Goundam : Le mort de trop !

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Au moment où, partout au Mali, les Maliens s’échangent de bons vœux au seuil du nouvel an,  les populations de Goundam, elles, enterrent leur mort. Le mort de trop qui, visiblement, ne semble émouvoir ni le président de la République, ni le gouvernement.

Située à 90 km de Tombouctou, la ville de Goundam vient d’enregistrer ses premières victimes de l’année 2016. En effet, le 04 janvier dernier, un véhicule de transport a été attaqué par des hommes armés, circulant à bord d’un véhicule 4×4.

Quittant Goundam pour M’Bouna, localité située à une soixantaine de kilomètres de là, avec à son bord des foirins, le véhicule a été stoppé dans sa course, par des hommes armés sortis de nulle part. C’était entre Bougoumeïra et Hangabéra.

Tous les passagers ont été fouillés, avant d’être dépossédés de leurs biens. Selon nos informations, un marabout qui aurait refusé de se faire dépouiller a été victime d’une balle, tirée à bout portant. Deux autres passagers, qui avait tenté de « résister » ont été blessés.

Ville-martyr, Goundam semble être abandonnée par les autorités maliennes. Pas un seul jour, sans qu’un véhicule ou  la population ne soit victime des narcotrafiquants et  djihadistes de tous poils. Qui ont transformé la ville et ses environs en terrain de jeu.

Exactions, expéditions punitives, vols de bétails, viols de femmes et de jeunes filles, enlèvements de véhicules…… Tel est le quotidien des populations. Pire, sans que les autorités centrales daignent lever le petit doigt.

L’attaque du 04 janvier dernier, qui a enregistré un mort et deux blessés, traduit l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité des populations et de leurs biens. Plus grave, elle n’a fait l’objet d’aucun communiqué de la part du gouvernement. Qui n’a pas daigné manifester sa solidarité avec les populations.

Face à l’insécurité au nord de notre pays,  surtout dans le cercle  de Goundam, les autorités maliennes semblent  s’être endormies, après la signature, le 20 juin 2015, de l’accord de paix et réconciliation nationale avec les groupes armés.

Réveillez-vous ! Comme diraient les Témoins de Jéhovah. Car  dormir,  c’est dormir un peu ; c’est mourir tout court.

Oumar Babi

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