Fronde électorale : L’opposition dans la logique d’une désobéissance civile

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Les partisans de Soumaila Cissé ont battu le pavé samedi 15 septembre pour poursuivre la contestation de l’investiture du président IBK et réclamer la légitimité des urnes, qui selon eux, fait du chef de file Soumaila Cissé le président de la République. Le front inscrit également son action dans la restauration de la démocratie et le combat de dérives monarchiques en vue d’empêcher le retour de la dictature dans notre pays ainsi que la dénonciation de leur camarade Bourama Diarra. 

Contrairement aux précédentes manifs, le rendez-vous de samedi aura faiblement drainé. Les slogans et  mots d’ordre des leaders ainsi que l’itinéraire de la marche sont en revanche restés intacts. Le mouvement a notamment mobilisé les membres du directoire de campagne de Soumi ainsi que les candidats s’estimant lésés tels Me Tall, Me Mahamed Ali Bathily, Choguel Kokalla Maiga qui ont répondu à l’appel de la rue en clamant haut et fort leur non-reconnaissance d’IBK comme président de la République. Konimba Sidibé, Paul Ismael Boro et Moussa Kimbiri, le célèbre chroniquer Mohamed Youssouf Bathily et Djibi Tall et les SADI étaient également de la partie. 

Malgré la démobilisation, l’honorable Soumaila Cissé se dit persuadé d’être «dans le cœur et dans l’esprit des Maliens» et juge qu’ils sont selon lui fatigués de l’injustice et de l’impunité. Après avoir salué la libération de Paul Ismaël Boro et de Moussa Kimbiri et déploré la surveillance policière dont ils sont l’objet, il a promis de poursuivre la bataille pour la libération de Moussa  Diarra. A la faible mobilisation s’ajoute la dissonance. Alors que les uns réclament Soumi à Koulouba, les autres – le SADI de Dr Oumar Mariko notamment – invoquent une transition pour sauver le Mali. Pas assez pour perturber Soumaila Cissé pour qui l’essentiel est de marcher «ensemble pour les mêmes causes notamment contre la fraude, les magouilles et l’arbitraire» au nom de la démocratie et du «respect du vote des Maliens». 

Me Mahamed Ali Batthily a insisté pour sa part sur une violation de la constitution et du code pénal ont été violés par IBK, la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême. Le célèbre avocat a rappelé qu’il fut l’une des personnalités les plus aiguisées du 1equinquennat d’IBK, mais qu’il reconnaît que son ex-employeur a fait un passage en force en violant et en faisant violer toutes les lois de la République. Idem pour les deux hautes institutions judiciaires qui, selon lui, n’ont agi que pour faire plaisir à la personne du président. Conséquence : «Ibk n’est pas un président élu, mais plutôt un président imposé de fait, qui s’est accommodé de toutes ces violations». Pour ce qui est du gouvernement de Soumeylou Boubeye Maïga, il estime qu’il ci a emprunté l’illégalité de la situation. Et Me Bathily d’ajouter qu’aux termes des articles 72, 73, 77, 78 du code pénal, la place de Manassa est désormais la prison avec une peine allant de 5 à 20 ans. Il a estimé également qu’IBK «doit être poursuivi pour haute trahison pour avoir violé l’article 94 de la Loi fondamentale en complicité avec les deux juridictions suprêmes et violé les articles 8 et 10 de la constitution – dont l’article 121 dispose que si la forme républicaine est menacée, le peuple a le droit de désobéissance civile. Et, pour protester contre cette investiture qu’il a qualifiée d’imposture, Me Bathily a clamé haut et fort que «l’opposition prépare la désobéissance civile».

Dans une intervention beaucoup brève  discours, le célèbre chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily a rappelé que son CDR a contesté les résultats électoraux sur les méthodes par lesquels ils ont été notamment la fraude, le bourrage des urnes, le trucage, avant de réaffirmer le caractère républicain et démocratique de son mouvement. Malgré sa décision de revenir au sein de la société civile, son combat auprès de Soumaila Cissé ne change pas et le CDR, selon son porte-voix, exploitera les voies et moyens légitimes pour arriver a ses fins. «Nous avons pris acte d’investiture d’IBK par la cour Suprême, ce qui ne veut pas dire qu’on a reconnu IBK comme président », a-t-il clarifié, pour explique le sens qu’il donne à la fin de son contrat politique avec Soumaila Cissé.

Paul I Boro, fraichement libéré, en a profité pour rejeter en bloc les chefs d’accusation formulées contre, en espérant que le droit sera dit. En bon Chrétien, il a rappelé que «les voix du seigneur sont impénétrables et que sa volonté triomphera ».

Alors que le directeur de campagne, M. Dramé a invité les militants à rester mobilisés en attendant les les mots d’ordre, le cadre du CDR, un certain Bathyli a martelé que la vague va déferler sur Koulouba le 21 septembre à partir de 8h. Cette déclaration selon Nounhoum Togo n’engage que l’intéressé, mais le tir était parti.

Amidou Keita

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