Attentats en France et crises maliennes : Toute la différence est dans la réaction

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Au moins 120 morts à Paris dans des attentats sans précédent
Des pompiers secourent des blessés devant la salle de concert du Bataclan, le 13 novembre 2015.
REUTERS/Christian Hartmann

C’est avec une grande consternation, que les  maliens ont appris, ce qui vient de se passer en France. 6 attaques simultanées ce vendredi 13 novembre 2015 faisant du jour le plus saint de l’Islam un temps de deuil pour une République judéo-chrétienne où la religion musulmane et ses fidèles ont déjà trop de mal à convaincre que leur religion n’a rien à voir avec ces terroristes.

Le fantomatique Etat islamique DAESH qui vient de revendiquer ces attentats mérite-t-il réellement cette appellation fabriquée par les médias occidentaux d’Etat islamique ? Y a-t-il jamais existé un Etat islamique au monde selon les préceptes de l’Islam? Que non, pas plus que l’Arabie Saoudite n’est pas un Etat islamique au sens de la religion musulmane tout comme l’EX URSSS n’a jamais été le modèle d’Etat communiste prôné par Karl Marx et Friedrich Engels. L’habit ne doit pas faire le moine, ces terroristes ne sont pas des musulmans. La réalité est que notre monde est à l’orée d’un nouvel ordre mondial et la religion en est le prétexte. Demain le soleil se lèvera à l’ouest de toute façon, mais faisons en sorte qu’il n’emporte pas nos religions et leurs messages.

Le pays qui nous a aidés le 11 janvier 2013 à combattre les terroristes est à son tour attaqué par ceux-là même qu’il combat ailleurs en Syrie et en Afrique. L’extrême droite qui était contre l’intervention française au Mali mesure aujourd’hui malheureusement à sa juste valeur ce que nous avons subi. Tous doivent en ce moment réaliser que c’était l’une des meilleures décisions de la politique africaine de François Hollande que d’intervenir au Mali pour stopper ces barbares d’un autre monde qui s’abritent derrière la religion pour s’adonner à leur cynique dessein. Mais au-delà des récriminations les français n’ont-ils pas des raisons d’être fiers de leur Etat ? Que si, parce que la réaction prévisible en de pareille circonstance ne s’est pas fait attendre. Le premier français est resté stoïque face à ce que l’on peut considérer comme l’attentat le plus meurtrier jamais commis en France ces cinquante dernières années. Il a gardé la retenue qu’exige sa fonction et bien que meurtri, il n’a pas pleuré et ne pleurera pas devant les caméras. Il ne fera pas de moral à son peuple et ne promettra pas le paradis à toutes les victimes. Il ne mettra rien au compte du bon DIEU. Les responsabilités sont sur terre et elles seront situées. Les victimes seront  prises en charge par la République et les coupables seront recherchés, traqués et punis avec la rigueur de la loi, quitte à déplaire à la grande Déclaration universelle des droits de l’Homme. L’Honneur de la France d’abord.

C’est dans la capacité de réaction face aux crises qu’il faut trouver la différence entre les Etats. C’est en pareille circonstance que l’on sent toute la différence entre la citoyenneté africaine et européenne, entre la gouvernance nègre et Hélène, entre le respect de la vie humaine ici et ailleurs selon qu’elle soit noire ou blanche. On a toute l’impression que la vie d’un noir ne vaut pas mieux que celle d’un blanc. Ce que le président français a qualifié d’acte de guerre commis par une armée terroriste est sensiblement la même chose que le Mali a connue suite à la visite du Premier Ministre Mara à Kidal en termes de perte en vies humaines. L’attentat qui frappe si injustement aujourd’hui la France est semblable de par son bilan au drame des pèlerins maliens à MINA où plus de 300 de nos fidèles périrent. Le Mali, pour le repos de l’âme de nos pèlerins devrait exiger la transmission du rapport d’enquête de la part des autorités saoudiennes.

Nos Députés auraient dû interpeller en direct à la Télé le Ministre en charge de  l’Organisation du Hadj, qui fut plus prompt à faire la morale aux familles et à promettre le paradis à nos dépouilles qu’à situer les responsabilités. Les erreurs d’organisation du Royaume, la cupidité des agences du Hadj, qui amènent plus de pèlerins qu’elles ne peuvent bien encadrer, et la responsabilité coupable du Ministère en charge de l’organisation, ne seront jamais établies.

Exiger un rapport national public sur le drame de MINA, sur les évènements d’Aguelhok, sur le carnage du 21 mai à Kidal, sur l’affaire des bérets rouges, n’est pas de la mesquinerie, mais le signe d’un respect pour la vie des maliens, une auto-évaluation pour parer à l’avenir. C’est de cette façon que nous construirons une capacité nationale de réaction et de résilience face aux crises. Si de tels rapports avaient existé le travail de la Commission, Vérité, Justice et Réconciliation s’en trouverait aujourd’hui largement facilité.

C’est pourquoi, il est plus un fardeau d’être africain et malien que d’être français et européen. Imaginez un tant soit peu que les pèlerins maliens de MINA avaient été tous des français. Que n’aurait pas fait la France ? Face au drame que vit le peuple français toute notre admiration est pour François Hollande et son Premier ministre qui ont eu, non seulement les mots qu’il fallait pour rassurer leur peuple, mais aussi et surtout la réaction à laquelle il fallait s’attendre pour crédibiliser l’image de leur pays et rassurer leurs concitoyens. Rien ne sera mis au compte de la fatalité. Déjà un deuil national de trois jours est décrété, une minute de silence sera observée ce lundi dans toute la France et les drapeaux seront mis en berne partout. Le ministère de l’Intérieur a déjà mis en place un numéro vert pour signaler toute information en relation avec les attentats de la nuit. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête. Et c’est l’Interdiction de manifestation sur la voie publique à Paris et dans les départements limitrophes jusqu’à jeudi.

Entre l’Afrique et l’Europe, toute la différence est dans la méthode et l’organisation, toute la différence est dans la réaction.

O’BAMBA

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