Amouyon Saye, Président de l’association ‘’La Case Sacrée’’ : « Nous ambitions sont énormes, mais les moyens font défaut »

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L’Etat seul ne peut tout faire. Et les membres de l’association la case sacrée du Hogon l’auront compris. Résidant au Canada, Amouyon Saye, connu sous le pseudonyme « Dynamique », non moins président de ladite association, nous a accordé une interview pour dévoiler les axes prioritaires de son association au bénéfice des enfants des déplacés.

La Preuve:Parlez-nous de l’historique de votre association ?

Amouyon Saye : La case sacrée du Hogon a germé des cendres du feu qui a longtemps calcinéet qui continue de brûler la falaise gigantesque de Bandiagara et tout le centre du Mali. Elle demeure le fruit d’une profonde réflexion des enfants et des amis du peuple souverain que nous sommes. Il n’est de secret pour personne que notre pays traverse l’un des pires moments de son existence.Du coup, nous ne pouvions plus attendre et regarder le mal détruire ce que l’humain a le plus cher au monde, c’est-à-dire la paix. Et on ne doit pas laisser tout sur les épaules de l’Etat.

Pour un début, nous nous sommes regroupés en Club de mobilisation humanitaire pour aider les victimes de conflits dans les camps de déplacés, un peu partout au centre du pays. Avec l’appui de nos deux amies françaises, tombées amoureuses du peuple malien, nous avons jugé noble d’intervenir en offrant des kits de première nécessité : vêtements, fournitures scolaires, sanitaires et autres vivres. Aujourd’hui nous sommes une association et en même temps, une ONG humanitaire. D’où l’appellation ‘’humanitaire-art-culture’’, ayant pour slogan : « Servir, mais ne jamais se servir ».

La Case sacrée se réclame d’un pont reliant les bornes de la paix et de la réconciliation dans la diversité harmonieuse, entre les peuples belligérants.Nous avons comme objectifs de militer farouchement pour la promotion de l’art, l’artisanat et la culture emblématique dogon singulièrement et celle du Mali globalement. L’un des objectifs phares est d’aider les plus nécessiteux avec le volet humanitaire. Et aussi, nous sommes dans la lancée d’ériger un centre culturel qui abritera des ateliers et formation (Slam, danses folkloriques, traditionnelles, déambulations des masques funéraires, art culinaire, teinture bogolan, indigo, sculpture) et par la suite émerger en ONG avec l’accord-cadre. Cela permettra de conserver jalousement nos acquis patrimoniaux.

L’association compte combien de membres ? Et comment génère-t-elle ses fonds ?

Franchement, malgré son jeune âge, la Case sacrée englobe des centaines de membres repartis en échelles. Nous avons le bureau exécutif qui compte six membres permanents (points focaux) dont le Président que je suis, le Secrétaire général, le Trésorier général, la Chargée des relations extérieures, la Chargée des actions humanitaires et le Coordinateur terrain. Nous avons aussi le conseil d’administration, avec un président et des vice-présidents. La grande majorité est constituée de membres sympathisants un peu partout dans le monde, puisque nous sommes désormais une organisation internationale. En clair, le bureau exécutif est composé comme suit: je suis le président et Moïse Togo est secrétaire général. Point focal Lille (France), Mariam Taleb est Chargée des relations extérieures. Point focal Paris (France), OgomonoDouyon: trésorier général, il est le Point focal Bamako, SalimaBaha: Chargée des actions humanitaires. Point focal Bordeaux (France), et enfin Félix Sagara: Coordinateur Terrain. Point focal Bandiagara.

L’association vit grâce à la cotisation des membres et sympathisants, essentiellement grâce aux dons des organismes partenaires et des particuliers sensibles aux causes nobles telles que les actions humanitaires. Au moment où je vous parle, il y a un appel aux dons que nous avons lancé sur nos différentes plateformes de communication (réseaux sociaux). Nous récupérons des vêtements, chaussures, kits scolaires et transferts d’argent pour les déplacés du centre et appuyer les parents d’élèves en situation de précarité. Déjà, deux gros lots de kits sont en convoi via le Canada et la France.

Quelles sont les localités dans lesquelles vous comptez intervenir ou intervenez déjà?

Toujours fidèles à nos engagements, nous couvrons pour l’instant les zones les plus touchées par la crise au centre. Il faut alors entendre par-là les villages, les camps des déplacés, les associations et regroupements des femmes, hommes, jeunes et surtout les plus vulnérables. Nous mettons un accent pointu sur le « centre du pays », sans aucune distinction ethnique ni de groupe social.Nous aidons tout le monde. Déjà, nous avons offert cette année deux puitsforages à deux villages en besoin pressant d’eau, qui est source de vie, dans la commune de Sangha, financés par deux partenaires français. Des réfections de deux ponts à haut risque sont aussi en cours de négociation avec d’autres partenaires, des dons de vivres, entre autres. Conjointement, nous avons aussi lancé la 1ère édition de l’opération « Sac à Dos » qui vise à offrir des kits scolaires aux élèves en soutien aux parents défavorisés et « Moustiquaires Pour Tous » avec pour objectif de donner 5000 moustiquaires aux familles des déplacés dans nos différentes zones d’intervention.

Nos ambitions sont énormes, mais les moyens font défaut. Dans notre plan d’action, il est prévu de couvrir non seulement le centre mais aussi partout où le besoin se pointe. Une chose est sûre : jusque-là, le combat contre le terrorisme n’est pas encore gagné et que le Ciel nous en préserve ! Nous ferons de notre mieux pour aider les autorités dans la quête de la paix et du vivre ensemble. Alors pourquoi ne pas couvrir tout le grand Sahel un jour, avec l’appui des partenaires ?

Combien de personnes seront touchées par votreopération « Sac à Dos » et « Moustiquaires Pour Tous »?

Je dirais des milliers d’écoliers. Nous avons un rapport frais sous la main, émis par notre coordinateur terrain qui a sillonné les zones les plus touchées et malheureusement beaucoup d’entre eux n’iront pas à l’école faute de moyens. Il faut agir vite, il ya urgence, car nombreux sont les déplacés qui dorment à ciel ouvert, pas une simple natte, à plus forte raison une moustiquaire. Ils sont en risques énormes de contracter le paludisme à cause des piqûres de moustiques. Les dons seront distribués sur les sites des déplacés, dans les écoles et dans certains villages avant la reprise des classes éventuellement. Autant, nous voulons harmoniser nos efforts avec les acquis de l’État du Mali qui a su placer le mois d’octobre sous le symbole de la solidarité et l’entraide. C’est en ce sens que nous travaillons dur et espérons vivement que le ministère tutelle nous accompagnera dans cette dynamique pour que ces futurs cadres puissent renifler le goût du sourire qui fuit leur visage de jour en jour.

Adama TRAORÉ

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