Chronique du web : Canicule, l’Europe redoute le pire

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En Europe, depuis 2003, les années se suivent et se ressemblent à très peu de choses près : l’été est caniculaire, les incendies spectaculaires ravagent le continent dans tous les sens, la mortalité notamment au sein des couches les plus fragiles explose, les pouvoirs publics y compris les municipalités semblent toujours prises à défaut et sont inconfortablement abonnés à la réaction.

Cet été, en France, en Belgique, au Portugal, en Grèce, en Italie…, le thermomètre n’aura aucun mal à franchir la cote très alarmante des 48°C. Selon certaines prévisions météorologiques, il n’est même pas exclu que pendant le pic de la chaleur, certaines régions européennes rivalisent avec le Sahara en flirtant allègrement avec les 50° à l’ombre.  Ce sera carrément la cocotte-minute prête à exploser sur un continent où l’on construit plus d’hospices pour les personnes du troisième âge que de maternités ou de maternelles pour accueillir les mioches.

En 2013, il y a tout juste 16 ans, le Vieux Hogon – Jacques Chirac – présidait aux destinées de la France et le pays avait vécu une vraie hécatombe liée à la canicule. Pour rafraîchir la mémoire des plus jeunes, je me permets de donner à lire un long extrait copié sur Wikipedia qui donne froid dans le dos. Selon l’encyclopédie collective en ligne, « … différentes sources (Inserm, Insee, INED) convergent aujourd’hui vers une estimation d’environ 15 000 décès en excès durant les deux premières décades d’août 2003.

Ce chiffre est établi en comparant le nombre de décès observé à un nombre de décès attendu calculé sur la base assez stable des nombres de décès observés à une période de la saison comparable lors des années précédentes.

Selon une première estimation de l’Institut de veille sanitaire (InVS) remise au ministre de la Santé Jean-François Mattei, la canicule a fait 11 435 morts du 1er au 15 août.

Une étude de l’Inserm publiée le 25 septembre fait état de 14 802 morts (période du 1er au 20 août) soit une surmortalité de 55 %.

Les 11 et 12 août sont les plus meurtriers. Ceci pourrait être dû à un effet d’accumulation des jours chauds précédents, à des températures nocturnes très élevées ou à l’absence de vent, le manque de ventilation engendrant des pics de taux de dioxyde d’azote qui s’ajoutent à la pollution par l’ozone. Cependant, la relation entre le couple climat-pollution et la mortalité étant encore mal connue, aucune explication définitive n’a pour l’instant été donnée.

Les chambres mortuaires sont rapidement saturées, la chaleur importante ne permettant pas de conserver les dépouilles dans une pièce non réfrigérée. Un hangar réfrigéré du marché international de Rungis, centre logistique de transport de marchandises agro-alimentaires dans la banlieue parisienne, est mis à disposition afin d’y entreposer temporairement les dépouilles. À la date du 24 août, en région parisienne, ce sont encore 300 corps non réclamés par les familles qui attendent une inhumation à Rungis et dans des camions frigorifiés à Ivry-sur-Seine.

Alors que les services de l’État s’étaient mobilisés au mois de juillet sur la question des incendies de forêts, ceux-ci tardent à prendre conscience du drame humain que la canicule est en train de provoquer. Les premières alarmes sont lancées par le président du Conseil National de l’Air (Jean-Félix Bernard) et par les responsables des services d’urgence (dont Patrick Pelloux) dans les hôpitaux qui se voient débordés ».

Je touche du bois et implore le Très Haut afin qu’Il nous épargne une telle épreuve quoique nous ayons pu commettre comme manquements aux règles élémentaires de protection de l’environnement et de prévisions sanitaires.

Comme je sais que vous avez bonne mémoire, il vous souviendra sûrement que les autorités françaises de l’époque ont été prises au cœur de la pire polémique pour n’avoir pas mis en route le plan d’urgence dénommé plan blanc. Le premier lampiste à offrir sa tête au gibet fut le pauvre Lucien Abenhaïm, directeur général de la santé. Le président Chirac est violemment pris à partie par l’opposition de gauche et d’extrême droite qui lui reprochent de n’avoir pas mis fin à ses vacances et, en capitaine, de regagner le pays pour gérer la crise humanitaire. Dépassé par lesévénements, Chirac risque quelques explications qui jettent l’huile sur le feu. En effet, il nie la responsabilité de l’exécutif dans la tragédie en cours, et souligne le manque de solidarité entre citoyens. Comble de fuite en avant, Chirac déplore la dégradation du lien social, notamment envers les personnes âgées. Croyant se faire pardonner, le président annonce notamment une révision des services de prévention et d’alerte, ainsi que des services de secours et d’urgence.

Dans une ultime tentative de faire amende honorable, Jacques Chirac et le maire de Paris Bertrand Delanoë assistent, le 3 septembre 2003,  à la cérémonie d’inhumation au cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne) des 57 victimes parisiennes de la vague de chaleur exceptionnelle de début août dont les dépouilles n’ont pas été réclamées par des proches.

Cette année-là en Europe, la France monte sur la seconde marche du très tristement podium de la mortalité la plus importante pour les personnes âgées après l’Italie qui détient le record absolu de 20 000 morts. Record qui n’a été révélé à la population transalpine qu’en 2005  pour éviter des troubles au moment des faits.

Nous autres africains donnons l’impression que la propreté génétique de notre peau nous défend contre les pics de chaleur et, donc, que nous n’avons besoin d’aucune espèce de protection pour éviter d’être brûlés, déshydratés et de « choper » un cancer de la peau. Faux, pourra vous rétorquer n’importe quel étudiant en médecine, qui vous conseilleront de fermer vos volets et fenêtres, pour empêcher la chaleur de pénétrer à l’intérieur, et évitez de sortir.

En cette période, les spécialistes vous conseilleront aussi de rafraîchir votre peau (visage, avant-bras, etc.) fréquemment, en l’humidifiant à l’aide d’un brumisateur ou d’un gant bien humide. L’astuce, c’est boire régulièrement sans attendre d’avoir soif, jusqu’à 1,5 à 2 litres d’eau par jour, en évitant le plus possible les boissons alcoolisées et celles qui contiennent trop de caféine.

 

Pour ceux qui travaillent à l’extérieur, le tarif c’est de boire un verre d’eau tous les quarts d’heure, et de protéger votre tête du soleil. A proscrire absolument, le sport en période de canicule, de l’avis de Jean-Louis San Marco, professeur de médecine à l’Université de Marseille. En conclusion, il faut être très attentif aux cinq symptômes de déshydratation les plus courants : les maux de tête, la forte fatigue, les difficultés inhabituelles à se déplacer, les crampe et les étourdissements.

 

Serge de MERIDIO

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