2018 : Le DEF doit être un signal fort à l’égard de tous pour repenser l’école malienne

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Suite à la grève des enseignants qui a mis à nu pendant quelques mois le secteur éducatif, le gouvernement malien a tenu malgré tout à maintenir l’organisation des examens de fin d’année, dont la première vague est celle du Diplôme d’Etude Fondamentale (DEF). Dans la foulée, des voix s’élèvent pour regretter le manque de crédibilité d’un diplôme  qui devient de moins en moins crédible à mesure que les années scolaires passent, avec un programme de cours axé sur le rafistolage permanent.

Le DEF malien a-t-il un sens? Au moment où les élèves se donnent à la cigarette et à d’autres drogues sur lesquelles je me tais de dire les noms en oubliant ainsi leurs leçons, la question a tout le mérite d’être posée. Et au-delà de la session de 2018, c’est toute la valeur même du DEF malien qui est remis en cause depuis quelques années déjà. Car à voir le niveau intellectuel de la masse que l’école primaire envoie aux collèges, on peut déjà s’inquiéter de ce que sera le Mali de demain, dans une dizaine d’années.

Il est à noter que  ce soit dans les instituts et universités publiques ou dans les écoles privées, tout le monde, du moins les responsables pédagogiques et les enseignants sont d’un avis presque unanime que le niveau des apprenants a considérablement chuté. Les causes du phénomène sont multiples, et la tâche pour le gouvernement doit être celle de couper le mal à la racine pour redonner aux diplômes maliens tout son respect d’antan. Oui, on parle du diplôme malien, parce que beaucoup de bonnes têtes étaient maliennes. DUT,  Licence, Master, et même le doctorat, aucun de ces diplômes au Mali, n’est épargné par le discrédit qui a atteint l’école malienne. Et ce sont les parents d’élèves qui sont pour la plupart complices du phénomène par leur  corruption, les pots-de-vin, se manifestant par la tricherie, les fraudes, le trafic  de bulletins des enfants… Ils sont les seuls responsables de la dégringolade du niveau intellectuel de leurs enfants.

Les enseignants tout comme le gouvernement sont aussi responsables d’un malaise profond dont les tentacules sont en train de menacer l’avenir d’un pays tout entier. Puisque nos médecins, nos magistrats, les enseignants de nos enfants, nos comptables, nos contrôleurs d’impôts de demain, ne viendront de nulle part d’autre que de cet afflux ininterrompu de nouveaux diplômés comme celui du DEF par exemple  que le secondaire accueille chaque année pour les réorienter par la suite dans nos facultés de médecine, dans nos universités, dans nos écoles spécialisées…  après le BAC.

Alors, l’école malienne est à repenser.

Si une année scolaire, prévue pour neuf mois s’écourte de deux mois, de trois mois et plus, combien de temps reste-il encore à un élève pour bien apprendre et assimiler l’ensemble des disciplines inscrites au programme de son niveau ? Au fond, l’école malienne telle qu’elle évolue en ce moment ne sert plus qu’à enseigner l’automatisation des savoirs par les apprenants (qui veulent étudier pour de vrai)  qui n’ont plus de choix que de mémoriser les cours pour le simple besoin des examens.

La réussite d’un examen au lieu de privilégier la quantité des admis devrait plutôt mettre l’accent sur la rigueur et la qualité. À quoi sert-il à un chef d’établissement de vouloir à tout prix faire un 100% en faisant passer tous les élèves de toutes ses 9ème , alors qu’ils n’ont pas tous le niveau requis pour aller au collège. Au fond, c’est une école malienne en perte de vitesse qu’il va falloir repenser en totalité, car à cette allure, on risque bientôt de se retrouver avec une pléiade de diplômés analphabètes. Ce qui serait fatalement préjudiciable pour l’avenir du pays dont on dit qu’il dépendra de la jeunesse.

Folly Eka

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