Pour une sortie de crise au Mali : Le PARENA invite les autorités de la transition à « renouer le dialogue avec la CEDEAO en vue de la levée des sanctions »

1

Dans un Mémorandum rendu public, le 31 janvier 2022, le Parti pour la renaissance nationale (PARENA), présidé par Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, a fait savoir que la situation au Mali est caractérisée par les effets des sanctions de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), notamment l’augmentation inexorable des prix des produits de première nécessité et des difficultés économiques et financières que l’économie et le peuple ne peuvent supporter. Selon le parti Belier-blanc, la situation du Mali est aussi caractérisée par la dégradation des relations extérieures et l’isolement diplomatique croissant du pays. Pour une sortie de crise au Mali, le PARENA invite les autorités de la transition à « renouer le dialogue avec la CEDEAO en vue de la levée des sanctions ». Autre proposition faite par le PARENA, c’est de commencer le processus électoral au lendemain de la prochaine saison des pluies et après les récoltes (à partir de novembre 2022). Lisez ci-dessous l’intégralité du Mémorandum du PARENA !

PARENA

Parti pour la Renaissance Nationale

MÉMORANDUM DU PARENA: Se parler, se donner la main, renouer avec nos voisins.

«tootigi too fo !

Nin tootigi ye too fo, toodunnaw bé nadingenfara ! ».

Ce propos de MasamaBaalo, un paysan de Kirango- Marakala, vient à la mémoire, en cette période particulièrement difficile de notre histoire nationale. C’est une invitation à la retenue, à la sérénité, au calme. C’est une invitation à éviter la fuite en avant et à rassembler les forces vives pour sortir le pays de la crise dans laquelle il s’enfonce.

I- Introduction

1- Le 1er novembre 2021, la direction du PARENA a publié un mémorandum consacré à la crise sécuritaire et institutionnelle que le pays traverse. Intitulé «Comment sortir de l’impasse, Comment préserver l’État ?», ce document, de quatre pages, recommandait aux autorités de la transition de renoncer à la tenue des assises dites de la refondation, de rassembler les filles et les fils du Mali autour de leur pays, de ses forces de défense et de sécurité en vue de relever les défis existentiels auxquels la Nation entière est confrontée;

2- ce mémorandum se terminait par un appel: « au regard de la vocation africaine du Mali et de son rôle historique dans le processus d’intégration du continent, le PARENA exhorte le Président de Transition à renforcer les relations du pays avec la CEDEAO et à éviter tout bras de fer avec nos voisins et nos partenaires »;

3- malheureusement, les recommandations faites par le PARENA n’ont pas été entendues;

4- tenues dans des conditions contestables, les assises de la « refondation » ont débouché sur des résolutions qui ont aggravé l’isolement du pays;

5- pays carrefour par sa géographie, situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, terre de rencontres, ayant tout au long de sa longue histoire, tissé des relations multiformes fécondes avec ses voisins, le Mali ne saurait devenir un pays isolé. Il est urgent de sortir de la situation actuelle;

6- en ce début d’année 2022, la situation au Mali est caractérisée par:

– l’impasse du processus de restauration de la légalité constitutionnelle, laquelle impasse a entraîné des sanctions de la communauté sous-régionale;

– les effets desdites sanctions, notamment l’augmentation inexorable des prix des produits de première nécessité et des difficultés économiques et financières que notre économie et notre peuple ne peuvent supporter;

– les attaques répétées contre les libertés démocratiques (détention de Issa Kaou Ndjim, Oumar Mariko et Etienne Fakaba Sissoko),

– un climat politique marqué par l’intolérance et le sectarisme ainsi que par le retour d’une arrogance d’État que les Maliens croyaient révolue à jamais, une arrogance d’État digne du temps du parti unique et de la dictature;

7- la situation est aussi caractérisée par la dégradation de nos relations extérieures et l’isolement diplomatique croissant de notre pays.

II- Une architecture institutionnelle transitoire plus inclusive

8- à la suite des concertations nationales de septembre 2020, la Charte de la transition et la CEDEAO avaient fixé la durée de la période intérimaire à 18 mois à partir du 15 septembre 2020. Cette échéance arrive à terme le 15 mars 2022. Le gouvernement Bah Ndaw-Moctar Ouane avait élaboré un chronogramme électoral fixant le 1er tour de la présidentielle au 27 février 2022. Le gouvernement Assimi Goïta-Choguel Maïga a endossé ce calendrier électoral avant de s’en écarter progressivement.

9- pour plusieurs acteurs politiques, la transition actuelle prendra fin à la date initialement prévue pour le 1er tour de la présidentielle. Pour ceux-ci, l’architecture actuelle de la transition doit, en conséquence, être revue. Pour nous, la feuille de route déclinée ci-dessous est compatible et réalisable sans refonte de l’architecture actuelle de la transition;

10- il suffira de rendre cette architecture plus inclusive pour conforter et rendre irréversible la volonté politique de conduire la transition à bonne fin dans la stabilité, sans nouveaux soubresauts ni chaos.

III- Nos propositions de sortie de crise

11- réaffirmer, sans ambiguïté, la volonté politique de:

– restaurer l’ordre constitutionnel à travers un calendrier consensuel;

– dessiner une nouvelle Feuille de route en concertation avec les partis politiques, les sociétés civiles et les mouvements du Nord.

12- renouer le dialogue avec la CEDEAO en vue:

– de la levée des sanctions;

– de la restauration de l’ordre républicain et de la sauvegarde de la démocratie qui relèvent, toutefois et avant tout, de la responsabilité des Maliens;

13- lancer un audit approfondi du fichier électoral;

14- commencer le processus électoral au lendemain de la prochaine saison des pluies et après les récoltes (à partir de novembre 2022);

15- prévoir l’entrée en fonction des nouvelles institutions avant la fin du mois de décembre 2022;

16- faire organiser les élections par le ministère chargé de l’Administration territoriale;

17- donner à la commission électorale (composée paritairement) les prérogatives de contrôle et de supervision des opérations électorales;

18- tenir les législatives et le 1er tour de la présidentielle le même jour;

19- adopter le mode de scrutin proportionnel pour l’élection des députés;

20- faire des régions existantes (20) les circonscriptions électorales pour l’élection des députés;

21- adopter une nouvelle loi électorale, relire la loi organique sur les députés et la charte des partis;

22- instaurer le principe de la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote.

IV- Conclusion

Outre la crise sécuritaire, le Mali traverse une crise institutionnelle et politique. Se parler, se donner la main pour sauver le pays est la priorité des priorités. Un pays confronté à tant de défis (sécuritaire, institutionnel, politique, économique et financier) prépare mal son présent et son avenir, en restant divisé. Toutes les forces vives du pays (les sociétés civiles, les partis politiques, les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale) doivent convenir d’une Feuille de route de sortie de crise.

«Tootigi too fo,

Nin tootigi ye too fo….

Toodunnaw bè nadigenfara »!

Adopté par le Comité Directeur du PARENA, le 31-01- 22.

Commentaires via Facebook :

1 commentaire

  1. Ne fermons pas yeux et ne pas voir que la junte militaire et le gouvernement Choguel Maiga, qui n’ont d’autre soucis que de se maintenir au pouvoir, qu’ils n’ont rien à proposer à la CEDEAO qui puisse être acceptable à moins que ce soit pour gagner du temps, obtenir un délai qui ne sera pas plus respecté que celui du 27 Février 20220. Depuis son arrivée par effraction au pouvoir, la junte n’a jamais fait un engagement auquel elle s’est tenue. Après avoir renoncé à son engagement à s’éclipser suite au fameux “parachèvement”, il y a eu la nomination unilatérale de Bah Ndao et celle de Moctar Ouane avant de les écarter pour un faux prétexte et l’usurpé la présidence de la transition en violation de la charte de cette dernière. Toutes les décisions de la junte relèvent du ” c’est nous qui commandons”. Derrière la nomination de Choguel (leur opposant le plus farouche) à la primature, de toute évidence un pacte a été scellé. Faire face ensemble à tous ceux qui, de l’intérieur et surtout de l’extérieur, exigent la fin rapide de la transition et veulent empêcher leur règne de perdurer . C’est dans le cadre de ce plan que Wagner a été recruté et que la rupture avec la France et l’Europe a été envisagé. Dans le même plan, le montage d’un sentiment anti-français au sein de la population à travers un discours de manipulation dont Choguel a le secret. Aujourd’hui, il ne manque à la junte qu’une seule chose pour s’installer confortablement et durablement, c’est ne serait-ce qu’une partielle levée des sanctions qui permettrait un peu de mouvement financier – levée qu’elle présentera aux adeptes de son populisme comme une victoire contre la CEDEAO et la France – pour conserver le soutient de la rue.
    { Aussi Il faut réaliser que Wagner n’est pas venu au Mali où il y a des mines d’or pour une action ponctuelle de sécurisation et s’en aller. Non seulement, les mercenaires dont l’unique but est de s’enrichir n’accepteront pas de mourir pour une mission (comme les français qui n’attendaient rien de nous), mais surtout ne s’en iront jamais tant qu’il y aura de l’or à gagner.}
    Donc, les partis politiques comme le Parena et d’autres qui ont pour vocation d’organiser et de diriger l’état, ainsi que d’autres entités et personnalités consternés par la vie de la nation et qui aujourd’hui appellent à un rassemblement de tous pour sortir le pays dans situation où l’a plongée la junte, un tel rassemblement ne sera possible que si elle va dans le sens de pérenniser l’installation du pouvoir actuel aux commandes. On peut toujours essayer, mais Choquel et junte auront toujours une parade, une feinte pour déplacer le débat. Car le seul débat qui vaille c’est le retour à la démocratie, qui n’intéressent pas les nouveaux partenaires que la junte nous a choisit: à savoir la Russie et la Chine et elles seront toujours là pour protéger leur poulain de junte et s’opposeront au retour des occidentaux.
    Il est encore temps pour ceux qui croient à la démocratie et au développement dans la liberté, de taper sur la table pour vite récupérer notre pays des mains dans lesquelles il est entrain de glisser. Car plus nous nous éloignerons des pays démocratiques voisins et de la communauté internationale, plus la dictature et la souffrance vont s’installer.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here