Histoire : … de cultivateur à chasseur

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    Fadiala Kéïta a, outre la daba, désormais la maîtrise du fusil et de la poudre.

    Le 25 avril dernier, il a été admis dans le monde des chasseurs.

    L’information paraît banale et sans intérêt, mais seulement pour ceux qui ignorent l’histoire extraordinaire de ce cultivateur ordinaire qui, aujourd’hui, a décidé de se consacrer exclusivement  à la chasse.

    Fadiala Kéïta est en effet domicilié à Toumoudjiman (arrondissement de Toukoto), son village natal. Ce 24juillet 2018, armé de son fusil de chasse, il avait pris le chemin qui devait le mener à son champ.

    Regardant à droite à gauche, s’il n’y avait pas un gibier pour son repas de midi, Fadiala qui était à présent loin de son village, rangea désespérément son arme, convaincu que ce jour-là, aucun gibier ne s’offrirait à lui. Mais voilà que soudain, un couple de lions vint lui couper la route.

    Paniqué, il prit ses jambes à son cou, laissant échapper dans sa fuite un coup de feu qui ne fit qu’accélérer sa fuite.

    La distance que Fadiala effectuait d’habitude en une demi-heure, il l’a parcourue en 7 mn. Au village, il trouva du renfort. Une fois de retour sur les lieux, les chasseurs de lion encerclèrent la zone.

    Fadiala quant à lui, fatigué, décida alors de se retirer du groupe pour reprendre son souffle. Mais à peine s’était-il assis sous un arbre, qu’à deux mètres de lui dans les buissons, voilà qu’un lion le regardait droit dans les yeux. Un cri, un appel au secours et Fadiala n’ayant pu grimper à l’arbre d’a côté s’écroula évanoui.

    Les coups de griffe de l’animal le réveilleront de son sommeil, mais Fadiala ne trouva d’autre solution que de faire le mort.

    Comme s’il avait soupçonné le stratagème du pauvre Fadiala, le lion se coucha près de lui.

    Au loin, les compagnons de Fadiala observaient la scène.

    Faut-il tirer sur l’animal ? Non car les cartouches pourraient toucher le cultivateur. Ce dernier dont l’arme chargée était déposée à quelques centimètres, ouvrait de temps en temps les yeux, se demandant de son côté s’il fallait tenter de fuir ou se saisir de son arme. Il ne se décidait pas et au loin, ses compagnons lui proposaient toutes sortes de solutions.

    Ne recevant aucune réponse de Fadiala qu’ils croyaient finalement mort, de peur,  les chasseurs décidèrent de distraire l’animal afin de l’éloigner de sa victime. L’animal accepta le jeu, s’éloigna d’une dizaine de mètres de Fadiala dont les habits étaient mouillés de sueur et peut être …d’autre chose.

    Alors, d’un bond, Fadiala sauta à l’arbre sous lequel il était couché. Un coup parti de son arme (dont la gâchette avait été déclenchée au toucher son  pied) et atteignit l’animal qui bondit à son tour sur  l’arbre. Mais, Fadiala  réputé être un piètre grimpeur était déjà sur la cime de l’arbre. L’animal blessé quant à lui, a été achevé par les compagnons du rescapé. Fadiala, cependant, n’a accepté de descendre de l’arbre qu’après que l’animal fût débarrassé des lieux.

    C’est depuis cette fameuse journée, que Fadiala aurait, petit à petit, pris goût à la chasse. En Septembre, notre cultivateur a presque abandonné l’agriculture au profit de sa nouvelle vocation. Aujourd’hui, il est confirmé grand chasseur.

    En milieu des chasseurs, certains se demandent cependant si Fadiala Kéïtta mérite de danser le “Djanjo”, le “Niangara”  ou le ‘’Tiekolonba’’.

     

    Boubacar Sankaré

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