Grèves : des dizaines de milliers de manifestants partout en France

0
Grèves : des dizaines de milliers de manifestants partout en France

VIDÉO. Les fonctionnaires dĂ©filent pour leur pouvoir d’achat, les taxis contre la concurrence des VTC… Le point sur ce mardi noir en France.

Avec « 130 000 Ă  150 000 manifestants » dans l’Hexagone, la CGT revendique « la plus forte mobilisation dans la fonction publique depuis l’Ă©lection de François Hollande ». « La journĂ©e d’action du 26 janvier fera date : elle a rassemblĂ© la plus forte mobilisation dans la fonction publique depuis l’Ă©lection de François Hollande », dĂ©clare, dans un communiquĂ©, la CGT fonction publique, qui avait appelĂ© Ă  la grève avec FO et Solidaires et fait aussi Ă©tat de « premiers taux de grĂ©vistes qui atteignent les 30 %, voire les dĂ©passent ». Les chiffres de la police ne sont pas connus dans l’immĂ©diat.

« AustĂ©ritĂ©, ça suffit ! Pour le service public, l’emploi, les salaires » : les fonctionnaires ont manifestĂ© pour leur pouvoir d’achat et contre la rĂ©forme du collège tandis que les taxis qui protestaient contre la concurrence des VTC ont obtenu de Matignon l’ouverture d’une concertation.

Les 5,6 millions d’agents de la fonction publique ont perdu entre « 8 et 10 % » de leur pouvoir d’achat en cinq ans, selon FO et la CGT, Ă  l’origine de l’appel Ă  la mobilisation avec Solidaires. Depuis 2010, le point d’indice qui sert Ă  calculer leurs salaires est gelĂ©. La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a rĂ©pĂ©tĂ© mardi que les fonctionnaires ne devaient pas s’attendre Ă  une « grosse augmentation du point d’indice » lors de la nĂ©gociation salariale prĂ©vue en fĂ©vrier.

Le ministère de la Fonction publique donnait « 3 % de grĂ©vistes » dans la territoriale Ă  midi et 10,9 % dans la fonction publique d’État (enseignants compris). Du cĂ´tĂ© de l’Éducation nationale, 22,3 % des professeurs Ă©taient en grève dans les collèges, selon les chiffres du ministère (50 %, selon le premier syndicat), et 12,24 % des enseignants du primaire (33 % de source syndicale). « Entre 25 et 30 % dans les finances publiques », selon les syndicats. PĂ´le emploi donnait 3,55 % de grĂ©vistes.

Dans le cortège parisien, le numĂ©ro un de la CGT, Philippe Martinez, a parlĂ© d’une « mobilisation sur les salaires au moment oĂą le patronat et le gouvernement essaient de culpabiliser les salariĂ©s sur le coĂ»t du travail ». Ă€ Marseille, entre 3 600 et 10 000 personnes, selon les estimations, ont manifestĂ© dans le centre. Ils Ă©taient plus d’un millier Ă  Nice, parmi lesquels des enseignants venus dire « non Ă  la rĂ©forme du collège » et des personnels hospitaliers s’opposant Ă  la « loi santĂ© ». Ils Ă©taient plusieurs centaines en Corse Ă  Ajaccio et Bastia. Les manifestations ont Ă©galement mobilisĂ© Ă  Toulouse (2 200 Ă  6 000) oĂą la banderole de tĂŞte de cortège s’Ă©levait « Contre l’austĂ©ritĂ©, pour l’emploi, les salaires, les services publics de proximitĂ© », Tarbes (700 et un millier) et Perpignan (1 000 Ă  3 000).

Concertation pour les taxis

Dans le Grand Ouest, les manifestations les plus importantes ont eu lieu Ă  Rouen, Nantes, Brest et Tours. Ă€ Lille, les manifestants ont scandĂ©: « public, privĂ©, mĂŞme combat, ce n’est pas aux actionnaires de faire la loi, la vraie dĂ©mocratie, elle est ici », « Il y en a ras le bol de ces guignols qui ferment les usines et ferment les Ă©coles ». Infirmiers, sages-femmes, retraitĂ©s, bibliothĂ©caires, cuisiniers, cheminots Ă©taient nombreux Ă  rĂ©clamer « des augmentations de salaire ».

« Je perds 6 heures l’an prochain. Je suis rĂ©voltĂ©e qu’on supprime des options qui sont le moyen de diffuser la culture Ă  tous », a estimĂ© Sylvie Fauchart, professeur de lettres et latin. « Cette rĂ©forme prĂ©tend rendre l’Ă©cole Ă©galitaire, alors qu’elle ne fait que creuser les inĂ©galitĂ©s et tirer les Ă©lèves vers le bas », s’insurge Maud Charvet, 37 ans, professeur d’espagnol dans le cortège des manifestants lyonnais (2 150). « Syndicalistes, pas terroristes » : Ă  Lille comme Ă  Paris, des manifestants ont apportĂ© leur soutien aux salariĂ©s de Goodyear condamnĂ©s Ă  des peines de prison ferme. Les transports publics n’Ă©taient pas concernĂ©s, mais les contrĂ´leurs aĂ©riens faisaient grève, avec un vol sur cinq annulĂ©.

Parallèlement, les taxis mobilisĂ©s dès l’aube pour protester contre la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC) ont obtenu de Matignon l’ouverture d’une concertation sur « l’Ă©quilibre Ă©conomique du secteur » en vue d’« Ă©ventuelles Ă©volutions de la rĂ©glementation ». « Les chauffeurs ne sont pas satisfaits, ils ne veulent pas bouger », a rĂ©agi FO, tandis que l’UNT espĂ©rait que la concertation ouverte pendant trois mois permettrait « d’aboutir Ă  un rĂ©sultat concret ».

Le Premier ministre Manuel Valls, qui a Ă©galement annoncĂ© un renforcement des contrĂ´les, a cependant condamnĂ© les violences « inadmissibles » intervenues en Ile-de-France, oĂą 2 100 chauffeurs, selon la prĂ©fecture, ont manifestĂ©. En milieu d’après-midi, ils Ă©taient dĂ©terminĂ©s Ă  poursuivre leurs rassemblements porte Maillot, Bercy et dans les aĂ©roports d’Orly et de Roissy. Sur tous ces sites, les taxis s’en sont notamment pris au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Quatorze personnes ont Ă©tĂ© placĂ©es en garde Ă  vue pour des violences et des incendies (feux de pneus). La circulation a Ă©tĂ© brièvement interrompue sur le pĂ©riphĂ©rique et un chauffeur a Ă©tĂ© blessĂ© Ă  Orly par un minibus.

En région, des mobilisations ont eu lieu à Marseille, Toulouse, Grenoble et Lille, où des chauffeurs de VTC ont été pris à partie par les taxis.

Source: lepoint.fr

SOURCElepoint.fr
PARTAGER