Le président Abdoulaye pona, lors du Lancement officiel des activités de la Chambre des Mines du Mali, jeudi 3 novembre 2011 au Cicb :«Une consécration de l’activité minière par laquelle le Mali a enregistré, ces dernières années, ses meilleures performances économiques»

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Pour renforcer les capacités du secteur minier, secteur vital pour l’économie nationale et pour améliorer sa compétitivité, l’Etat malien a créé la Chambre des Mines, le 14 janvier 2004. Son lancement officiel, qui a eu lieu au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le jeudi 3 novembre 2011, a été présidé par la ministre des Mines, Amadou Cissé. Celui-ci avait à ses cotés le président de la Chambre des Mines, Abdoulaye Pona, les présidents des Chambres des Mines du Burkina Faso, Elie Justin Ouédrago, de la Guinée, Mamadou Diallo. Il y avait également les présidents des groupements professionnels des Miniers de la Côte d’Ivoire et du Niger, Christine Lagbo Kossi et Moussa Harouna. La cérémonie a enregistré la présence du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sidibé, du président du Conseil malien des chargeurs (CMC), Ousmane Babalaye Dao et du Vice-président de la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM) Babou Yara.

La création de la Chambre des Mines du Mali découle de la ferme volonté de l’Etat malien de mieux organiser le secteur minier, de le moderniser, l’assainir et de le diversifier afin d’accroître sa contribution au développement du pays. Elle est, de ce fait, une structure de proposition  aux pouvoirs publics de «toute mesure propre à favoriser le développement des activités de recherche, de production  et de commercialisation des produits miniers ».

C’est dans ce cadre que le premier maire de la commune III, ayant pris la parole, le premier a exhorté les différents acteurs à s’unir afin de faire du secteur minier un levier de développement communautaire. Au nom du Conseil communal de la commune III, il a remercie les autorités étatiques d’avoir entrepris cette initiative prometteuse pour assurer la gestion des ressources minières.

Pour le président de la Chambre des Mines du Burkina Faso, ancien ministre des Mines et président de la Chambre des Mines et Groupements professionnels des Miniers de l’UEMOA, Elie Justin Ouédrago, avec le dynamisme de la mondialisation et de la régionalisation, les plus hautes autorités, en collaboration avec les opérateurs miniers, ont vite compris la nécessité de mettre en place une structure telle que la Chambre des Mines. ” Celle dont nous procédons à l’inauguration aujourd’hui sera de valoriser et suivre l’exemple de celle de la Guinée et du Ghana qui, depuis 2000, ont signé un mémorandum dans la cadre de la régionalisation de la CCM, dont le Mali devra sans doute faire partie».

Prenant la parole à son tour, le président de la Chambre des Mines, Abdoulaye Pona, a relevé que ” Cette cérémonie de lancement de lancement des activités de la Chambre des Mines du Mali est une consécration de l’activité minière par laquelle notre pays, ces dernières années, a enregistré ses meilleures performances économiques “.

D’après lui, cette cérémonie vise deux objectifs essentiels, à savoir exprimer la reconnaissance de l’ensemble des professionnels du secteur minier à celui qui est le principal artisan de son édification et de son développement, le président Amadou Toumani Touré et le second et non moins important, est de faire connaître la Chambre des Mines du Mali par le plus grand public à travers le monde entier, y compris les partenaires techniques et financiers (PTF) en amorçant la construction de sa notoriété.

Notre nouvelle Chambre vient étoffer le réseau des organismes consulaires que l’Etat malien a mis à la disposition du secteur minier pour en renforcer les capacités, la compétence et la compétitivité. Elle se veut d’être un outil précis et indispensable d’amélioration, de rationalisation et de perfectionnement de l’activité minière nationale qui enregistre une évolution constante ” a indiqué Abdoulaye Pona. Il a saisi l’occasion pour rappeler que le président ATT a, depuis 1991, inspiré et exhorté les autorités politiques et administratives du pays au développement et à la promotion des ressources du sous-sol comme le principal levier du développement économique et social.

En effet, le président de la CMM a révélé que le sous-sol malien regorge de ressources considérables. Il y a du diamant avec une vingtaine de pipes kimberlitiques dans la zone de Kéniéba, du manganèse avec plusieurs millions de tonnes de ressources prouvées, du fer avec 1 milliard 360 millions dans le seul secteur de Kita et Naréna, du plomb à Tessalit et Tamanrasset avec 700 mille tonnes, du cuivre, du nickel, du gypse, du platine dont les indices ont été trouvés respectivement à Nioro, Kadiola et Tessalit. On peut citer également le calcaire à Bafoulabé et à Hombori avec 50 millions de tonnes, le marbre à Bafoulabé avec 10 millions de tonnes, de la bauxite avec 1 milliard 200 millions de tonnes, le phosphate avec 10 millions de tonnes, l’étain, l’uranium, le lithium, le kaolin, les grenats, les pierres ornementales, l’argile, les sables de verrerie dans le Lac Faguibine. Des bassins sédimentaires favorables à la recherche et l’exploitation du pétrole et du gaz viennent s’ajouter à une liste non exhaustive.

Selon lui, c’est pour mieux assurer la gestion de cette richesse quasi inépuisable que le code minier de 1991 a été mis en œuvre par les autorités. Et cela a fini par payer car le Mali est devenu en quelques années seulement le troisième producteur d’or du continent après l’Afrique du Sud et le Ghana avec des productions minières telles que Yatela, Ségala, Loulo, Tabakoto et Kodiaran.

 

Toute chose qui nous renvoie selon  Abdoulaye Pona, à l’époque florissante du souverain Kaya Manga Cissé qui a conduit  l’empire du Ghana à son apogée et dont on disait qu’à cause de lui «Dieu a fait pleuvoir une pluie d’or et d’argent sur le Wagadou et tout l’empire du Ghana. C’est d’ailleurs, à juste titre que le nom Ghana, que nos ancêtres  ont inventé et donné à l’entité politique impériale qu’ils ont formée à partir du royaume du Wagadou, a été choisi, en 1958, par l’Osagefo, le Docteur Kouamé N’Kruma, pour baptiser ce qui était alors le Gold Coast ou la Côte de l’or eb français».

 

 

Dans la même veine, il rappellera l’épopée de l’Empereur Mandingue Kankou Moussa qui a fait chuter le cours de l’or dans le monde, en 1324, en distribuant gracieusement 8 tonnes d’or au cours de son pélérinage à la Mecque.

 

Pour conclure, Abdoulaye Pona a soutenu qu’il ne serait ni élégant ni approprié que cette allocution se termine sans qu’une adresse particulière ne soit faite à l’endroit de ces hommes et femmes de pensée et de cœur qui ont consacré leur vie et leur énergie à la construction, ex nihilo, du secteur minier du Mali.

D’après le ministre des Mines, Amadou Cissé, la longue liste des actes posés par le Président Amadou Toumani Touré au profit du secteur minier est véridique et sans équivoque et l’objectif principal du Gouvernement assigné au secteur minier est l’accroissement substantiel de la part des produits miniers dans le PIB.

Tout en concèdant au secteur privé le rôle moteur de développement de l’industrie minière, l’Etat réaffirme le principe de son désengagement progressif de l’exploitation minière tout en choisissant de se concentrer sur ses missions fondamentales de mise en place des infrastructures de base, de création d’un environnement favorable à l’investissement, de promotion du secteur, de définition d’un cadre juridique et institutionnel incitatif et garantissant les investissements et de l’application rigoureuse de la réglementation, a-t-il rappelé.

Pour Amadou Cissé, la modernisation, dans un contexte de globalisation de l’économie, se présente comme une exigence de la compétition exacerbée entre les pays, les communautés et les entreprises à l’échelle planétaire. Avant d’ajouter que tout en levant les frontières géographiques, elle impose à tous les acteurs et à tous les produits consommés par la communauté mondiale des normes, des conditions et de critères strictes de qualité et de performance auxquels nu ne peut aujourd’hui se soustraire.

«C’est dans la perspective de relever ce défi, dans le domaine minier, qu’il est impératif qu’un certain nombre de dispositions idoines soient envisagées et prises et pour lesquelles mon département est en train de chercher les voies et les moyens à savoir le renforcement des capacités des structures techniques et d’expertise du ministère des Mines que sont la direction nationale de la géologie et des mines (DNGM), le programme pour le développement des ressources minérales (PDRM), l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (AUREP)», a-t-il précisé.

Il a rappelé que de 1980 à nos jours, plusieurs mines industrielles ont été ouvertes, essentiellement pour l’or et les matériaux de construction. Avant de déclarer qu’aujourd’hui, il existe sept mines en exploitation dont quatre dans la Région de Kayes et trois dans celle de Sikasso, avec une production annuelle moyenne cumulée de 45 t et un apport régulier de plusieurs milliards de FCFA au Budget National, faisant de l’or le premier produit d’exportation, et du Mali le troisième producteur africain du métal jaune.

 

Moulaye HAIDARA

 

 

 

 

Les missions de la Chambre des Mines

 

La Chambre des Mines du Mali a pour missions selon les textes en vigueur d’organiser et de représenter les personnes physiques et morales exerçant dans les différentes branches professionnelles du secteur minier, d’mettre des avis techniques à la demande des pouvoirs publics ou la formulation, à sa propre initiative, de suggestions sur toutes questions relatives au secteur minier, de proposer au gouvernement  des activités de recherche, de production et de commercialisation des produits miniers. Il s’agit aussi de faire la promotion et l’assistance technique des entreprises opérant dans le secteur en vue de faciliter l’accomplissement de leurs formalités administratives, et finalement de collecter, de diffuser et de publier des statistiques commerciales ou de toutes autres informations relatives aux activités minières, tant au Mali, en Afrique et dans le monde.

 

 

 

Assemblée consécutive de l’Union des Chambres des Mines de l’Union Economique et Monétaire Ouest AfricainE UCM/UEMOA

 

 

Abdoulaye Pona copréside l’UCM/UEMOA avec le Burkinabé Elie Justin Ouédrago

 

 

Décidément, la journée du jeudi 3 novembre a été doublement bénéfique pour les acteurs du secteur minier du Mali, en particulier pour le président de la Chambre des Mines, Abdoulaye Pona et le ministre des Mines, Amadou Cissé. En effet, après avoir présidé le lancement de la Chambre des Mines, le ministre a également procédé au lancement des assises de l’Assemblée consécutive de l’Union des Chambres des Mines de l’Afrique de l’Ouest (UCMAO). C’était en présence des présidents des Chambres des Mines du Mali, du Burkina Faso de la Guinée et des présidents des groupements professionnels des Miniers du Niger et de la Côte d’Ivoire.

 

Union des Chambres des Mines de l’Afrique de l’Ouest (UCMAO) a été mise sur les fonds baptismaux a l’issue d’assises tenues à Bamako les 3 et 4 novembre dernier, au siège de la Chambre des Mines du Mali (CMM), logé dans l’immeuble flambant neuf et à l’allure volontiers futuriste du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) dans le quartier résidentiel de l’ACI 2000. C’est à la faveur du lancement des activités de la CMM que lévénement a eu lieu à l’initiative et en présence des présidents des Chambres des Mines du Burkina Faso, de la Guinée et du Mali. Les présidents des Groupements professionnels des Miniers de la Côte d’Ivoire et du Niger y ont participé. La Chambre des Mines de l’Afrique du Sud, pays réputé pour être la première puissance minière en Afrique et l’une des plus importantes dans le monde, était l’invitée d’honneur des assises de cette assemblée générale constitutive de l’UCMAO.

Du communiqué de presse qui a sanctionné cette rencontre de Bamako, il ressort que la population minière d’Afrique (à l’image de celle agricole ou pastorale déjà à la tâche) a pris conscience que les ressources minières et minérales de nos Etats sont un irremplaçable accélérateur de croissance et un socle de stabilité sociale et de lutte contre la pauvreté. Une union des organismes nationaux de représentation des professionnels des Mines permettra, sans doute, de mutualiser les efforts et les moyens, de fédérer les idées et initiatives des entités nationales pour donner encore plus de visibilité et de représentativité à l’activité minière dans nos Etats. S’y ajoute que la modernisation du secteur, sa rationalisation et son assainissement sont autant de défis à relever ensemble.

C’est dans cette optique que l’UCMAO s’est fixée comme objectifs d’instaurer un cadre de concertation sous-régionale pour la promotion des activités minières dans le sous-continent ouest africain; de défendre les intérêts de ses membres, en particulier ceux de l’industrie et de l’artisanat minier de la sous-région en général. Elle se propose d’engager des consultations et des négociations avec les autorités politiques et administratives nationales et supra nationales sur toutes questions d’intérêt relatives aux activités minières.

L’UCMAO entend en outre oeuvrer pour harmoniser les dispositions législatives et réglementaires régissant les activités minières dans la sous région, promouvoir la communication, les échanges et la coopération entre les Chambres des Mines et organismes assimilés de l’Afrique de l’Ouest en particulier et de tout le continent africain en général. Enfin, la nouvelle organisation ambitionne de concevoir et mettre en œuvre une politique cohérente de renforcement des capacités des Chambres et organismes assimilés dans tous leurs domaines de compétence et d’intervention, proposer aux gouvernements et aux institutions communautaires et internationales toutes mesures propres à favoriser le développement des activités de recherche, d’exploitation, de production et de commercialisation des produits miniers de l’Afrique de l’Ouest, concourir à la dissémination des bonnes pratiques  environnementales  et  industrielles dans les activités minières dans la sous-région et veiller  au respect des conventions et législations nationales, régionales et internationales en matière de mines.

S’exprimant à l’ouverture des travaux, le jeudi 3 novembre, devant un parterre de personnalités maliennes et étrangères,  le président de la Chambre des Mines du Mali, Abdoulaye Pona, s’était réjoui de la confiance placée en son institution, lors de l’installation solennelle de la Chambre des Mines du Burkina Faso, le 30 septembre précédent, pour préparer les assises de l’Assemblée constitutive d’une structure fédérative de nos organismes consulaires. Il a salué la présence à Bamako des hauts responsables d’organismes professionnels miniers comme «la confirmation et la concrétisation de la volonté de regroupement exprimée à Ougadougou, la capitale des hommes intégres».

Abdoulaye Pona avait rappelé la place importante qu’occupait l’or dans les entités politiques de l’antiquité sous régionale notamment l’empire du Ghana, les empires Mossi, Mandingue et Songhoi, les anciens royaumes Ibo, Yorouba, Haoussa, Djerma, Ashanti, Akan, Krou et Kran. Il citera également les royaumes du Wassoulou, de Kong, du Warebo, du Gouriko, de Ségou, du Tekkrour, du Kaarta, du Macina, du Djolof, du Sine et du Saloum. Avant de préciser que de nos jours, l’exploitation des ressources minières est devenue, par la force des choses, le moyen privilégié de lutte contre la pauvreté par la création d’emplois et de richesses qui contribuent fortement à la stabilité des Etats et à la paix sociale. «Dans le meilleur des cas, la contribution du secteur minier a pu parfois atteindre 75% des recettes d’exportations et constituer 25% du produit intérieur brut (PIB) de certains pays, dénotant ainsi que l’activité minière est un formidable accélérateur de croissance des économies nationales et communautaires».

Il dira que c’est pour accompagner cette vague d’évolution de l’industrie et de l’artisanat miniers africains que, dans presque  tous les pays, se sont constitués des groupements professionnels de miniers ou des Chambres des Mines, comme une réponse adéquate à la question de l’organisation, de la modernisation, de la rationalisation et de l’assainissement du secteur straégique des Mines.

 

Clôturant les travaux le lendemain 4 novembre, le président Abdoulaye Pona a déclaré qu’avec «la création de cette Confédération d’institutions consulaires de divers types et de divers horizons, nous nous sommes dotés d’un instrument fondamental de défense de nos intérêts en tant qu’acteurs majeurs du secteur minier sous régional et aussi de promotion de l’activité minière de nos pays». Il a, une fois de plus, remercié les autres membres de l’UCMAO de la confiance placée en lui-même et en la Chambre minière du Mali pour assumer la présidence de l’Union pour les trois prochaines années. Tout en les assurant de sa disponibilité et de sa volonté de travailler en harmonie et toujours en concertation avec toutes les institution de l’UCM / UEMOA. Il a tenu à féliciter avant de clore son intervention le président de la Chambre des Mines du Burkina et le président du Groupements professionnels des Miniers du Niger pour leur élection respectivement aux postes de Coprésident et de Secrétaire général de la nouvelle Union qui vient d’être créée.

 

Quant au président de la Chambre des Mines du Burkina et Groupements professionnels des Miniers de l’UEMOA, Elie Justin Ouédrago, il avait déclaré voir dans la création de l’UCMAO un acte intégratoire de plus de notre espace sous régional pour le bien de nos populations.

 

 

Moulaye H HAIDARA

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