Les humeurs de Facoh : Les morceaux collés de Ghézo, roi d’Abomey

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Les 16 et 17 octobre 2021, se tint au CICB de Bamako le 6è congrès ordinaire de l’Adéma-PASJ dans un contexte particulièrement difficile pour le Mali en raison non seulement de la crise politique profonde que traverse le pays au plan national mais également pour le parti lui-même confronté à de multiples divisions internes. Prévu pour 2 jours, le congrès en aura pris 3 pour élire un président et choisir un comité exécutif, preuve que l’entente et la cordialité n’étaient pas au rendez-vous.

L’Adéma-PASJ est avec le Cnid, les deux principaux partis politiques issus du mouvement démocratique qui en liaison avec la rébellion touareg de 1990, arriva à terrasser le régime autocratique du général Moussa Traoré. Les élections générales de 1992 le portèrent au pouvoir en cette année et il le garda 10 ans durant de 1992 à 2002. Il faut souligner que l’Adéma, dès l’origine, était un regroupement de tendances hétéroclites comprenant des révolutionnaires de la veille et du lendemain, ceux-ci s’étant bougrement enrichis des affaires obscures du défunt parti constitutionnel UDPM.

L’avènement d’ATT en 2002 le contraignit à la collaboration (cohabitation) dans plusieurs gouvernements par la suite, ce qui à vrai dire pour un grand parti d’expérience politique avérée, correspondait à une perte de vitesse et d’influence. A partir du règne d’ATT (2002-2018), les congrès Adéma sentirent à chaque fois le soufre, la direction se montrant incapable de se mettre d’accord au moment de l’élection présidentielle, sur un nom, d’où des dissidences en 2007 et plus récemment en 2018 avec le second mandat d’IBK. Il est normal de penser que dès 2002, ce parti, de par ses génuflexions devant des partis seconds, a renoncé à l’exercice du pouvoir politique par manque, non pas de vision politique mais plutôt par celle de leadership.

Si ses premiers congrès se tinrent dans une atmosphère relativement calme et détendue en raison probablement de sa force politique du moment, en revanche les autres qui suivirent eurent lieu dans un contexte biaisé de « pousses-toi que je m’y mette. »

Pour ce qui est du congrès de cette année, il fut reporté à plusieurs reprises à cause des difficultés d’organisation dont est responsable la direction du parti. Selon plusieurs sources écrites, les débats des 1er et 2è jours furent doublement houleux et passionnés en raison non seulement du bilan plus que mitigé du bureau sortant, mais également du nombre des candidats à la présidence du parti. D’où l’option d’un 3è jour pour les départager par une commission d’investiture. Ladite commission dut procéder comme Ghézo, roi d’Abomey de 1818 à 1858, qui, constatant les ravages des capitaines négriers sur la côte atlantique et la division des formations politiques africaines devant cette menace, avait recommandé le regroupement pour boucher le trou de la jarre percée.

Le CE sortit de la jarre percée ne comprit pas moins de 89 membres et parler de pléthore dans ce cas revient à énoncer un euphémisme non pas plaisant mais simplement de mauvais goût. Reste à savoir si la direction politique du parti démocrate américain ou celle du parti républicain du même pays comporte autant de membres.

 

Facoh Donki Diarra, 

(écrivain Konibabougou)

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