Chronique du Mali : La Guinée comme le Mali : même combat !

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Un peuple éternel dindon de la farce, face à une classe politique qui joue à tirer son marron du feu, et des forces militaires qui tirent leur force de l’inconséquence des politiques. C’est l’échec non pas de la démocratie, qui n’a jamais été une réalité sous nos cieux (achat de conscience, fraude électorale massive, népotisme et esprit partisan dans l’administration), mais de ces acteurs politiques qui peinent à donner la priorité à l’intérêt général et à reléguer au second plan, les sordides intérêts personnels et/ou partisans. C’est toute l’essence des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest, particulièrement au Mali et en Guinée (actualité oblige).

La démocratie est-elle dans la tête ou dans le ventre ? Cette question demeure encore, trois décennies après la révolte généralisée contre les dictatures de partis uniques jugés iniques et cyniques dans bon nombre de nos pays en Afrique de l’Ouest. C’est parce que ces pouvoirs ne se montraient pas suffisamment attentionnés face à la misère du plus grand nombre (pauvreté avilissante, inégalité devant la loi, l’éducation et la justice, taxes exorbitantes) que les masses d’étudiants, de fonctionnaires, de travailleurs, de juges, de magistrats, de jeunes diplômés et de ménagères, ont formé une masse compacte à laquelle n’ont pu résister les pouvoirs en place.

Quand en 1991, les idées politiques se transformant en forces matérielles, poussant les masses populaires dans les rues pour affronter, mains nues, les forces de l’ordre armées (BRDM et autres matériels militaires), c’était pour répondre à des exigences démocratiques. Celles-ci rimaient avec liberté publique ; alternance à travers des élections transparentes et crédibles ; liberté d’entreprendre dans un contexte économique dénué de tout clientélisme, de népotisme et d’esprit partisan dans l’administration publique. Exigences démocratiques étaient également synonymes de gestion saine de l’économie et des finances publiques, autrement dit, « bonne gouvernance ».

La démocratie de façade qu’il nous a été donnée de voir, nous offre des élus qui tirent leur légitimité de l’achat de conscience, de la fraude électorale, du clientélisme dans l’administration, et dans les institutions aussi prestigieuses que la cour constitutionnelle. Des postes de nomination sont pourvus suivant d’obscures considérations partisanes au détriment des compétences avérées. Les effectifs réels des fonctionnaires, des forces de l’ordre et de sécurité (FDS), des étudiants, jamais avérés en l’absence d’une digitalisation de l’administration, sont sujets à la fiction, ouvrant la voie au soupçon d’un vaste détournement de fonds publics destinés aux salaires, aux bourses d’étudiants et aux salaires, prime générale d’alimentation (PGA) et prime générale d’alimentation spéciale des militaires de rang. Les examens semestriels des facultés d’Université, les concours d’entrée à la fonction publique, à la magistrature, la police, la gendarmerie et l’armée, ne sont pas exempts de soupçons de paiement de caution à la réussite et de distribution de quotas. Toutes choses évoluant aux antipodes de la démocratie et la bonne gouvernance. En définitive, nos gouvernants ne gouvernent pas, si tant est que gouverner, c’est prévoir et conduire à la croissance et sa bonne redistribution en préservant l’intérêt général. C’est le laisser-aller généralisé et le chaos dans tous les domaines. Nous vivons à présent, en Guinée de Sékou Touré, au Mali de Modibo Kéita, au Burkina Faso de Thomas Sankara et au Niger de Hamani Diori, les conséquences de cette marche en marge de la démocratie : la faillite de nos Etats. Cette faillite de l’Etat se caractérise par la mal gouvernance, qui a entrainé une flambée de la corruption et de l’enrichissement illicite ; mère de l’insécurité rampante, la pauvreté et la misère des populations, l’état désastreux des hôpitaux, des écoles, grandes écoles et universités ; mieux, la mise dos à dos de nos compatriotes. Ainsi, la faillite de nos Etats doit-elle être imputable uniquement à l’assassinat de Mouammar Kadhafi et la chute de la Libye en 2011 ? La mal gouvernance tous azimuts dans nos Etats n’est-elle pas un terreau fertile pour l’étalage de l’insécurité, du terrorisme et la persistance de la faiblesse de nos Etats qui peinent à se relever ? Trente ans après l’avènement de la démocratie, la demande sociale est toujours forte : sécurité, électricité, eau potable, santé, l’éducation, l’accès à l’administration, aux fonctions électives et nominatives. L’armée n’est certes pas le corps social approprié en démocratie pour apporter les changements appropriés. Mais le fait est la peine des acteurs dédiés à asseoir cette démocratie, dont on peut toujours s’interroger si elle est dans la tête (imaginaire) ou dans le ventre (réponse aux attentes réelles pour le bien être de tous). Plongé dans l’univers de l’anti-démocratie, nos Etats laissent toujours une place à l’intervention militaire. Entre la bonne gouvernance démocratique et les coups d’Etat, qu’est-ce qui nous coûtent plus cher ?

B. Daou

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3 COMMENTAIRES

  1. LES FRANCAIS VEULENT REPRENDRE LA MAIN J ESPERE QUE LE GARS AURA LES COUILLE DE DIRE NIET

    Après la décision prise par le groupe accord hôtels de se désengager de ses parts de participation dans la gestion du GHI Novotel, l’État guinéen entend reprendre les choses en main dans la gestion du grand hôtel de l’indépendance. Un hôtel 3 étoiles et de surcroit l’un des tout premiers hôtels de haut standing en Guinée. Cette annonce pour le contrôle du GHI a été faite ce mercredi 28 décembre 2016, par le ministre guinéen du tourisme et de l’hôtellerie Thierno Ousmane Diallo, en marge d’un point de presse sur la situation du tourisme.

    Le cadre d’investissement lie le groupe hôtelier français Accord et l’État guinéen à hauteur de 45 % chacun et la société financière internationale (SFI) à hauteur de 10 %. L’État guinéen envisage donc de reprendre la participation d’Accord Hôtels dans la gestion du GHI.

    Il faut noter que le GHI Novotel a beaucoup perdu de son prestige d’antan et dans le contexte de l’explosion exponentielle du secteur de l’industrie hôtelière de haut standing en Guinée, le besoin de se restructurer est plus que jamais nécessaire pour face à la concurrence.

  2. La démocratie est un PROCESSUS.
    On la compare à l’évolution d’un nouveau né jusqu’à la maturité.
    Il tombe régulièrement avant de se mettre debout.
    Il fait des erreurs,des fautes qui lui permettent d’être prêts à affronter les duretés de la vie.
    Ainsi la MATURITÉ S’INSTALLE.
    LES DÉMOCRATIES AFRICAINES SONT STADE DU BÉBÉ.
    On arrive pas à nous mettre debout.
    On ne fait que tomber.
    COMMENT FAIRE POUR SE METTRE DEBOUT?
    Toute démocratie est encadrée par une LOI FONDAMENTALE.
    Elle oriente nécessairement les PRATIQUES POLITIQUES.
    Ce qui signifie que la qualité des hommes politiques est liée à celle de la LOI FONDAMENTALE.
    NOUS AVONS LES HOMMES POLITIQUES QUE NOUS AVONS CRÉÉ PAR LA QUALITÉ DE LA LOI FONDAMENTALE INSTALLÉE DE FAÇON CONSENSUELLE EN 1992.
    “…la mal gouvernance,qui a entraîné une flambée de la corruption et de l’enrichissement illicite;mère de l’insécurité rampante,la pauvreté et la misère des populations,l’état désastreux des hôpitaux,des écoles,grandes écoles et universités;mieux la mise dos à dos de nos compatriotes”sont la marque de la qualité de notre LOI FONDAMENTALE
    C’est inintelligent de s’en prendre aux HOMMES POLITIQUES.
    C’est comme s’en prendre aux CADRES chargés du fonctionnement de l’administration publique alors que la qualité de leurs formations est désastreuse.
    Autant on améliore la qualité de la formation pour produire de bons cadres autant on améliore le cadre d’exercice de la PRATIQUE POLITIQUE pour produire des HOMMES POLITIQUES de qualité.
    Faut il même appeler HOMME POLITIQUE ceux qui animent actuellement la scène politique malienne?
    LHOMME POLITIQUE EST CELUI QUI PRODUIT DES IDÉES,LES PROPOSE À LA POPULATION AFIN QU’ELLES SOIENT VALIDÉES PAR UNE MAJORITÉ DES ÉLECTEURS PERMETTANT DE LES METTRE EN OEUVRE PENDANT L’EXERCICE DU POUVOIR.
    C’est le nombre qui détermine la qualité d’une scène politique.
    LHOMME POLITIQUE ainsi défini est très rare sur la scène politique malienne.
    C’est le résultat de la qualité de notre LOI FONDAMENTALE.
    ELLE A PRODUIT DES BRIGANDS APPELÉS ABUSIVEMENT HOMME POLITIQUE.
    Il en est ainsi dans tous les pays francophones qui ont copié la LOI FONDAMENTALE de la France.
    Des hommes politiques(des brigands) milliardaires en connexion avec les fonctionnaires milliardaires pullulent dans nos pays.
    On achète les électeurs au lieu de les convaincre par la qualité des idées produites.
    Les partis politiques n’ont plus besoin de créer l’école du parti pour former des futurs hommes politiques.
    Il suffit d’un passage dans le gouvernement pour s’autoproclamer HOMME POLITIQUE de haut standing,surtout si c’est le ministre des finances.
    UN HOMME POLITIQUE MAJEUR EST CELUI QUI S’IMPOSE ÉLECTORALEMENT DANS UNE LOCALITÉ DU PAYS.
    Sa seule présence dans le gouvernement le légitime du fait de sa légitimité locale.
    Un bon gouvernement est celui qui est composé par des hommes politiques appréciés dans leurs localités,non par des intellectuels de qualité.
    Notre LOI FONDAMENTALE aurait privilégié le pouvoir parlementaire en 1992,on n’aurait certainement pas connu trop d’hommes politiques cooptés par le prince du jour,surtout un certain IBRAHIM BOUBACAR KEITA.
    Certains auraient une autre dimension politique que celle qu’ils ont connu c’est à dire un cran en dessous des IBK et feu SOUMAILA CISSÉ.
    Il s’agit de MONTAGA TALL,OUMAR MARIKO,KONIMBA SIDIBE,KASOUM TAPO…et récemment MOUSSA MARA et d’autres jeunes qui s’implantent dans leurs localités.
    Des cadres qui se sont imposés plus d’une foi dans leurs localités respectives et aussi par la qualité des IDÉES FORTES.
    Ils sont minimisés et insultés par des BRIGANDS du fait de la qualité de notre LOI FONDAMENTALE.
    On organise les élections sans une nouvelle LOI FONDAMENTALE,les brigands qu’on appelle abusivement HOMME POLITIQUE vont continuer à dominer la scène politique.
    À force d’attaquer les HOMMES POLITIQUES,on met tout le monde dans le même bateau.
    Il faut plutôt attaquer la qualité de notre LOI FONDAMENTALE pour dissocier les HOMMES POLITIQUES des BRIGANDS.
    Nier l’influence de la crise libyenne sur l’insécurité au Mali depuis 2012,c’est contester l’évidence.
    On n’a pas pu y faire face de part la faiblesse de notre ÉTAT ne doit pas signifier que “la faillite de nos États est imputable uniquement à l’assassinat de mahamar kadhaffi et la chute de la libye en 2011”
    On a profité de la crise libyenne pour attaquer un État qu’on savait corrompu,donc facilement infiltrable pour atteindre l’objectif de s’emparer des deux tiers du territoire.
    Une LOI FONDAMENTALE qui ne favorise pas la SANCTION dans les URNES afin de renouveler la classe politique commande le COUP D’ÉTAT.
    Il devient le seul moyen pour sanctionner le médiocre accroché au sommet de l’Etat.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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