Sénégal : l’opposition requinquée autour de l’opposant Ousmane Sonko

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MOBILISATION. À quelques mois des élections locales, l’opposition et la société civile créent une coalition et mettent le cap vers la présidentielle de 2024.

A cinq mois des élections locales, coup d’envoi d’un marathon électoral qui ne s’achèvera qu’en 2024 avec la présidentielle, l’opposition se cherche une stratégie pour reconquérir le pouvoir. Elle a peut-être trouvé un moyen d’y parvenir. En effet, plusieurs formations et mouvements d’opposition, ainsi que la société civile ont lancé jeudi à Dakar une coalition menée par le principal opposant Ousmane Sonko. « Yewwi askan wi » (libérer le peuple, en langue ouolof), c’est son nom, vise, selon ses initiateurs, à conquérir les conseils municipaux et départementaux, contrôlés dans leur quasi-totalité par la coalition présidentielle depuis les élections de mars 2014.

Cap vers 2024
Selon l’agenda fixé, les élections locales, initialement prévues en 2019, doivent se tenir fin janvier 2022. Elles doivent être suivies des législatives, durant la même année 2022. Car, là aussi, c’est la coalition présidentielle qui contrôle le Parlement avec une majorité de députés. La nouvelle coalition, formée d’une vingtaine de partis et mouvements, va « présenter une liste commune dans chaque commune et département et poursuivre cette collaboration jusqu’à la présidentielle de 2024 », a déclaré une de ses responsables, Ngoné Salih Diop, lors de sa mise en place jeudi.

Ousmane Sonko à l’offensive
Ousmane Sonko, député à l’Assemblée nationale, personnalité au profil antisystème, troisième de la présidentielle de 2019, et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a été en mars au cœur de la pire crise politique qu’ait connue depuis près d’une décennie ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest. Son arrestation à la suite d’une plainte pour viols et menaces de mort déposée contre lui par une employée d’un salon de beauté de Dakar a déclenché plusieurs jours de troubles qui ont fait une douzaine de morts. Des accusations qu’il réfute et qu’il attribue à un complot ourdi par le président Macky Sall pour l’écarter de la scène politique. Il est depuis lors sous contrôle judiciaire.

Les locales de 2022 sont pour Ousmane Sonko un tour de chauffe avant la présidentielle de 2024, dont il est l’un des principaux concurrents. Autour de lui, plusieurs responsables, dont l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall et un influent chef religieux. Mais Khalifa Sall (qui n’a aucun lien de parenté avec Macky Sall), élu maire de Dakar en 2009 et réélu en 2014, avait été révoqué de ses fonctions par le président Macky Sall après sa condamnation en août 2018 à cinq ans d’emprisonnement pour « faux en écriture de commerce et escroquerie portant sur les deniers publics ». Sa candidature à l’élection présidentielle de 2019 avait été rejetée par la justice, à cause de sa condamnation judiciaire.

Sans le PDS de Wade
Si l’opposition semble s’être mis en ordre de bataille, dans le camp du pouvoir, le président Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, entretient encore le flou sur ses intentions en 2024. La Constitution sénégalaise n’autorise que deux mandats de cinq ans. Et le grand absent de cette nouvelle coalition, également baptisée « coalition XXL », le PDS de l’ex-président Abdoulaye Wade en sait quelque chose. Il y a tout juste dix ans, la contestation du Mouvement du 23 Juin a été fatale à un troisième mandat du président alors en fonction, Abdoulaye Wade. Le 23 juin 2011 est resté comme une journée de manifestations et de violences contre le projet d’Abdoulaye Wade de faire réviser la Constitution. Le PDS explique son absence de la bannière « Yewwi askan wi » par le fait de « points de désaccords (qui) n’ont pas été résolus », a-t-il indiqué dans un communiqué, sans plus de détails.

 

Source: https://www.lepoint.fr/afrique

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