Douentza-Gossi-Gao : Voyage d’un cœur très amoureux

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    Alors que nous venions de quitter les débats houleux, lors de la rencontre de la communauté arabe, à Gossi, au détour d’une des nombreuses ruelles de la ville, nous sommes tombés sur une missive.

    La lettre, envoyée par une jeune fille, visiblement très amoureuse, nous a fait oublier, qu’au Nord du Mali les sujets d’actualité se résumaient aux enlèvements, au banditisme, au trafic, au retour des Maliens de Libye…Nous ne connaissons pas la jeune dame encore moins pour qui elle a couché sur cette page de cahier ces mots. Pour cela, nous  avons décidé de la nommer par son prénom : Ramata.

    «Mon amour, écrit-elle, c’est avec un cœur plein de joie que je me mets à table pour t’écrire cette lettre». Plus bas, elle lui dit «mille fois merci». Avant de lui ouvrir grandement son cœur : «Mon amour, je t’aime et je t’aimerai jusqu’à la fin de ma vie. Si tu étais une plante, je te planterai dans mon cœur pour que tu sois un exposant de mon sang. Je t’aime comme le poisson aime l’eau. Si tu étais une fleur, je me transformerai en jardinier pour te cueillir. Si tu étais un poisson, je me transformerai en pêcheur pour te pêcher».

    Elle revient, un instant, sur terre pour lui rappeler que «tu disais que tu viens passer tes congés ici à Douentza». Puis le rassure que «tu me trouveras sur place et nous passerons les congés ensemble». Ramata replonge dans sa bulle d’amour et dit à son indique, à son bien aimé ceci : «Je t’aime. Pour moi, entre toi et moi ce n’est pas une histoire de copain et copine et je veux qu’on se marie». Il lui  demande de «bien réfléchir», car «c’est à force de réfléchir que les vieilles femmes parviennent à transformer le grain en poudre». Comme pour insister, elle lui lance, une fois de plus, «réfléchi bien et tu me donneras ton opinion sur la question de notre mariage».

    Mélancolique, mais toujours très amoureuse, Ramata fait savoir à sa douce moitié que «tu vas partir et me laisser seule. Tu vas me manquer». Comme pour lancer sa dernière preuve d’amour dans la bataille qu’elle livre contre ses sentiments, Ramata écrit : «Toutes mes paroles sont pures et dépouillées de tout mensonge. Je veux me marier avec toi». D’ailleurs elle donne à son amant un numéro sur lequel elle sera joignable pour lui donner, à la fin de la lettre, un «gros bisou». En bas, Ramata a dessiné un gros cœur avec mention «I love you» (Je t’aime). 

    Nous avons naturellement redressé les phrases de la lettre pour qu’elles soient lisibles et compréhensibles pour nos lecteurs. Mais, il faut reconnaître que l’original n’avait pas besoin d’un Sorbonnard pour être déchiffrée. Comme quoi, l’amour est un langage universel. On n’a pas  besoin d’un BAC+ pour le maîtriser.
    Paul Mben   

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