Lettre à grand-père

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Cher grand-père, gémissons, gémissons, crions, hurlons, pleurons. Grand-père, le Mali est en deuil. Partout c’est la terreur. On ne sait plus à qui se confier.

Cher grand-père, on a peur. Oui grand-père, tous, nous terrorisent au Mali. Le  1er janvier, Koulo-ôgo, un village du Centre a connu 37 civils tués. La canicule d’avril a fait son bilan et cette fois, s’ajoute une première pluie qui sort avec 16 morts. Qu’est ce qui ne tue plus au Mali ? La question se pose. Les terroristes nous tuent. On s’entretue. Des bandits tuent, des milices tuent. Et la nature aussi se met à tuer à son tour. Oui ! Grand-père, quand une toute première pluie fait un bilan de 16 morts et de nombreux dégâts matériels, on est en droit de se poser la question. Qu’est ce qui ne tue pas au Mali ?

Cher grand-père, dans la présente lettre, la neuvième, je n’informe sur rien. Je me pose juste la question, si le Mali n’est pas devenu un cimetière. De 2012 à nos jours, à voir les crimes d’Aguelhok, de Kona, de Kati, de Koulo-ôgo, de Dioura, de Guiré, d’Ogossago (qui je l’avais omis a fait à lui seul une soixantaine de morts), j’en passe, si réellement la terre malienne de paix et d’hospitalité, n’est pas devenue un cimetière.

Triste réalité, grand-père. Et tu sais pourquoi ça ?  A cause du pétrole découvert à Kidal, des Maliens ont été armés, les uns contre les autres, divisés entre terroristes, rebelles et Force armées. Et puff ! Comme des aveugles, assourdis par des promesses qui ne seront jamais tenues, des frères du même passé, de la même histoire, se tuent entre eux. Et tu sais qui perd, grand-père ? C’est le Mali. Selon les on-dit, la richesse de Kidal et du grand Nord est en train d’être exploitée. Par qui ? Je ne sais pas. Quand même pas par les Maliens, ni les uns, ni les autres, même les terroristes. Ce qui aurait profité à tous, n’appartient plus à personne.

Ce qui fait encore plus peur,  grand-père, c’est cette part que la nature elle-même commence à jouer, l’inondation d’une première pluie qui fait 16 morts, qui sait pour la 2ème, 3ème, 4ème etc. Et pire encore grand-père, il parait que les bétons (sous-bassement), bien durs des riches résistent mais que c’est pour les pauvres qui échouent. Et si quelqu’un doit mourir comme dans les conflits et guerres, c’est encore le pauvre.

Grand-père, il est grand temps pour les Maliens qu’on s’assied et qu’on parle en Maliens. Donnons-nous la main.  Ces conflits n’arrangeront personne. En ce qui concerne, dame-nature, prions pour qu’elle ne déverse plus sur nous ses torrentielles pluies de larmes et de douleurs.

Grand-père, sur ce triste bilan du ciel malien depuis 2012, d’où le bonheur de découvrir du pétrole a coïncidé au malheur d’être non-aligné, et que  même les accords militaires n’ont rien changé, je te laisse réfléchir. Surtout d’imaginer ce qui peut suivre face à cette jeunesse qui de plus en plus se frustre contre la présence étrangère au Mali. Repos aux âmes perdues à jamais. Amine ! A mardi, Inch’Allah !

Lettre de Koureichy

 

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