Cabinet du chef de file de l’opposition: Soumaïla Cissé attend toujours…

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Soumaïla Cissé, le 9 août 2013, à Bamako
Soumaïla Cissé, le 9 août 2013, à Bamako © Émilie Régnier/J.A.

Le gouvernement de Modibo Kéïta défie-t-il Ibrahim Boubacar Kéïta en refusant ouvertement d’exécuter une promesse de campagne du président, pourtant honorée par l’Assemblée nationale ? Il s’agit de la loi portant Statut de l’opposition, adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée par le président de la République. Celui-ci a aussi signé le décret nommant, comme chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, désigné par son parti l’Urd. Mais, depuis plus de 6 mois maintenant (10 juin 2015-14 décembre 2015), le décret fixant la composition du cabinet du chef de file de l’opposition et les avantages liés à la fonction est attendu. Le gouvernement a opté purement et simplement de ne pas adopter ce texte. De quoi le Premier ministre a-t-il peur ? Modibo Kéïta a-t-il décidé de tutoyer IBK ? Les deux sont-ils de mèche ? Pourquoi Soumaïla Cissé fait-il si peur au régime? Autant d’interrogations qui taraudent aujourd’hui l’esprit des Maliens. A juste raison !

Rappel utile : lors de la campagne présidentielle de 2013, chacun des candidats Ibrahim Boubacar Kéita et Soumaïla Cissé s’est engagé, une fois élu, à doter l’opposition malienne d’un véritable statut lui permettant d’assurer pleinement et dignement son rôle. Au 2è tour, IBK est élu face à son challenger Cissé, avec plus de 77%.

Pour une fois, le président élu tient sa promesse de campagne. Parce que six mois seulement après son investiture, il engage le processus qui mène à l’adoption de cette loi. En moins de dix mois, on est passé de la phase de consultation à l’adoption de la loi, jusqu’à la prise du décret de nomination.

En effet, après l’installation du bureau de l’Assemblée en janvier 2014,  une délégation des partis de l’opposition parlementaire (Urd, Parena, Prvm-Fasoko) est reçue, en mars 2014, par le Premier ministre de l’époque, Oumar Tatam Ly. Celui-ci suggère à ses interlocuteurs de lui faire parvenir des propositions d’amélioration de la loi n° 00-047 du 13 juillet 2000 portant Statut de l’opposition qui abrogeait et remplaçait la loi n° 95-073 du 15 septembre 1995.

Ce souci du Premier ministre est motivé par le fait que l’application de la loi n° 00-047 a révélé assez d’insuffisances qu’il fallait corriger.

Quelques jours plus tard, Tatam Ly reçoit les propositions de l’opposition, mais il démissionne du gouvernement peu de temps après.

Nommé le 04 avril, le nouveau Premier ministre, Moussa Mara reçoit sur son bureau, le même mois, les mêmes propositions venant de l’opposition.

Le 13 août 2014, le conseil des ministres adopte le projet de loi sur le Statut de l’opposition. Celui-ci estadopté par l’Assemblée nationale le 19 février 2015.

La loi a été votée par 140 voix pour et 6 voix contre, et, par la suite, promulguée par le président de la République le 4 mars 2015 sous le n° 2015-007.

Le 28 mars 2015, le président de l’Urd, l’honorable Soumaïla Cissé (élu à Niafunké dès le 1er tour) est désigné chef de file de l’opposition par son parti ayant le plus grand nombre d’élus (17) à l’Assemblée nationale parmi les partis de l’opposition.

Le 10 juin 2015, le président de la République le nomme officiellement comme tel, honorant du coup pleinement son engagement.

Un fameux décret…

Ce décret de nomination du président est le premier des deux décrets édictés dans la loi sur le Statut de l’opposition pour la prise de fonction effective du chef de file.

Le deuxième décret est celui fixant la composition du cabinet de l’opposition et ses avantages, ainsi que ceux des membres de son cabinet. C’est un décret pris en conseil des ministres, donc par le gouvernement. Et, c’est ce fameux décret qui est attendu depuis le 17 juin 2015 au fil des conseils de ministres.

A plusieurs reprises, l’opposition a attiré l’attention du Premier ministre et du président de la République sur la question.

Pourquoi, le gouvernement tarde-t-il à prendre des textes d’application d’une loi dûment votée par l’Assemblée nationale et promulguée par le président de la République ? Est-ce une défiance à la volonté politique du chef de l’Etat ? Parce que, faut-il le rappeler, la loi sur le Statut de l’opposition assortie de la nomination d’un chef de file de l’opposition, n’est pas une demande de l’opposition, mais une promesse de campagne électorale du président IBK. A quoi bon traverser un fleuve et rester à une encablure de la berge ? peut-on s’interroger pour imager le processus de l’adoption de cette loi portant Statut de l’opposition.

Le régime craint-il que l’opposition n’ait une plus grande force de nuisance avec les moyens qui seront mis à la disposition du chef de file ? Voudrait-il que l’opposition s’agenouille pour « quémander » ce décret ou envoyer des émissaires comme les religieux pour intervenir ? Elle ne le fera certainement pas, même si ce décret ne sera jamais pris.

En attendant, rappelons que le chef de l’opposition politique a de nombreux avantages. En effet, le chef de l’opposition politique est assimilé au Premier vice-président de l’Assemblée nationale. Il a un cabinet dont la composition, les modalités d’organisation, de fonctionnement et les avantages sont ceux du cabinet du Premier vice-président de l’Assemblée nationale. Les crédits nécessaires à la prise en charge du chef de l’opposition politique et de son cabinet sont inscrits au budget d’Etat.

Le Président de la République ou le Premier ministre peut consulter le chef de l’opposition sur des questions d’intérêt national ou de politique étrangère.

A sa demande,  le chef de l’Opposition politique peut être reçu en audience par le président de la République ou le Premier ministre sur des questions d’intérêt national. Des missions peuvent lui être confiées.

 

Sékou Tamboura

 

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7 COMMENTAIRES

  1. Merci monsieur Casius Clay Le Guide, votre intervention est très pertinente et pleine de responsabilité. Vous avez par ce commentaire touché au grand problème de notre société actuelle. Souvent il arrive pour nous de remettre en cause le patriotisme réel de certains maliens. Oui nous doutons beaucoup de l’amour qu’éprouve des individus envers notre pays. Aujourd’hui comme l’a dit Le Guide, le peuple malien, au delà des querelles politiques et des propos partisans, aspirent à la paix, à l’union et à la stabilité de son pays. La situation s’est tellement détériorée qu’il faut impérativement une union autour des valeurs de la république sinon notre pays risque de disparaitre définitivement. L’heure n’est plus de savoir qui a fait quoi ? Mais qui peut faire quoi au service du Mali et des maliens. Le hic c’est que des journalistes profitent de cette situation dramatique pour essayer de mettre nos hommes politiques en confrontation. Soumaila est un opposant au régime d’IBK, mais pour le Mali il est prêt à mettre cela de coté au profit de l’intérêt de tous les maliens. De ce fait, nous devons surtout éviter de tomber dans ce genre de piège des journalistes. Nous avons une opposition responsable prête à aider le gouvernement pour la sauvegarde de l’intérêt général du peuple malien. Il suffit juste que le président IBK ait l’initiative de les faire appel. Tiébilé et les autres disponible ont massivement répondu à la convocation de Boulkassoum Haidara dans le cadre d’une rencontre d’échange. Cela débute très bien et nous souhaitons vivement que cela soit une continuité. Dieu bénisse le Mali et protège notre peuple.

  2. Mon cher qui insulte Soumaila,

    Le Mali se trouve actuellement à un niveau qui ne demande vraiment pas ce genre de commentaire sur des figures comme Soumaila. Nous avons tous des passés, il n'y a aucun homme politique parfait sur cette terre voir même un être humain. La preuve, celui que les maliens pensaient tendre vers cette perfection "blanc comme neige" est entrain de devenir le "Pire" des dirigeants que notre Mali n'a jamais connu.
    Nous avons besoin aujourd'hui d'unir les cœurs et les esprits des maliens. Si le but de Soumaila était d'avoir ce décret ainsi que ses avantages, il se fera entendre lui et toute l'opposition à chaque occasion devant les médias. Mais aucun parti de l'opposition, aucun opposant de manière individuel n'a exigé au président IBK l'accès aux avantages de cette fonction si bien que cela soit pour eux un droit et pour IBK un devoir.
    Soumaila mérite tout le respect du monde. Avant et quelques moments après l'élection présidentielle, certains ont pensés que le problème du Mali pouvait être Soumaila. Aucun critique objectif. Raison pour laquelle nous accusons sans cesse la médiocrité de notre éducation dont l'un des fautifs est le président actuel. Aujourd'hui, à travers sa démarche républicaine, responsable, il dirige une opposition sans violence verbale ni physique, sans moyen de l'Etat et le plus étonnant est qu'il le fait tellement bien contrairement aux oppositions précédentes que l'on croirait qu'il a tous les moyens financier à sa disposition.
    Il s'est montré et se montre toujours solidaire lorsqu'il s'agit de question d'intérêt national, c'est ça la grandeur de l'homme.
    Alors sachons raison garder, arrêtons de mettre de l'huile sur le feu, prônons surtout l'union de toutes les forces vives de la nation afin de sauver notre cher Mali de la catastrophe.

    Le Guide.

  3. Merci cher Casius Clay Le Guide, le problème de notre société c’est vraiment cela. Vous avez tout dit. Souvent l’on se demande si vraiment le malien aime le Mali. Comment comprendre que le pays se trouve dans une situation aussi dégradante et que certains se permettent de mettre en confrontation les hommes politiques.
    Soumaila n’a rien demandé, l’opposition n’on plus, c’est juste des journalistes qui souhaitent créer le buzz qui font ce genre de chose.
    Donc évitons de tomber dans ce genre de piège. Soumaila souhaite l’union des forces de la nation autour de notre Forces Armées et de Sécurité afin de sauver les maliens des attaques djihadistes. Il est prêt à collaborer à cet effet. Il faut juste que le président IBK prenne l’initiative de les faire appel et nous en sommes sur qu’ils répondront tous à l’appel avec la dernière des énergies. La preuve est que Tiébilé s’est montré déjà engagé pour une concertation nationale car la crise qui sévit dans le pays atteint aujourd’hui un seuil extrêmement inquiétant. Dieu sauve le Mali.

  4. Mon cher qui insulte Soumaila,

    Le Mali se trouve actuellement à un niveau qui ne demande vraiment pas ce genre de commentaire sur des figures comme Soumaila. Nous avons tous des passés, il n'y a aucun homme politique parfait sur cette terre voir même un être humain. La preuve, celui que les maliens pensaient tendre vers cette perfection "blanc comme neige" est entrain de devenir le "Pire" des dirigeants que notre Mali n'a jamais connu.
    Nous avons besoin aujourd'hui d'unir les cœurs et les esprits des maliens. Si le but de Soumaila était d'avoir ce décret ainsi que ses avantages, il se fera entendre lui et toute l'opposition à chaque occasion devant les médias. Mais aucun parti de l'opposition, aucun opposant de manière individuel n'a exigé au président IBK l'accès aux avantages de cette fonction si bien que cela soit pour eux un droit et pour IBK un devoir.
    Soumaila mérite tout le respect du monde. Avant et quelques moments après l'élection présidentielle, certains ont pensés que le problème du Mali pouvait être Soumaila. Aucun critique objectif. Raison pour laquelle nous accusons sans cesse la médiocrité de notre éducation dont l'un des fautifs est le président actuel. Aujourd'hui, à travers sa démarche républicaine, responsable, il dirige une opposition sans violence verbale ni physique, sans moyen de l'Etat et le plus étonnant est qu'il le fait tellement bien contrairement aux oppositions précédentes que l'on croirait qu'il a tous les moyens financier à sa disposition.
    Il s'est montré et se montre toujours solidaire lorsqu'il s'agit de question d'intérêt national, c'est ça la grandeur de l'homme.
    Alors sachons raison garder, arrêtons de mettre de l'huile sur le feu, prônons surtout l'union de toutes les forces vives de la nation afin de sauver notre cher Mali de la catastrophe.

    Le Guide.

  5. Mon cher qui insulte Soumaila,

    Le Mali se trouve actuellement à un niveau qui ne demande vraiment pas ce genre de commentaire sur des figures comme Soumaila. Nous avons tous des passés, il n’y a aucun homme politique parfait sur cette terre voir même un être humain. La preuve, celui que les maliens pensaient tendre vers cette perfection “blanc comme neige” est entrain de devenir le “Pire” des dirigeants que notre Mali n’a jamais connu.
    Nous avons besoin aujourd’hui d’unir les cœurs et les esprits des maliens. Si le but de Soumaila était d’avoir ce décret ainsi que ses avantages, il se fera entendre lui et toute l’opposition à chaque occasion devant les médias. Mais aucun parti de l’opposition, aucun opposant de manière individuel n’a exigé au président IBK l’accès aux avantages de cette fonction si bien que cela soit pour eux un droit et pour IBK un devoir.
    Soumaila mérite tout le respect du monde. Avant et quelques moments après l’élection présidentielle, certains ont pensés que le problème du Mali pouvait être Soumaila. Aucun critique objectif. Raison pour laquelle nous accusons sans cesse la médiocrité de notre éducation dont l’un des fautifs est le président actuel. Aujourd’hui, à travers sa démarche républicaine, responsable, il dirige une opposition sans violence verbale ni physique, sans moyen de l’Etat et le plus étonnant est qu’il le fait tellement bien contrairement aux oppositions précédentes que l’on croirait qu’il a tous les moyens financier à sa disposition.
    Il s’est montré et se montre toujours solidaire lorsqu’il s’agit de question d’intérêt national, c’est ça la grandeur de l’homme.
    Alors sachons raison garder, arrêtons de mettre de l’huile sur le feu, prônons surtout l’union de toutes les forces vives de la nation afin de sauver notre cher Mali de la catastrophe.

    Le Guide.

  6. Si le peuple a faim , que l’on soit de l’opposition ou de la majorité , personne ne pourrait se flatter dans cette situation .Merci

  7. DEPUIS QUAND, ON DONNE DE L’ARGENT A UN CHEF DE L’OPPOSITION ?
    L’ETAT FINANCE DÉJÀ LES PARTIS POLITIQUES, CELA SUFFIT LARGEMENT.

    LE PEUPLE MALIEN A SOIF DE MANGER, A SOIF DE SANTE, MEURT DE PAUVRETÉ.

    ET NOS PAUVRES “JOURNALEUX” SE LAMENTENT SUR LES SUBVENTIONS DU CHEF DE L’OPPOSITION.

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