AMRTP : Nécessité de moraliser les recrutements en cours

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L’Autorité malienne de Régulation des Télécommunications et des Postes (AMRTP) a lancé un appel à candidature pour recruter sa nouvelle direction. Le hic est que la plupart des postulants sont des directeurs techniques des opérateurs de télécommunication au Mali. Ce qui est contraire à l’esprit de la régulation.

L’AMRTP est l’arbitre du jeu entre les opérateurs de télécommunication, mais également entre ces opérateurs et les consommateurs. Son rôle est de livrer des licences télécom aux différents opérateurs au nom de l’Etat, de s’assurer de la bonne application du cahier de charge. Elle entérine les prix, homologue les équipements et s’occupe de l’accès universel. C’est elle l’arbitre du secteur. L’AMRTP régule et sanctionne.

Pour ce faire, l’AMPRT est dirigée par un conseil de 5 membres dont un juriste, un économiste, un informaticien, un spécialiste en télécom et un autre en poste. Ce sont ces 5 membres qui prennent les décisions de régulations.

A ce jour, deux postes sont vacants (chargé d’affaires économiques et celui des télécoms). Un appel à candidature a été lancé. Selon les informations, plus de 16 directeurs techniques répartis entre les deux grands opérateurs économiques en télécommunication au Mali ont postulé.

Or, dans son rôle d’arbitre, l’AMRTP doit rester à équidistance des opérateurs. Recruter un ressortissant d’une société de télécommunication ne risque-t-il pas déjà de fausser les règles du jeu ? « La loi le dit clairement, quand on quitte l’AMRTP, on a une période de 2 ans pour s’occuper des problèmes de télécommunication au Mali. On ne peut pas s’occuper des questions de télécommunication pendant 2 ans ». Cela doit être valable pour le recrutement. « On ne peut pas quitter un opérateur et atterrir chez un régulateur. Il faut un temps pour éviter d’être juge et partie. Ce sont des actes qui peuvent avoir des préjudices sur la gestion des conflits ».

Un opérateur de télécommunication reconnaît que cela peut entraîner une confusion des rôles. Pour lui, la régulation est une question de texte. Une question juridique. « Elle n’est pas que technique. Le chef doit être quelqu’un qui est à cheval sur les législations sur les télécommunications et les questions d’arbitrage », a-t-il ajouté.

Parmi les deux postes qui sont ouverts, chargé des postes de télécommunication et le chargé des affaires économiques, « celui qui va être le chargé des télécoms a probablement mille chances d’être aussi le prochain directeur général de l’AMRTP en remplacement de l’actuel directeur dont la retraite n’est plus loin ». « Si nous ne prenons garde avec le remplacement du chargé des télécommunications et du chargé des affaires économiques, actuellement ouverts à candidatures, on va au-devant d’un nouveau scandale ».

Koureichy Cissé

Cet article a été publié dans le cadre du projet Kenekanko. La dénonciation a été faite auprès de notre journaliste dans cette dynamique. Kenekanko est une plateforme de lutte contre la corruption et la délinquance financière, mise en place par la fondation Tuwindi en partenariat avec l’Union européenne, Amnesty international, Free-Press et OCCIPRE.

 

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