Bavure policière à Niamakoro : La police abat un conducteur de véhicule «CH»…Le PM aux obsèques de la victime

La famille du défunt policier Cheik Oumar Dembélé tué lors de l’attentat terroriste à la « Terrasse », a reçu jeudi 02 Avril à domicile la visite des responsables du mouvement populaire «Antôrôla».

07 Avr 2015 - 21:08
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_195693" align="alignleft" width="310"]Police Police[/caption] Pour refus d’obtempérer, le malheureux a été pris pour cible par les éléments d’une patrouille composée de policiers et d’éléments de la Garde Nationale. Il a été abattu… A  cause d’une «CH» Les faits sont survenus aux environs des Halles de Bamako, dans la nuit vendredi dernier au quartier Niamakoro. Les éléments de la patrouille en question ont interpellé un conducteur de véhicule communément appelés «CH» pour désigner le numéro du châssis. Pris de panique, le chauffeur répondant au nom de Mohamed Alassane Cissé, faisant office de Gérant d’une boulangerie à Titibougou, a tenté de fuir et les policiers ont alors ouvert le feu. Mortellement atteint par les balles, il a été conduit à « l’Hôpital du Mali » à travers ses bourreaux eux-mêmes qui ont appelé le service des sapeurs-pompiers. Il avait malheureusement perdu trop de sang. Mais avant de succomber des suites de ses blessures, il a confié à son médecin traitant, M. Bagayoko, qu’il avait entamé la procédure  de dédouanement de son véhicule ; restait juste pour lui de payer les droits économiques. Rappelons qu’il était domicilié à Djandjiguila où a lieu l’enterrement en présence du Premier Ministre et de certains membres du gouvernement et des représentants de tous les corps auxquels il a été ordonné de prendre part à la cérémonie funèbre, question d’apaiser la tension et de se dédouaner.  Mais piètre consolation ! La victime venait de se marier il y a juste trois mois. L’on peut imaginer l’état actuel de la nouvelle mariée.   Une bavure policière de trop! L’on ne peut que regretter ce geste de la police.  Le refus d’obtempérer reste, après tout, une infraction de police punie par le paiement d’une amande assortie éventuellement d’un emprisonnement de quelques jours. Mais cette nuit, elle a été muée en peine de mort décidée et exécutée par une police malienne aux abois à cause de l’incurie de sa hiérarchie. Vouloir justifier le tir par l’insécurité du moment serait une grave insulte à la victime en particulier et aux maliens en général. Et pour cause. On ne tire pas sur le premier suspect trouvé sur son chemin, à moins qu’un état d’urgence ou de siège soit préalablement décrété. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. L’on peut cependant comprendre que les éléments des patrouilles en général, sont mal préparés à la situation qui prévaut en ce moment, subissent une forte pression  et par conséquent, se montrent très nerveux. Pour sa part, le gouvernement malien a été très mal inspiré en ouvrant ainsi la chasse aux véhicules «CH». Pareille décision par surcroît injuste dans certains cas et impopulaire à tout point de vue, devrait être soigneusement préparée au regard des aléas du moment. Les raisons ? C’est bien le gouvernement qui a autorisé la délivrance de la carte grise provisoire permettant aux usagers de circuler avec les «CH». Ce, en vue de parer à la lenteur des procédures. Par ailleurs, il existe un contentieux non encore vidé entre l’Etat du Mali et le concessionnaire « Mali-plaques » (société Yatassaye), toute chose qui impacte négativement sur la production des plaques minéralogiques. Aussi, le président IBK, dans une de ses sorties lyriques, a décidé d’interdire l’utilisation des véhicules de l’Etat en dehors des heures de service. Alors, désormais limités dans leurs moyens de déplacement, les cadres de l’administration publique se sont rués sur les véhicules «CH» en entendant de les régulariser. Et voilà que le même Etat décide d’intervenir là aussi. En somme, la pression s’exerce autant sur les éléments des patrouilles, que sur les usagers. Mais pour autant, l’interdiction des «CH» a-t-il permis de minimiser l’insécurité en général ? Loin s’en faut ! L’opération a juste augmenté le nombre « d’aigris » et de mécontents et exacerber du coup la tension sociale suscitée par d’autres décisions ou phénomènes  autant impopulaires comme la hausse des prix du pétrole nonobstant la baisse intervenue au plan mondial; la corruption et l’impunité, l’injustice, le clientélisme et le paternalisme dans la gestion des affaires publiques, bref la mauvaise gouvernance. Ce mécontentement général risque bien de desservir les pouvoirs publics dans la mesure où le citoyen malien a aujourd’hui tendance à se recroqueviller sur lui-même et jouer à la Ponce-Pilate, autrement dit, à s’en laver les mains. C’est le pire des désaveux d’un peuple à son gouvernant. Et c’est la pression, pour le moins excessive exercée sur les masses qui est bien à l’origine de cette attitude. Et elle risque de faire basculer certains de l’autre côté du mur. Il faudra donc faire attention. Nous sommes bel et bien au bord de la        rupture. D’ores et déjà et à la suite de cette bavure policière du week-end dernier à Niamakoro, certains ont vite fait d’établir  un parallèle avec la situation à Gao, en ces termes : «Nos ennemis nous tirent dessus à Gao… Nos autorités nous tirent dessus à Bamako. A se demander alors  qui sont nos vrais amis». Une caricature simpliste peut-être, mais plein de sens.  En clair, elle est perçue sous ce prisme : non seulement l’Etat malien se montre incapable à protéger ses citoyens, il les prend en outre pour cibles ! C’est vraiment le comble. Il est vraiment temps d’arrêter le mépris à l’adresse de ses propres citoyens.   B.S. Diarra       OPÉRATION «CH»

Entre gâchis et arnaque

 Outre la bavure policière survenue à Niamakoro le week-end dernier, l’opération dite «CH» s’est désormais muée en une opération de gâchis et surtout d’arnaque de la part des policiers.   D’abord le gâchis. Les véhicules immobilisés dans la Cour du CCR ou compagnie de la Circulation Routière, le sont dans un état déplorable. Sous l’effet de la forte chaleur, des  vitres se sont déjà émiettés et des pneumatiques désormais hors d’usage. La cour en question, a désormais tendance, à se transformer en cimetière de voitures. A cela, s’ajoutent dorénavant, la corruption et l’arnaque.  Les engins CH interceptés sont conduits dans la Cour du CCR et géré par le personnel des lieux. Mais le saviez-vous ? Certains sont remis à leurs propriétaires dès le lendemain moyennant paiement d’un montant compris entre 50 et 200 mille francs CFA. Mais bien entendu, le véhicule est rendu avec une vraie fausse plaque permettant à son propriétaire de le conduire jusqu’à domicile sans être inquiété. Les membres de la mafia prennent soin cependant de le faire suivre par un motocycliste à qui il remettra la plaque une fois à domicile. Et le tour est joué. En clair, les propriétaires des véhicules possédant une carte grise provisoire et endommagés au niveau de la Compagnie de la Circulation routière, ont la possibilité de poursuivre l’Etat malien pour la simple raison que la décision d’interdiction de circuler avec les «CH» est illégale ce, dans la mesure où ce sont les mêmes pouvoirs publics qui ont autorisé les cartes grises provisoires. B.S    

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Commentaires (107)

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tienimango
tienimango 12 ans
Tout les flics du mali sont des vaux rien comme blanche neige ..
Mali-Chez Nous
Mali-Chez Nous 12 ans
La victime, que son âme repose en paix ! Si les choses se sont déroulées telles que décrites par la presse malienne, je pense qu'il n'y a pas lieu d'accuser la police. C'est peut-être dommage de le dire ainsi, mais c'est vrai. Notre pays est à deux doigts de chavirer dans la vague du terrorisme et, dans une telle situation, le refus d'obtempérer jette un soupçon logique sur l'individu, d'autant plus que le gouvernement a donné suffisamment d'informations sur les nouvelles mesures de sécurité prises à la suite de l'attentat de la Terrasse.
sankingba
sankingba 12 ans
Kouma bana péou!!!!. Vous avez tout dit @Mali-Chez Nous. Certains aigris ne semblent pas se mettre à l'évidence et veulent nous drainer vers un Etat identique à celui laissé par Amadou Trop Truqueur (ATT). Pour un Etat LEGALISTE mais FORT. VIVE LA REÜBLIQUE
ousmane
ousmane 12 ans
Police :a reformer, Conducteur :a eduquer CH : quel faux probleme, PM : si fait autre chose que gouverner est = a un pistolet mitrailleur, Victime du pm, Obseque du Mali a petit feu.
ousmane
ousmane 12 ans
La realite est qu'au Mali nous sommes Django au sud et Usein Bolt au nord,quelque soit la legislation.
sankingba
sankingba 12 ans
Tout comportement reglementaire d'un agent dans l'exercice de ses fonction doit s'inspirer d'une source de droit (la légalité). Les institutionnalistes ont compatimenter le code Dalloz. La 3ème partie traitant des appendices rappellent les textes reglementaires dont celui du Décret du 20 mai 1903 modifié au gré du temps et dont les grands principes donnent la direction de l'exécution du service et fait reference au Code déonthologique de l'agent de la force publique. La fonction de policier comporte des devoirs et implique des risques et des sujétions qui méritent le respect et la considération de tous. La loi ne traitera pas spécifiquement l'attitude du soldat sur le champ de bataille. Le Reglement de Service dans l'Armée par contre en traitera des détails. L'enseignement et l'application des directives militaires sont du devoir de la hierarchie. Si à l'Etat actuel du Mali, certains citoyens estiment la disproportionnalité entre le comportement d'un conducteur qui refuse de se soumettre au contrôle de Police et la reaction des agents, c'est mettre le cause la Republique elle même. l'article R. 434-18 du Code Dalloz en ce qui concerne l'Emploi de la force met l'accent surtout sur la proportionnalité du but à atteindre ou à la gravité de la menace. Dans la philosophie de gouverner, il faut admettre trois concepts. 1 L'Etat fort face au citoyen d'où la dictature de l'Etat 2 La puissance du peuple face à l'Etat d'où l'anarchie 3 La conciliation entre les deux premiers. Cela ne va jamais sans problème car dans la notion de "Force doit rester à la Loi", il faut y voir une bonne dose de dictature de l'Etat sur les citoyens qui n'ont pas toujours accès au journal officiel de la République. Lorsque l'Etat est menacé dans son existence, il doit user de son pouvoir regalien au prix souvent de tomber dans la dictature. C'est cela la Republique.
Rebel 12 ans
Hey Monsieur, il faut arrêter de pomper l'air inutilement. Dalloz n'est ni une bible du droit, ni un coran de procédure pénale en République du Mali. Ce n'est qu'un document français qui ne concerne que la France (comme il en existe autant ailleurs), et même s'il inspire souvent les ex-colonies de celle-ci dans leur codification... Si vous voulez vous amusez à citer des références, tachez au moins à en trouver dans le corpus législatif local pour qu'elles concernent le Mali et donner un minimum de sens à vos élucubrations. --- Pensées rebelles.
sankingba
sankingba 12 ans
Dis moi que le code napoléonnien de 1804 n'est pas en vigueur dans ton Maliba. Tous les principes d'action de l'armée, la police, la gendarmerie, la garde nationale, etc... sont regis par des textes d'origine. En ne maitrisant pas le fondement de ces textes, nous avons des difficultés d'orientation du service. Ce n'est qu'en 1979 qu'a été édité le Reglement du Service dans l'Armée Malienne. Et avant l'armée a existé et a exercé suivant quel texte reglementaire? Que des incultes prennent du plaisir à écrire du n'importe quoi, c'est regretable. Des armes comme la gendarmerie sont des armes de tradition qui s'appuie sur les textes d'origine pour son focntionnement. Depuis lapromulgation de la Loi 95-042 portant code de Justice Mlilitaire, où est ce qu'on en est pour la création et le fonctionnement des tribunaux militaires. Pour combler les insuffisances legislatifs et reglementaires, ce n'est pas le Coran ou la Bible en "tifina de rebelle" qui vont inspirer ton armée.. Si votre ordinateur est à l'envers, il faut le remettre à l'endroit pour mieux lire les autres. VIVE LA REPUBLIQUE
sankingba
sankingba 12 ans
VIVE LA REPUBLIQUE
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