les premiers affrontements de cette envergure, ils risquent de n’être pas les derniers. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée malienne s’est déployée dans toute la région, avec un équipement, dit-on, adapté. Et ce jeudi, une nouvelle réunion de l’état-major est envisagée ici à Bamako pour faire le point de la situation, alors qu’en face, très probablement, les jihadistes, qui peuvent être redoutables, s’organisent également. Réactions contrastées aux manifestations Sur le plan politique, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi à Bamako et Kati, siège de la junte, pour réclamer notamment des « concertations » sur la transition au Mali, et le départ du président intérimaire Dioncounda Traoré qu'elles accusaient de trahison. L'appel à manifester a été lancé par plusieurs organisations, dont des coalitions politiques partisanes du coup d'Etat militaire du 22 mars au Mali. Comme la Copam-Forces vives (Coordination des organisations patriotiques pour le  Mali) l'une des organisations qui a lancé l'appel à manifester hier et qui appelle à une nouvelle manifestation ce jeudi pour réclamer la tenue de concertations nationales. Hamadoun Guindo, son président s'en explique.
Hamadoune Guindo
Président de la Copam-Forces vives
Ce n'est pas au président intérimaire Dioncounda Traoré de décider tout et tout seul. Nous avons besoin de débattre de tout cela. Il faut donc négocier.
A l'inverse, Amadou Koïta, porte-parole du FDR, Front du refus, qui a tenu une réunion extraordinaire suite à la manifestation, condamne avec la plus grande fermeté l'initiative des groupes politiques à l'initiative du sit-in.
Amadou Koïta
Porte-parole du FDR, Front du refus Au moment où les islamistes se donnent la main pour déstabiliser le Mali. L'armée malienne n'a pas besoin d'un conflit au sommet de l'Etat. La leçon que doit donner le peuple malien c'est celle de l'unité. Objectifs divergents Les uns exigent la tenue d’une conférence nationale souveraine, un peu comme celle qu’a connue le Bénin, dans les années 1990. Les autres répondent qu’il n’en est pas question. Les premiers forment une coalition au sein de laquelle on retrouve partis politiques et associations et syndicalistes maliens. Les seconds réunis au sein du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République, FDR, comptent également de « grosses cylindrées » de la classe politique malienne, des associations et des syndicats. Entre les deux groupes, c’est pour le moment, la guerre des communiqués. Si le premier groupe, qui organise actuellement les marches, obtient gain de cause, il faut s’attendre à une dissolution de l’Assemblée nationale, les pleins pouvoirs pour des alliés désignés et même probablement l’instauration d'un régime d'exception avec l’élaboration d’une feuille de route. En revanche, si c’est finalement le FDR qui remporte la bataille, l’Assemblée nationale devrait rester en place et la feuille de route sera probablement présentée devant les députés. Pour le moment, il se dit ici, sans véritable preuve, que les deux camps ont des soutiens civils et militaires. Sur le plan diplomatique Dans ce contexte tendu, les diplomates défilent à Bamako : Djibril Bassolé, l'envoyé du médiateur de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), était le 9 janvier dans la capitale malienne pour une journée marathon, avant de rentrer à Ouagadougou où il doit s'entretenir ce jeudi avec le corps diplomatique sur la situation malienne puis recevoir la presse. Aujourd'hui, c'est Romano Prodi, l'envoyé spécial de l'ONU, qui sera à Bamako, une visite qui coïncidera avec celle de Pierre Buyoya le représentant de l'Union africaine pour le Mali. Pierre Buyoya qui avait prévu ce déplacement depuis au moins une quinzaine de jours, bien avant les derniers événements au nord du pays et les manifestations d'hier dans la capitale malienne. De son côté, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en visite au Niger hier, a souhaité une solution « rapide » de la crise au Mali voisin, préconisant, mais en dernier recours, une action militaire à laquelle la Turquie pourrait « coopérer ». Il n'y a pas de discussion en cours au sein de l'Otan sur une possible participation à une force internationale au Mali, a indiqué mercredi un responsable de l'Alliance atlantique. La veille, le président en exercice de l'UA, le Béninois Thomas Boni Yayi, a provoqué une certaine surprise en déclarant lors d'une visite au Canada, qu'il souhaitait que l'Otan participe à la coalition internationale qui doit être formée pour aider le Mali à reconquérir le nord du pays. Robert Fowler, un ex-diplomate canadien qui fut kidnappé au Niger, il y a quatre ans (avec son collègue Louis Guay), et détenu pendant quatre mois dans le nord du Mali, croit au contraire que les pays de l'Otan et notamment le Canada devraient apporter leur contribution. Par RFI

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Commentaires (22)

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Bougobalini
Bougobalini 14 ans
Je constate avec stupefaction que pas grand monde n'est entrain de faire mention de la participation des berets rouges, et pourtant c'est une erreur monumentale que nous faisons. Ne nous voilons pas la face, la verite elle est celle-ci: Le corps des berets rouges dans la structuration de l'armee malienne a ete concue pour la garde presidentielle et toujours prendre le devant des operations quand le pays est en guerre. Les references ne manquent pas pour etayer cette version: les 2 guerres entre le Mali et le Burkina, toutes les fois que des rebellions se sont levees par les renegats. Ils ont toujours ete a la tete des operations. Ils ont ete formes pour cela et tout porte a croire que sans eux, l'armee va reculer indefiniment. C'est comme une lance avec une pointe au bout. A chaque fois que la pointe penetre, il est plus facile pour le reste de suivre. Dans notre armee, la pointe ce sont les berets rouges. La peur de voir les BR armes finira par engloutir ce pays, helas!!!
Je suis Malien
Je suis Malien 14 ans
Qui peut me confirmer que l'armée malienne n'a pas replié. RFI dit une chose et Maliweb dit une autre! Konna est tombée et ils vont vers Sévarés et que les militaires maliens ont replié ou ils ont tué beaucoup de djihadistes et qu'ils ont recupéré 3 voitures?
Dagustagor Fofana
Dagustagor Fofana 14 ans
j'ai toujours eu dans mon ceour que le Malien est intelligent mais avec le coup d'etat de sanogo le monde entier s'est rendu compte que ce peuple est le dernier en Afrique. l'heure n'est pas pour les marches et faire comme le Benin en 1990 n'est pas pour aujourd'hui car la participation de tous les Maliens est indispensable. il faut reflechir avant de poser les actions. a votre place nous devions marche pour la reconquette du nord. dites-moi c'est le sud seul que vous appelez Mali ? l'on pousse une partie de population dans les rues comme des pousses-pousses. quant on dit Mali je pense au pays des heros mais helas.
tuez tous les cafards qui foutent la merde au nord ne reculez sutout pas pourchassez les jusqu,en algerie ...
Ben77 14 ans
Nos vaillants soldats se battent avec acharnement et repoussent les terroristes malgré les méthodes lâches qu'ils utilisent. Ils réquisitionnent les cars de transport et autres moyens de transport civils pour se faire passer comme des civils normaux que nos soldats sont sensés protéger; ensuite ils surgissent des ces véhicules pour tirer et attaquer nos troupes. Nos soldats doivent faire énormément attention pour ne pas attaquer les vrais et paisibles passagers. Ce n'est pas simple, mais c'est le prix à payer pour ne pas être taxer d'armée d'assassins. Que dieu vous protèges, vaillants soldats !!! Bientôt Douentza sera libéré. tout le peuple vous soutient.
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