Entretien avec Mouneïssa Tandina, une artiste qui sait jouer à plusieurs instruments : J'ai joué ce soir avec une guitare offerte par Mangala Camara

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Un talent à l’état brut, plein d’énergie qui tisse sa toile sur la scène internationale. Artiste polyvalente, elle chante et joue à plusieurs instruments. Mounéïssa Tandina, née dans une famille de musiciens, réside actuellement à Ségou.  Son père, rappelons-le, est l’un des plus grands  joueurs d’accordéon au Mali. De passage à Bamako, lors de l’enregistrement de l’émission de télé réalité " Tounkagouna ", elle a bien voulu répondre à chaud aux questions de Bamako Hebdo.

Bamako Hebdo : comment êtes – vous venue dans la musique ?

Mouneïssa Tandina: Je suis née dans une famille d’artistes et je fais la  musique depuis le bas âge. Je joue chez moi à Ségou, où j’ai un petit orchestre. Je n’ai pas encore d’album sur le marché, mais j’ai une maquette fin prête, qui contient douze titres. Seulement, j’ai un de mes clips qui passe sur la chaine de télévision nationale. Je fais de temps en temps des tournées à travers le monde entier. J’ai participé la semaine dernière à un festival au Danemark.

Quel rythme faites – vous?

Je fais plusieurs rythmes comme du  " takamba" avec un mélange de sonrhaï et bambara.  Je joue les rythmes du Nord, de Sikasso, de Ségou etc… J’utilise beaucoup plus les instruments traditionnels dans la composition de mes chansons.

Pourquoi les instruments traditionnels ?

Une manière pour moi de contribuer à la promotion de la musique de chez nous et de mettre en valeur cet héritage. D’ailleurs, je lance un appel à mes sœurs désirant faire carrière dans la musique pour leur demander de s’intéresser aux instruments de chez nous, d’apprendre à jouer à nos instruments car rien ne fait plus plaisir que de voir des femmes manipuler les instruments traditionnels sur scène. C’est d’ailleurs pour cette raison que je joue à presque tous les instruments traditionnels, en plus de le Guitare, la batterie, etc…

Avez-vous fait une école de musique ?

Non, je n’ai jamais été à l’école de musique. je peux dire que c’est un don. Mais le don n’étant rien sans le travail, j’apprends beaucoup aux côtés de mon papa, ses amis et mes frères. Tous les jours qui passent, j’apprends quelque chose.

Vous avez émerveillé les spectateurs présents à l’enregistrement de " Tounkagouna " par votre manière de jouer à la  guitare et à la batterie. Comment êtes-vous devenue aussi polyvalente ?

Il y a bien d’autres instruments auxquels je joue (rires). C’est juste un don et une véritable organisation. Mais, c’est surtout le fruit du travail abattu depuis plusieurs années. Au fil du temps et à force de travailler, on se bonifie. Je crois. C’est une alternance de création car c’est un boulot que je fais au quotidien avec mes parents.

C’est quoi la source de votre motivation ?

Chaque fois que je suis sur scène, je pense à tout ce monde qui me soutient  et qui d’une manière ou d’une autre contribue à ma réussite. J’ai joué ce soir à la guitare pour rendre hommage à un pionnier de la musique malienne qui nous a quittés, Mangala Camara. Ce dernier a été pour moi plus qu’un parrain. Le jour où je suis allée lui rendre visite, nous avons répétés ensemble et lorsque j’interprétais un de mes morceaux dédié à ma feue maman, paix à son âme, j’ai craqué et il m’a parlé en ces termes : "Mounéïssa, tu es une fille qui a de l’avenir dans la musique, il faut que tu y crois car tu as du talent. Cesse de pleurer et mets- toi au travail. Cette guitare, c’est la mienne, mais je te l’offre. Travaille avec ça et un jour tu seras auras récompensée ". Je profite des colonnes de Bamako hebdo pour lui rendre un vibrant hommage et que la terre de nos ancêtres lui soit légère.

Quels sont vos projets futurs ?

Former un groupe d’artistes féminins, capable de jouer des instruments traditionnels.

Le dernier mot ?

Mes remerciements vont à l’endroit de Boncana Maïga dit "Maestro" qui a permis que mon rêve soit désormais réalité, en m’invitant à l’émission Tounkagouna". Comme je l’ai dit tantôt, je voyage beaucoup à travers le monde entier, mais ne pas participer à cette émission aurait été comme un vide en moi. Je remercie également tous ceux qui, de près ou de loin, contribuent à ma réussite.Clarisse NJikam

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