Dans le monde des banques : Les étranges bontés du président Att

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Est-ce une vision d’avenir ou un désir de plus ? Les nouveaux  PCA (Présidents du Conseil d’Administration) qui arrivent dans les banques ont-ils simplement leur place dans l’entreprise ? C’est un récit à clefs qui commence.


En ce moment où au Mali  chacun a déjà la tête dans les élections et que nous sommes tous obnubilés par les questions de sécurité au nord, qui s’intéresserait alors vraiment à l’économie ? La mesure, si elle a lieu pour autant qu’on puisse en juger, ne créera-t- elle pas un paradoxe, dans notre monde bancaire et  dans un fonctionnement binaire ? Comme qui dirait : nous voici donc devant une vision trop voyante ( ?) du bicéphalisme à la tête d’un Exécutif. A l’heure  des mesures tangibles, voici que nos banques se mettent dans une situation d’exception…


Les sorties présidentielles ont ceci de particulier qu’elles n’en finissent pas de conter Tirant sur la fin de son mandat, le Président ATT ne peinerait plus à vouloir placer ses hommes en faisant monter en gamme certains de ses amis. Ce qu’on entend dans le monde des banques ressemble à une mesure de dernier étage d’un pouvoir finissant. La question que l’on reprend aujourd’hui aux guichets de toutes les banques de la place est : qu’est-ce qui pourra augmenter la flatulence chez nos banquiers ? Vous aurez une réponse selon votre degré de fréquentation de nos banquiers. Nos banques pourraient-elles être fragilisées à l’approche de cette nouvelle de l’arrivée des PCA ? Le symbole peut faire grincer les dents et il sera fort car déjà, l’on se demande par exemple quelle sera la stratégie de conquête commerciale dans une banque comme la BDM-SA. On dit que ce n’est pas une épitaphe. Il y a une« potabilisation» de la BDM- SA avec son poids et un PDG seul en scène depuis dix ans.


Pour réussir au Mali, il faut bénéficier du soutien de personnes à l’intérieur du  régime ou simplement haut placées. Ceci évidement n’est pas quelque chose que l’on pourrait leur reprocher un jour. Le millésime 2012 sera-t-il meilleur ? Ce que l’on avance ici relève décidément du domaine du vœu pieux. La démarche qui est ainsi entreprise (n’ayons crainte de le dire) n’est ni fouillée ni aussi amusante qu’il aurait pu l’être dans l’histoire des deux « têtes chercheuses » qui vont devoir gouverner ensemble à la BDM-SA. L’un d’eux aura la main qui tremble dans les salles de réunion. Dans ce contexte des espèces sonnantes et trébuchantes dans une banque, nous nous retrouvons en face d’un produit frelaté, d’une histoire tissée d’intrigues. Qui ne se souvient du passage aux affaires du PCA, M. Maïga (un ancien ministre de surcroît) et de Dame Sy, directrice d’une autre banque de la place.
Ici, on effleurait  à peine l’écheveau (des intrigues) des facteurs culinaires et autres subcultures propres à notre Palais présidentiel à Koulouba.

Récompensait-on  un ami comme cela ? Nous sommes bien ici sur une veine digne du pittoresque. O.T. était le PCA de la SOTELMA, un moment sorti du gouvernement parce que celui qui demeurait le faiseur de ministres a voulu donner une suite logique à une connivence  où l’on verrait le même ATT s’expliquer sur le pourquoi  et le comment du départ de certains de ses proches…Rappelez-vous les causeries de l’ORTM du  8 Juin….L’œil légèrement humide, O.T. tardait à vouloir revenir dans une banque où ses talents se sont fait connaître sous la présidence rugueuse de A. Daffé à la tête de l’institution. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il ne sera pas facile d’accoucher de bonnes idées dans les salles de réunion, les deux hommes se connaissant. Qui va travailler à conclure ? N’D. B, lui, n’incarne pas la typologie du dirigeant que l’on s’attendait à croiser dans la BHM-SA. Au demeurant, c’est la banque qui est en pleine restructuration. S’est-il frotté aux arcanes bancaires ? S’il relève le défi, ce sera un défi d’envergure


Et la banque BNDA ? L’arrivée d’un PCA  dans la place poserait problème à certains institutionnels (partenaires de l’extérieur) qui, à ce jour, n’ont pas hésité à remettre à chaque fois au pot leurs dividendes. On voit que la recette « tout le monde en fait autant » n’est pas valable pour tous. Des actionnaires pourraient être découragés à remettre au pot, et le problème de l’argent frais garderait toute son acuité. Depuis la crise financière, l’accent à été mis sur le renforcement des fonds propres. Dans nos pays, nous n’avons pas ou ne disposons pas de systèmes d’assurance. L’Etat, qui est le dernier recours, a ses problèmes budgétaires et on se demande si le Trésor pourrait emprunter pour investir dans les banques ?


Les problèmes de crédit (les montants) sont décidés au niveau du Conseil d’administration, et l’on ne voit pas comment le PCA pourrait rester à l’écart de ces jeux d’influence qui mordent sur la gestion. Un problème de gouvernance va se poser : voilà le nœud gordien. Ce sont les assemblées générales qui ont tous les pouvoirs de décision. L’arrivée d’un PCA signe une mesure qui nécessitera la relecture des statuts et règlements. Se dirige-t-on vers la convocation d’une assemblée générale extraordinaire ? Quel sera le jeu des actionnaires privés, des institutionnels (bancaires ou étrangers) ?
Quelle peut être la légitimité d’une gouvernance avec deux termes et dont la réunion au sommet entre les deux doit être l’élément catalyseur ? C’est un peu comme l’argent, le monde des finances a horreur du vide. Il n’aime pas aussi les bruits de rumeurs. L’acte de nomination qui est annoncé est-il un choix judicieux ou est-ce le choix de la raison ? L’histoire de nos banques ne saurait se résumer à celle de deux hommes. Les actions des banques sont aussi des parts sociales, et ces actions ne baissent pas. Tout le monde peut se retrouver d’accord à l’issue des assemblées à venir pour faire évoluer le rôle des banques et celui de leurs dirigeants. Mais prenons la précaution de dire ici que nous ne sommes pas là pour compter les points. Le directoire que l’on mettra en place peut être dangereux parce qu’inopérant. Exemple : un PCA ne servira, dit-on, que quand le pouvoir en place estimera qu’il est un instrument utile de sa propre performance.


Alors question : une banque peut-elle continuer de fonder sa crédibilité sur une mesure qui ne dépend pas d’elle ? N’est-ce pas un risque à prendre ? Les banques ont besoin de stabilité pour conserver et faire prospérer les compétences. Ce sont là des gages de qualité. Mais elles ont besoin aussi de flexibilité. C’est en restant figé, coincé, qu’on ne crée plus de la valeur. Le seul problème, c’est qu’on ne saurait réduire justement cette flexibilité à un simple enjeu juridique. C’est une erreur de croire que le problème de PCA est d’ordre financier qui viendrait diminuer les droits de l’autre exécutif. A la tête d’une banque, PCA et DG finiront par avoir un destin contrarié si tous deux n’arrivaient pas à une compétition positive. Comment ? Si l’un comme l’autre ne suivent pas les rangs des actionnaires, ils entreront dans le cercle tortueux de la concurrence déloyale, en l’absence de relations dignes de ce nom avec les clients, s’ils ne trouvent pas le ton et ne savent pas parler au cœur de leurs  clients. En l’état, en terme de ressources humaines, financières et matérielles et en terme de gouvernance, le  réquisitoire est déjà inscrit : le PCA peut être une menace opportune.
S. Koné

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