À la journée paysanne à Bougouni, IBK a tendu de nouveau sa main : “Que ceux qui hésitent encore se joignent à nous pour l’union sacrée pour le Mali”

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“Promotion et valorisation de la filière maïs au Mali pour une sécurité alimentaire durable” : tel était le thème de la 15e édition de la Journée paysanne tenue cette année à Bougouni. Ce choix du maïs n’est pas fortuit, car de la 4e place il y a trois ans en termes de production céréalière, cette céréale s’est hissée à la première place avec une production de 3 600 000 tonnes, grâce à l’accompagnement du président de la République Ibrahim Boubacar et à la bravoure des paysans. L’occasion était tout trouvée pour booster davantage la production de cette céréale dans notre afin de faire du Mali le premier producteur de maïs dans l’espace Cédéao.

Cette célébration de la 15e Journée paysanne, outre le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, a mobilisé de nombreux membres du gouvernement dont le ministre de l’Agriculture Moulaye Ahmed Boubacar, des partenaires techniques et financiers, des ambassadeurs accrédités dans notre pays et surtout des représentants du monde rural à travers l’Apcam et qui sont venus de toutes les régions du pays.

La Journée paysanne, cadre de communion entre le président la République et le monde paysan, est aussi une occasion idoine pour nos agriculteurs, éleveurs et pêcheurs de faire l’état des lieux dans leur domaine respectif et éventuellement des doléances ou des recommandations pour la valorisation de leur secteur.

Ainsi comme nous l’avons rappelé, c’est le maïs qui était la vedette cette année. Un choix qui n’est pas fortuit vu la production galopante de cette céréale qui, de la 4e place il y a de cela trois ans, occupe présentement la première place en termes de production avec 3 600 000 tonnes. Une occasion pour le monde paysan de rendre un vibrant hommage au président la République Ibrahim Boubacar Kéita qui a soutenu ce secteur.

“Grâce à votre accompagnement M. le président de la République, le maïs, qui occupait la 4e place en terme de production, s’est hissé à la première place, toute chose qui dénote de votre intérêt pour la filière et nous sommes rassurés que cette céréale pourra assurer la sécurité alimentaire dans notre pays”, a rappelé le président de l’interprofession du maïs.

Cependant, avec cette forte production, il a invité les autorités à prendre des mesures pour l’écoulement de leur production sur le marché et aussi faire en sorte qu’ils puissent avoir des intrants à temps à l’image du coton.

Une unité laitière et deux garbal bientôt fonctionnels à Bamako

Sanoussi Bouya Sylla, parlant au nom des éleveurs, a déclaré que la campagne 2018-2019 a été difficile pour les éleveurs du Mali. “Sur le plan sécuritaire, à la place du vol de bétail on assiste de nos jours à l’enlèvement du bétail et à l’assassinat des bergers, difficile aussi sur le plan sanitaire avec la fièvre aphteuse et difficile sur le plan alimentaire avec la raréfaction des zones pâturages. S’y ajoute la réduction de la mobilité avec la raréfaction des pistes de transhumance”, a déploré M. Sylla.

Cependant, il a, au nom des membres de cette filière, exprimé toute leur gratitude au président de la République dont le Programme présidentiel d’urgences sociales permettra de faire en sorte que l’unité laitière de Bamako voit le jour dans les mois à venir tout comme les deux garbal.

“Nous vous remercions pour les 31 000 doses du vaccin contre la fièvre aphteuse et la subvention à l’aliment bétail”, a ajouté M. Sylla. Il a aussi demandé que 2 % des 15 % alloués au secteur de l’agriculture soient affectés aux chambres d’agriculture pour leur permettre de bien mener leur mission. Comme doléance, le premier responsable des éleveurs du Mali a aussi demandé l’organisation des Etats généraux de l’élevage.

La suspension des dragues saluée

Intervenant au nom du secteur pêche, Mme Sériba Fatoumata Diallo, a soutenu que la campagne a été bonne pour leur secteur.

“Votre contribution M. le président la République a été significative pour l’atteinte de ce résultat à travers des subventions, des matériels de travail. Au nom de tous les intervenants du secteur de la pêche, nous vous remercions pour la décision prise sur les dragues, car nous vivons des produits de l’eau”, a soutenu Mme Sériba. Elle a aussi rappelé que l’insécurité empêche par endroits les pécheurs de faire leur travail. Autres difficultés évoquées, le coût élevé des matériels de pêche et des aliments et la décrue des cours d’eau.

Sécurisation des terres agricoles

Cette tribune a été aussi mise à profit par le secteur de l’anacarde pour évoquer la chute vertigineuse du prix de ce produit, passé de plus de 800 F CFA l’année dernière à environ 100 F CFA, un fait évoqué par le président de l’Apcam, Bakary Togola dans son intervention. “Toutes les filières sont porteuses, mais le plus important pour nous agriculteurs est qu’on s’organise pour faire face aux acheteurs”, a soutenu le président de l’Apcam. Il a surtout conseillé aux uns et aux autres de miser sur le maïs.

“Aujourd’hui avec le maïs nous avons deux tonnes à l’hectare par contre le petit mil c’est 800 kilos à l’hectare. Donc investissons-nous tous pour promouvoir ce secteur”, a soutenu M. Togola, il a aussi demandé des opérations de pluie provoquée et la sécurisation des terres agricoles avec des documents administratifs afin de les faciliter l’accès au financement et garantir aussi la sécurité foncière. Il a surtout profité de cette occasion pour remercier le président de la République pour tout ce qu’il fait au monde paysan. Quant au président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, il a salué la population de Bougouni et le monde paysan pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé. Il a profité de cette occasion pour inviter de plus la classe politique et l’ensemble de nos compatriotes autour du Mali.

“Pour ce pays, il faut l’union sacrée. Il faut qu’on ait pitié de ce pays, en mettant de côtés nos égos. C’est pourquoi j’ai tendu la main après les élections sinon j’ai gagné de la plus belle des manières. Il faut cette union car ceux contre qui nous sommes en guerre, veulent nous exterminer, mais ils n’y parviendront jamais. Et c’est notre union sacrée que pourra vaincre c’est gens-là.

Donc il faut que nous sortions des calculs politiciens. C’est pourquoi je demande à tous ceux qui hésitent jusqu’à présent de nous rejoindre pour cette union sacrée pour le Mali. Mêmes ceux qui hésitent sont conscients que jusqu’à mort je ne trahirai pas ce pays, c’est pourquoi je les invites à ne pas perdre du temps”, a plaidé IBK.

Le président IBK de la République s’est dit convaincu que seule sur l’agriculture ce pays peut compter, raison pour laquelle, a-t-il ajouté, lorsqu’il a été proposé aux Etats africains d’allouer 10 % de leur budget à l’agriculture, il a fait plus pour le Mali en le portant à 15 %. “Et nous avons vu le résultat, car malgré la crise, nous sommes la troisième économie de l’espace Uémoa, ce résultat a été atteint grâce à l’effort conjugué de nous tous, c’est pourquoi je dis que notre pays avance”, a-t-il ajouté avant de saluer les partenaires techniques et financiers. D’autres temps forts du lancement de cette campagne ont été la visite des stands, le lancement avec un tracteur conduit par le président de la campagne et la pose de la première pierre du siège de l’Apcam.

Il faut rappeler que les objectifs de production céréalière pour la campagne de 2019 sont de  11 126 012 tonnes, soit un taux d’augmentation de 10 % par rapport à 2018-2019. 800 000 tonnes de coton sont attendues. 800 tracteurs sont aussi prévus. Le coût global du plan de campagne agricole 2019 est de 299,2 milliards F CFA.

    Kassoum Théra envoyé spécial

Solakoroni : Les pancartes  des déplacés qui contredisent les propos de Bakary Togola

Nous avons rappelé dans l’une de nos parutions que suite à une taxe imposée à des paysans ressortissants du cercle de Koutiala, plusieurs cultivateurs ont été contraints d’abandonner leurs terres agricoles. Cet épisode dramatique s’est soldé par la mort de deux paysans du cercle de Koutiala et les biens de plusieurs d’entre eux ont été calcinés.

A Bougouni à la Journée paysanne, le sujet a été évoqué par le président de l’Apcam Bakary Togola qui, devant le président de la République, a soutenu que suite à son intervention, il y a eu un compromis entre ces paysans de Koutiala et leurs hôtes de Bougouni dans la zone de Garalo.

“M. le président, lorsque nous avions appris que vous allez venir, je suis parti voir les différentes parties afin de trouver un compromis, toute chose qui est de nos jours une réalité, car ce conflit est derrière nous”, a soutenu le patron des paysans maliens.

Cependant, au même moment où Bakary Togola prononçait ce discours, ces paysans étaient mobilisés en nombre sur le même site avec des pancartes et des foulards rouges. Approché par nos soins, ceux-ci se sont dits surpris des propos du président de l’Apcam.

“Nous le disons haut et fort : ce problème n’est pas encore résolu. Pour preuve, nous habitons à l’école, nous ne parvenons pas à retourner au village pour la campagne, car nos hôtes conditionnent notre retour à la libération des trois chefs de villages interpellés. Ce n’est pas tout, il a été même interdit à certains de nos parents d’autres villages qui ne sont pas concernés par ce problème d’aller au champ. C’est vrai que Bakary Togola nous a rendu visite sur le site en nous donnant un montant de 1 million FCFA comme transport pour l’ensemble de la délégation, mais le problème demeure”, a soutenu un déplacé de Solakoroni sur le site avec sa pancarte sur laquelle on peut lire : “Nous les déplacés de Solakoroni avons besoin de terre pour cultiver”.

Venus avec femmes et enfants sur le site de la journée paysanne, ces déplacés invitent les plus hautes autorités à trouver une solution à ce problème afin qu’ils puissent retourner au champ le vite possible pour la campagne agricole.

Kassoum Théra

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