Décès de Ba Garan Kouyaté : un baobab s’est couché

4

Il est de grands hommes qui n’ont nul besoin d’une gloire usurpée, qui pourtant ont œuvré leur vie durant pour le bien de notre Patrie. Notre cher oncle Ba Garan Kouyaté qui nous a quittés, était de ceux-ci. Le noble qui oublie la noblesse du griot doit se remettre en question car il oublie devoir sa renommée à celui qui l’accompagne sur le champ de bataille, armé de son seul verbe et courage. Ces griots dont la voix ne tremblait pas aux bruits des armes.

Garan Kouyaté descendant de Djéli Fassékè était un homme de savoir et de sagesse. C’est de ces hommes, comme lui, dont parlait Hampaté Ba lorsqu’il était question de «bibliothèques qui brûlent». L’histoire retiendra que le RDA fut créé à Bamako en octobre 1946. Mais, ceux qui étaient présents, savent que c’est à Ségou, Chez Ba Garan dans la famille de Fama Kouyaté, que Mamadou Konaté, Félix Houphouët-Boigny, Ouezzin Coulibaly, Tiécoura Diawara (père de Mohamed Diawara) et d’autres se sont réunis après les bénédictions de Thierno Mountaga Tall, pour décider de sa création et poursuivre la lutte qui devait conduire à l’indépendance de nos pays.

C’est dans la famille Kouyaté à Ségou, là où sera enterré Garan Kouyaté aujourd’hui, qu’à été planté l’arbre dont le fruit sera l’indépendance de l’Afrique francophone. Oncle Ba Garran Kouyaté qui avait commencé sa carrière comme commis au temps des colonies et devint Inspecteur des finances, n’attribuait que peu d’importance aux opinions dites politiques. Seul, comptait pour lui, le Dambé du Mali. Il avait guidé de ses conseils beaucoup de grands, tenu par la main beaucoup d’entre eux.

Il lui suffisait de dire avec sa voix grave et son sourire légendaire, «Ba Madani…», pour que j’aie envie d’accomplir de grandes choses, pour que me vienne en mémoire le souvenir de mes ancêtres, le sens du devoir, l’amour du Mali, de l’Afrique et de son histoire. Ceux qui connaissent l’histoire intime du Mali savent qu’aujourd’hui, un baobab est tombé. Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un. Dieu veille.

Madani TALL

Commentaires via Facebook :

PARTAGER

4 COMMENTAIRES

Comments are closed.