Gouvernement de transition au Mali : Les forces et faiblesses de l’attelage

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Le gouvernement tant attendu pour diriger la transition au Mali a finalement vu le jour le lundi 5 octobre 2020.La liste de 25 membres fait couler beaucoup d’encre et de salive en raison de nouvelles têtes dont beaucoup ne savent rien de leur parcours ni de leur identité. En fait, c’est un gouvernement de novices pour la plupart, mais l’expérience s’acquiert seulement à la tâche. Notre analyse.

Le nouveau gouvernement compte 25 ministres dont 4 femmes (16%). Il aurait fallu au moins 7 femmes (soit 28%) pour s’approcher du quota de 30%. Cela peut passer cependant.

L’attelage comporte des porteurs d’uniformes aux postes clés alors que le fauteuil présentiel est composé également de deux militaires. Nous avons ainsi le Colonel Sadio Camara au ministère de la Défense et des Anciens Combattants (Assimi serait mieux à ce poste qu’à la vice-présidence); le Lieutenant-Colonel Abdoulaye Maïga à l’Administration Territoriale (bien) ; le Colonel Modibo Koné à la Sécurité et la Protection civile (bien) ; le Colonel-major Ismaël Wagué à la réconciliation nationale (il aurait fallu ici une forte personnalité de la société civile).

Ce gouvernement compte d’éminentes personnalités à la place qu’il faut. D’abord Docteur Hamadoun Touré, Ministre de la Communication et de l’économie numérique, ancien Secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications (IUT) qui a fait deux mandats à ce poste, le seul africain à avoir cet honneur. Il a beaucoup contribué au progrès technologique que connait notre pays.

Ensuite Mohamed SiddaDicko, Ministre de la Justice Garde des Sceaux. Lisez tout simplement un extrait de sa lettre de démission du Pôle économique, en 2014, alors Procureur de la République près le Tribunal de Première instance de la Commune III du District de Bamako : « Je préfère perdre mon emploi que de perdre mon âme ». Ainsi s’adressait-il au ministre Mohamed Aly Bathily en rapport au mauvais traitement par ledit ministre du dossier Adama Sangaré, maire du District.

Professeur Amadou Kéita, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Professeur de droit public, ex-Doyen à la Faculté de droit public, ex-Conseiller à la Cour constitutionnelle, Directeur Général démissionnaire de la Nouvelle ENA suite à la publication des résultats dit-on, car les langues se sont déliées pour accuser SoumeylouBoubeyeMaïga alors Premier ministre, mais Amadou Kéita a préféré le silence sur les raisons de sa démission. Homme de principe, il s’est écarté tout simplement de la gabegie.

Que dire de Kadiatou Konaré, Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, la fille de son père Alpha Oumar Konaré et de sa mère Adam Ba ? On peut l’aimer ou non à cause de ses liens, mais on est obligé de reconnaitre qu’elle a grandi et muri sous la bonne pluie. Elle bénéficie des grands atouts en termes de guide et de conseils auprès de ses parents. Et nous la savons humble, courtoise et particulièrement active dans le domaine de la Culture et des Arts, pour l’avoir vue à la pratique particulièrement à Blomba.

Il y a également ceux qui ne manquent pas d’expérience : Zéïni Moulaye Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, connu de tous ; MakanFilyDabo Ministre des Transports et des Infrastructures, qui passe à la tête de son cabinet ministériel après de loyaux services à la Primature sous Modibo Sidibé ; le Ministre de l’Education Nationale Professeur Doulaye Konaté, ancien recteur qu’on ne présente plus ; le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements Harouna Niang, ancien Directeur de cabinet de la Primature sous ZoumanaSako et Secrétaire général du ministère de la Culture sous Fatou Niang et autres ; le Ministre de l’Urbanisme Dionké Diarra plus connu à la tête des Impôts, le Ministre de l’économie et des Finances AlousséniSanou, Directeur financier et comptable de la BNDA au moment de sa nomination.

Ensuite il y a ceux qui sont remarquables par leur combat tels le Ministre du Travail et de la Fonction publique, Porte-parole du Gouvernement l’avocat Maître Harouna Mamadou Toureh, de la Plateforme et le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Mohamed Salia Touré, ancien Président du CNJ et membre du M5-RFP qui fera, nous l’espérons, l’affaire de la jeunesse.

Nous avons aussi des ex-rebelles au Gouvernement, notamment le Ministre de la Jeunesse et des Sports Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA au Mali (à ne pas confondre avec le gueulard Mossa Ag Assarid porte-parole du MNLA en Europe) ; Mahmoud Ould Mohamed, Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (on ne sait pas ce qu’il connait dans ce domaine si ce n’est l’élevage des chameaux). Dans un pays où tout repose d’abord sur l’agriculture, que vient faire là un nomade du désert rompu à l’exil ? Il y a également Alhamdou Ag ILYENE, Ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, pourvu qu’il se prenne pour un Africain qui n’est pas à la solde de la France car les Maliens de l’extérieur ne se laisseront pas faire en ces instants d’éveil des consciences.

Bref, tout n’est pas rose, mais les chevaux sont partis. Bon vent au nouveau gouvernement !

Mamadou DABO

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