Ecole Malienne : Les prémices d’une année blanche planent

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Les différents syndicats des enseignants, en décidant de déposer à nouveau un préavis de grève de quatre semaines (22 mai-28 juin) et en boycottant la rencontre, du samedi dernier, avec le gouvernement, les parents d’élèves, les chefs coutumiers, la classe politique…, posent, d’ores et déjà, les prémices d’une année blanche.

-Maliweb.net- Le Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a, sous la pression de la rue,  accepté la démission du gouvernement Soumeylou Boubèye Maïga, qui, aux yeux de beaucoup de Maliens, était incapable de répondre avec satisfaction aux revendications catégorielle des syndicats. Aussitôt, il a procédé à la nomination d’un nouveau premier ministre, Dr Boubou Cissé, qui, à son tour,  a formé un gouvernement de mission ou de large ouverture avec  38 membres au  terme ‘’d’un accord politique’’ signé entre le Chef de l’Etat et la  société civile,  les deux tendances politiques : l’opposition et la majorité.   

L’une des missions assignées à ce gouvernement  de large ouverture  par le Président de la République est de ‘’ sauver l’année scolaire’’.  Mais des doutes planent déjà sur les capacités de ce gouvernement à trouver les mots magiques pour convaincre les enseignants à renoncer à leurs revendications pour une réouverture des classe une bonne fois pour toute.

En effet,  la nouvelle équipe gouvernementale à peine installée, avec un nouveau Ministre de l‘éducation nationale et du Dialogue social, du travail et de la fonction publique,  s’est vue déposer sur sa table un nouveau préavis de grève de 27 jours à compter du 22 mai 2019 par les syndicats des enseignants.  Le Premier ministre, conscient de la mission assignée à  son gouvernement a convoqué, dans le communiqué du conseil des ministres,  la tenue d’une grande rencontre autour de la situation de l’école au Mali, qui était prévue, le samedi 11 mai  dernier,  au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Cette rencontre qui devait réunir autour de la table  les syndicats d’enseignants, les parents d’élèves, l’AMSUNEN, l’AEEM, les chefs coutumiers et religieux et les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale, sous l’égide du médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara, en présence des ministres chargés du dialogue social et de l’éducation, visait visiblement  à trouver une réponse définitive  à la crise qui sévit au sein de l’école malienne. Mais il a très vite tourné au vinaigre.

Beaucoup de Maliens fondaient un grand espoir sur cette rencontre pour mettre un terme à la grève des enseignants. Ces derniers ont profité de l’impréparation de cette rencontre et du manque de vigilance du nouveau ministre de l’éducation, Dr Timoré Tiouleta pour boycotter les assises du samedi passé sur l’éducation. Motif, ils indiquent que c’est par voix de presse qu’ils ont appris la nouvelle.   « Les syndicats signataires de l’accord 15 octobre 2016 ont décidé de boycotter la rencontre du samedi pour la simple raison que l’approche du gouvernement  n’a pas été  bonne. C’est à la télé que nous avons appris la tenue de cette rencontre », a lancé un responsable des syndicats après une rencontre avec le Ministre de l’éducation.

Cette conduite du syndicat des enseignants a été largement critiquée  par de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux qui estiment, pour la plupart,  que les enseignants ne donnent pas la chance au dialogue et semblent déjà cautionner une année scolaire blanche. « Si les enseignants boycottaient la rencontre de demain (samedi passé) ils tomberont dans le piège qu’aucun effort n’est faisable pour eux », a posté un internaute sur sa page Facebook à la veille de la rencontre. Nous sommes à cinquante jours de la fermeture des classes pour l’année scolaire 2018-2019. Et  si les négociations entre le gouvernement et les syndicats  venaient à échouer, cela  ouvrira la voie à une nouvelle grève de 27 jours avec pour conséquence une année sans études que le Mali connaîtra. D’ores et déjà, tous les ingrédients ou les prémices d’une année sans école sont réunis dans un pays où le système éducatif laisse à désirer depuis plusieurs années  tant au niveau des enseignants  que des élèves. Car la levée de leur mot de préavis de grève semblent conditionner à la satisfaction des points de revendications relatives  ‘’ à l’octroi  d’un prime de logement, la relecture du décret N 529/ P-RM du 21 juin 2013, l’allocation d’indemnités au personnel chargé des examens et des concours professionnels en ses articles 1,2 et 3 et l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’Etat’’.

Il revient au nouveau gouvernement de user de son génie  de négociateur et aux enseignants de faire des concessions pour sauver l’année scolaire. Pour cela, ils devraient donner le temps au gouvernement de renflouer les caisses de l’Etat afin de satisfaire leurs doléances. Lesquelles, si elles venaient à être satisfaites, coûteront au contribuable Malien 161milliards FCFA chaque année, selon l’hôtel des finances.

Samba Sanogo/ Maliveb.net

 

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9 COMMENTAIRES

  1. LA PLUS BELLE FILLE NE PEUT DONNER QUE CE QU’ELLE A. SI LES SYNDICATS TIENNENT À L’ANNÉE BLANCHE, QUE L’ÉTAT S’ASSUME. ON VA À L’ANNEE BLANCHE, ON RE COUPE LES SALAIRES ET L’ANNÉE PROCHAINE ON LES FOUT À LA PORTE. BEAUCOUP DE JEUNES DIPLÔMÉS ATTENDENT À LA PORTE.

  2. La solution à tous ces maux est simple, aucun de ceux qui assistent aux réunions de concertation n en parle pour préserver les intérêts personnels: diminuer les salaires/ avantages du pouvoir exécutif, législatif, judiciaire et des directeurs des institutions; révision des salaires et avantages ( diplôme similaire salaire egal). Le Mali est riche mais l argent mal réparti mal géré ( cela crée les tensions ) pas de justice. Un système créé depuis longtemps qui n arrange que les dirigeants. Voici la solution aux tensions sociales et grèves. L argent existe.

  3. Le problème est de dirigeants pas nous même si tu fournis t’es efforts tu t decourageras car tout est basé sur l’argent

  4. La démocratie a, au bout du compte apporté plus de malheur que de bonheur. Multi….. en tous les domaines a conduit à la division du peuple dans toutes ses dimensions, l’incivisme, la déchéance des valeurs de nos sociétés. Les dégâts sont inestimables. C’est le comble quand la jeunesse même en est déculottée avec seule maître d’école facebook…….

  5. Les syndicats des enseignants grévistes agissent comme des gamins. Ils auraient été présents si le communiqué à la télé/radio leur demandait de passer signer une entente de paiement de leurs doléances. Il faut des mesures législatives pour exiger un minimum de service annuel fourni par enseignant, comme dans la santé. L’éducation est primordiale. Ces syndicats prennent non seulement leurs collègues en otage, mais aussi tout le Mali. Tellement irresponsable d’exiger une dépense instantanée de 161 milliards à un pays dont le budget est à peine 2 400 milliards FCFA.

  6. Ils ne peuvent pas régler les problèmes de l’Ecole ( pas cette année en tout cas ) et ils ne peuvent pas éviter une ” année blanche ” à l’Ecole, cette année.
    Ils ne font que se réunir juste pour se réunir, pour qu’on dise qu’ils sont en train d’essayer de régler le problème…
    Il est surtout important que nos Gouvernants arrêtent de saboter la scolarité des enfants Maliens. Les enfant dont les Parents ont des moyens, vont dans les écoles privées.
    Parce que, ils ont du mal à caser tous ceux qui sortent diplômés. Leur trouvaille…, c’est d’empêcher les jeunes d’arriver au Lycée et plus tard, accéder aux Universités. Aussi pare ce que dans les Université il n’y a pas assez de places. Justement…, il faut en créer quand il n’y en a pas assez… !
    Ils n’ont pas de structures d’accueil suffisantes pour recevoir des milliers de Lycéens et d’Etudiants. Alors, ils préfèrent les bloquer par une non satisfaction des doléances des syndicats d’Enseignants qui se traduit immanquablement par des grèves à répétitions ou des grèves à durées illimitées. Au bout du compte…, on se retrouve avec une année blanche où les enfants sont restés livrés à eux même. Après on s’étonne que ceux qui sont en âge, abandonnent, soit pour aller risquer leur vie dans les mines artisanales d’or, quant d’autres au péril de leur vie préfèrent traverser le Sahara et la Méditerrané dans l’Espoir d’atteindre les Côtes Européennes…
    L’Education par l’Ecole de nos enfants, devrait aussi être une préoccupation pour l’Union Européenne. Les Gouvernants Européens ont intérêt à aider les pays du Sahel pourvoyeurs de migrations clandestines vers l’Europe. Plus nos Diplômés trouvent des emplois en Afrique moins ils seront tentés par une aventure périlleuse. Plus nos enfants arrivent à étudier dans de bonnes conditions, moins ils seront tentés par l’abandon scolaire qui se traduit par la tentation d’émigrer…

  7. Refusez d’enseigner vos enfants. Les enfants autres continuent d’aller à l’école et viendront dans 5 ou 10 ans vous gouverner.

  8. L’Ecole est en crise parceque la gouvernance est en crise.Quand les elites dirigeantes et non dirigeantes se refugient dans la corruption et la delinquance au lieu d etre des examples il faut rien attendre une mansuetude des masses laborieuses que la revolte.Ce gouvernement a echoue avant meme de commencer faute de legimite.Un regime corrompu ne peut susciter le sursaut de confiance dont le pays a besoon pour se reveler.
    Un gouvernement , des religieux et des politiciens corrompus des familles soit disant fondatrices corrompus qui cautionne l assassinat de son fils pour beneficier juste des devices du pouvoir ne peuvent inspirer aucune confiance
    Ce regime est aux abois!!!!!

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