Chronique du vendredi : La douche froide de Ban Ki-Moon

30 Nov 2012 - 08:05
Mis à jour: 14 ans
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Une action militaire internationale rapide au Nord du Mali est-elle une simple vue de l’esprit ?  En tout cas, si Ban Ki-Moon a de l’audience, ce n’est pas demain que les paras nigérians sauteront sur Kidal. Le secrétaire général de l’Onu préfère la négociation et s’il n’est pas désavoué par le Conseil de Sécurité,  la Micema dépendra des contributions volontaires des Etats membres de l’Union africaine et pays occidentaux amis du Mali. On sait ce que cela veut dire, l’Ua et la Cedeao, tant comme institutions que dans l’écrasante majorité de leurs Etats étant perfusées par la communauté internationale. La posture de Moon est troublante pour le moins. Car la requête d’intervention au Nord Mali dont il vient d’être saisi émane tout de même d’institutions africaines légitimes, autant briefées sur les enjeux que l’est Manhattan et sincèrement préoccupées par l’onde de choc possible de la crise malienne. Seules les insuffisances techniques de leur stratégie ou éventuellement le coût pharaonique de celle-ci peuvent, dès lors, susciter les réserves de New York encore qu’il y a  une tradition de prudence et de retenue à faire valoir ici. L’argument du Secrétaire général sur les conséquences humanitaires et  les droits de l’homme ne peut être ignoré d’aucun démocrate. Il faut l’expliciter : Moon parle ici de ce que beaucoup redoutent, à savoir les représailles aveugles de l’armée malienne mise en première ligne contre des civils Touareg, Arabes ou même Sonrais dans la mesure où certains de cette ethnie sont suspectés d’avoir servi de cheval de Troie de l’Occupation et aussi de fers de lance du néo-wahabisme professé par les jihadistes d’Aqmi-Mujao. Le risque mérite d’être pris en compte dans la stratégie de libération du Nord, c’est évident. Tout comme il est évident que l’armée multiethnique que nous a donné le Pacte National a permis de circonscrire aussi bien en 2006 qu’en 2012 le regrettable passif de la «guerre du faciès». Ce n’est pas parce que le risque de bavures existe que le Nord du Mali dit être abandonné aux mains de ceux qui l’occupent en violation du droit international dont l’Onu est la garante. D’ailleurs, si ce risque n’est pas le bon prétexte pour abandonner les communautés maliennes à leur sort, le principe aurait dû prévaloir en Libye dont tout le monde attend le bilan humanitaire des frappes légitimées par New-York. Il aurait dû en outre indigner davantage les 17000 casques bleus de la Rdc devant les femmes et les enfants fuyant, toutes langues dehors,  des forces d’occupation. Il aurait dû également justifier un engagement décisif aux côtés du peuple syrien qui n’a eu, pendant plusieurs mois que sa prière du vendredi et sa poitrine courageuse contre les balles d’une armée lâchée contre son peuple et qui n’aurait reçu de réponse internationale qu’en utilisant les armes chimiques, pas l’aviation. La posture du premier gendarme de la paix mondiale semble simplement ramener sur le tapis la sempiternelle question de la négociation versus la guerre que le Mali, en dépit de l’extraordinaire volatilité de sa gouvernance, a tranchée. Il l’a tranchée en disant oui et non. Oui à ceux qui font amende honorable mais non à ceux ne font pas machine arrière. Le bénéfice d’une action rapide au Mali est pourtant net. D’abord, c’est le seul qui permet d’éradiquer le narco-terrorisme - dont toutes les parties prenantes soulignent la gravité-. Ensuite, c’est lui qui réduit les risques de sanctuarisation d’un néo-fondamentalisme dont Aqmi n’est pas le responsable mais le terreau et qui est une passerelle plausible entre le Nord et bien des capitales sous-régionales dont Bamako, nous ne soulignerons jamais assez. Enfin, au lieu d’y faire face une fois pour toutes, négocier le statu quo ante, c’est-à-dire le crime organisé et son cache-sexe local relogés dans les contreforts de l’Adrar, c’est prendre le risque de reproduire au Nord du Mali -Att n’oubliait jamais de préciser que ce Nord était surtout le Sud de l’Algérie- un Polisario bis. On nous rétorquera bien sûr que la communauté internationale  -une autre nébuleuse avec laquelle personne n’a jamais dîné, selon une boutade connue, ne peut mettre ses billes dans un Etat aussi avancé dans l’autodestruction et la liquidation de ses acquis.  Nous ne saurions avoir d’autre réaction que de baisser la tête. En tout cas ceux pour qui ce pays veut encore dire quelque chose. Adam Thiam 

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Commentaires (20)

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Allah est eternel
Allah est eternel 14 ans
Ban ky moon est rentré dans l'histoire par la petite porte et il en sortira pour un trou de souris. Il a oublié qu'on ne peut pas faire des omolettes sans casser des oeufs.
diabaly@gmail.com
Mr Thiam, on t'a jamais lu entrain de condamné les ecxactions sur les civils touaregs et arabes. C'est une réalité horribles
Mancheicko
Mancheicko 14 ans
Chers frères et seours ne cherchons pas le poux sur le crane rasé.Notre frère KASSIN a tout dit et il a parfaitement raison.Il n'y a pas deux commandement dans un bateau.Pourquoi les règlement de comptes en cette periode?Ne dit-on pas qu'il ne faut pas courir derrière la souris qui a élu domicile chez vous?C'est cette rage de vengeance contre l'ancien regime (que j'ai jamais aimé)qui nous a amené là.Arrêter de critiquer les autres s'il vous plait,nous avons laissé ATT foutre la MERD-E,il faut récupérer et après le nettoyage total "le cocadjèèè" même s'il faut utiliser tous les "homo BARKA TIGUI ou CLEAN" à cet effet :lol: :lol:
Kassin 14 ans
Crise et respect du droit, les États-Unis exigent, le Mali s'entête et l'Onu se rebiffe Je vais une fois de plus regarder le problème du Mali sous l'angle du droit même si je sais que dans ce pays le respect du droit et de la légalité est passé au second plan aussi bien pour les populations que pour les autorités et cela depuis belle lurette. En 8 mois d'analyse de la situation socio politique, économique, géo stratégique, sécuritaire et institutionnelle de la crise multiforme qui traverse le Mali de manière violente et inouïe, je crois avoir donné à travers plus de cent articles moultes propositions de solutions de sortie de crises toutes basées sur le respect de la légalité constitutionnelle. Et en 8 mois de crise, j'ai été traité de tous les noms d'oiseaux et le plus souvent dépeint comme étant à la solde du régime défunt ou d'un regroupement politique dissident, mais les spéculations et supputations autour de ma modeste personne ne comptent pas à l'heure où le Mali, ce pays que j'espère qu'on aime tous, est dans les profondeurs abyssales d'un tréfonds sans nom. Ce pays a besoin d'une fédération de toutes les énergies de tous ses fils pour relever les défis qui se dressent devant lui car dirigeants et citoyens se sont depuis trop longtemps égarés dans le faux pour espérer atteindre le bonheur absolu sans presque rien faire. La crise actuelle aussi complexe soit telle, est une crise de non respect de nos règles établies dans notre société (règles de gouvernance et de citoyenneté mais aussi règles de conquête du pouvoir). Pour la résoudre il faut qu'on accepte pour une fois de respecter les règles même si ce respect va bousculer nos habitudes, habitudes qui constituent nos tares et qui nous conduisent à nos pertes. En matière de règle, la constitution est la loi fondamentale du pays, et elle doit être acceptée comme telle car c'est tout un peuple qui s'est exprimé par vote pour l'adopter. Actuellement au Mali après la démission d'ATT nous n'avons plus de président en exercice élu au suffrage universel direct, et l'instrument juridique le plus légitime pour définir les modalités de conquête et d'exercice du pouvoir au Mali reste la constitution. Elle prime sur la classe politique et elle prime sur la junte militaire que je désapprouve depuis le 22 mars 2012 puisqu'elle est l'incarnation même du non respect des règles dans la société. Une armée et toutes ses composantes sont faites pour défendre un pays, ce n'est ni une police de la démocratie ni une institution judiciaire. A ce titre les soldats de la garnison de Kati ne peuvent ni être juge ni procureur de la république au moment où nous avons des institutions judiciaires sensées exercer le pouvoir judiciaire en république du Mali. Si celles ci n'exercent pas leur profession comme cela se doit, si justice n'est pas faite dans le pays, c'est aux citoyens de le dénoncer et les pouvoirs exécutif et législatifs (dans un système de poids et contre poids garanti par la constitution) doivent faire en sorte que les juges fassent leur travail. Sinon ces mêmes pouvoirs, législatif (assemblée nationale) et exécutif (président et gouvernement) seront sanctionnés lors des consultations électorales. Les régimes Alpha et ATT ont mal géré le pays (corruption, débâcle de l'école, abandon de l'armée malienne...) mais ils devraient être sanctionnés par les citoyens à travers leurs votes voire par la justice à travers l'ouverture d'informations judiciaires à leur encontre et non par un coup d'état, encore moins par les militaires car ce n'est pas leur rôle, leur rôle se trouve au nord. Pour diriger la transition politique on doit s'en tenir à notre loi fondamentale et non aux conclusions de concertations nationales qui n'auront jamais autant de participants que le nombre de maliens qui ont voté la constitution de 1992. Pour le respect de cette même constitution nous devrons aller aux élections pour donner plus de légitimité au pouvoir exécutif (c'est un secret de polichinelle que le pouvoir de Dioncounda Traoré n'est reconnu par presque la moitié des maliens alors il le tient de la constitution). Mais ces élections en temps d'occupations des régions du nord posent le problème de la participation de nos compatriotes du nord. En même temps pour les libérer du joug des islamistes, nous n'avons pas une armée capable de le faire pour des raisons que chacun connait. Si nos partenaires internationaux qui doivent nous aider à récupérer le nord exigent les élections en échange de leur pleine participation dans la reconquête du nord nous devrons le faire sans hésiter car mieux vaut récupérer le nord avec un président élu par 90% des maliens que ne jamais le récupérer avec un président intérimaire dans une transition de chamailleries. Voilà la solution mère au problème du nord du Mali, mais elle a pourtant été balayée d'un revers de mains par les maliens, dans un sursaut de faux orgueil du genre de cet élu de Gao "Si le Mali
L'homme des tenebres
L'homme des tenebres 14 ans
Quand des militaires massacrent leurs propres frères d'arme alors qu'ils sont deja faits prisonniers, quand on sait que certains contingents qui composeront la force de la CEDEAO comme le contingent nigerian massacrent leurs propres frères dans leur propre pays au nom de la lutte contre boko-haram, quand les maliens eux-mêmes supposent que ce qui les interesse c'est surtout de laver l'affront, je ne vois pas comment la communauté internationale agira autrement. Cette reaction de l'onu est tout a fait logique car il ne faut pas qu'en voulant sauver les populations du nord mali d'entre les griffes des groupes armés que l'onu se retrouve avec d'autres massacres entre les mains et qu'elle aura cautionnés, planifiés et même financés sans le savoir. Donc prudence.
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