Communales, régionales et district : Le rapport du comité technique attendu courant février

Au terme de l’exercice, le Mali parviendra à ne plus succomber aux démons familiers des reports successifs. D’autant plus que les experts commis devront revoir la loi électorale, proposer un calendrier crédible et exiger comme préalable à la tenue des élections le retour des réfugiés et de l’administration.

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Gouvernement et classe politique ont fait le bon choix. Un comité technique riche de quinze membres (3 de la majorité présidentielle, 3 du centre, 3 de l’opposition et 6 de l’Administration territoriale) est déjà à pied d’œuvre. Et dispose de trois mois pour déposer son rapport. Préparé avec minutie, il ne saurait faire faire l’économie de nombreux points dont la pertinence ne souffre d’aucune contestation. Entre autres, on peut citer la révision de la loi électorale afin de tenir compte de l’élection des présidents de Conseils de cercles et de régions, fixer un calendrier électoral crédible. Mouvance présidentielle et opposition brûlent d’envie de s’assurer au maximum des garanties sécuritaires et exige comme préalable à la tenue des élections le retour des réfugiés et de l’administration. Histoire de donner des chances égales aux candidats des régions septentrionales affectée par la crise. Une convergence de vue est observée sur le découplage des  élections communales et régionales. Les arguments présentés sont d’une redoutable solidité : les régionales se tiendront pour la première fois dans notre pays. Compte tenu des enjeux immenses ( le président administre la région en lieu et place du Gouverneur),  il sied bien de donner du temps aux électeurs de mieux identifier les candidats dans l’espoir de faire le bon choix le moment venu. Ensuite, les alliances disparates au sein d’une même région aux municipales et régionales pourraient dérouter plus d’un électeur et contribuer à parapher le dur jugement de pas très sérieux  prononcé parfois contre les formations politiques. En d’autres termes, deux partis politiques peuvent ficeler une liste commune aux élections communales dans une circonscription et s’affronter au niveau de la région.

En somme, le rapport devra cerner l’ensemble des questions soulevées par les uns et les autres au cours des rencontres autour du ministre de l’Administration territoriale Abdoulaye Maïga. Y compris l’exercice de la tutelle diversement appréciée. Les partis politiques la juge étouffante, pendant qu’elle est qualifiée de molle par le ministère de l’Administration territoriale. D’intenses discussions à ce sujet ne sont pas écartées. Après, les chefs des partis politiques seront conviés en réunion à l’effet de se prononcer sur les différents points traités. Enfin, l’Assemblée nationale sera saisie du projet de modification de la loi électorale.

Autant dire, en guise de conclusion, qu’au terme de cet exercice le Mali parviendra à ne plus succomber aux démons familiers des reports successifs. Voire sortir des procès d’intention faits à telle ou telle personnalité dont souvent le seul tort se résume à l’expression d’un point de vue non partagé par d’autres. A titre d’illustration : L’ancien Premier ministre, Moussa Mara qui s’est fendu d’une proposition de calendrier électoral jugé irréaliste est taxé d’homme pressé d’officier à la Mairie du District de Bamako. On murmure que le temps serait son pire ennemi.

Une chose après l’autre, le Mali pourra à tout cassé organiser les différents scrutins avant la fin de l’année prochaine. Les plus optimistes jugent probable la tenue de ces élections  avant la fin du deuxième trimestre 2016.

Une inflation de problèmes, notamment  l’insécurité galopante, l’exigence du respect de l’Accord de paix signé avec les groupes armés du Nord, le toilettage des textes pour les rendre conformes avec la régionalisation a justifié les reports successifs des communales, régionales et district. La fréquence des attaques terroristes a baissé. Cependant, il est sûr que les jihadistes ne mourront pas de leur belle mort dans les maquis, le temps qui leur reste à vivre pourrait être fatal à des Maliens et des étrangers vivant parmi nous. Un signe qui ne trompe pas : le Mali a été frappé au cœur vendredi dernier. Des assaillants identifiés comme des salafistes ont mis à feu et à sang l’hôtel Radisson, sis à l’ACI 2000, faisant 26 morts, selon un bilan provisoire. L’émotion était à la mesure du choc immense.

Georges François Traoré  

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