L’ancien Premier ministre Moussa Mara : Ou la déchéance politique d’un jeune ?

05 Août 2019 - 01:59
Mis à jour: 7 ans
11
L’ancien Premier ministre Moussa Mara : Ou la déchéance politique d’un jeune ?
Moussa MARA
Le Président de YELEMA, ou le changement, traverse l’un des moments les plus critiques de sa vie politique et pourtant il ne manque pas d’atouts, tant intellectuels que financiers pour émerger et être parmi les jeunes hommes politiques sur lesquels le Mali pourrait fonder de l’espoir. La cause profonde de la perte de l’aura et du désenchantement des militants de son parti sont à chercher dans les ambitions souvent démesurées de l’homme. De la Mairie de la Commune IV où il a bâti sa réputation de jeune intègre et rigoureux, Moussa Mara s’est retrouvé dans le gouvernement de Tatam Ly sans un programme minimum commun comme cela sied dans un gouvernement d’union nationale, avant d’accepter contre toute attente le poste de Premier ministre alors que son parti n’avait qu’un seul député à l’Assemblée Nationale. Déchu de son poste de Premier ministre après moins d’un an, Moussa est en train d’assister impuissant à l’effondrement de son parti. On pourrait s’interroger si ce n’est pas la déchéance fatale d’un homme. Moussa Mara pourra-t-il se relever de ce coup de massue politique ? Itinéraire d’un homme que tout prédestinait à des fonctions beaucoup plus hautes. Moussa Joseph Mara est le fils d’un ancien dignitaire du régime de Moussa Traoré, qui aurait joui des privilèges que beaucoup d’enfants de son âge n’ont pas bénéficié. Expert-comptable de son état,  il est vite rentré sur la scène politique, en militant dans un premier temps à l’ADEMA- PASJ en commune IV, avant de se tourner vers le Mouvement Citoyen quand ATT a accédé au pouvoir. Grace au soutien de ce dernier il a damé le pion aux grands partis en commune IV, lors des élections communales de 2004, avant de tomber en disgrâce avec son bienfaiteur Amadou Toumani Touré. Mis à minorité par le conseil communal, son équipe municipale a été dissoute et une élection partielle fut organisée où il était sorti victorieux. Cette victoire, qu’il a obtenue avec brio, serait due à ses actions salvatrices en faveur des populations de la commune IV, renforça sa légitimité  et lui a permis de  se faire remarquer sur la scène politique. Désormais respecté parce que jouissant d’une certaine légitimité, Moussa Mara a failli battre le gros éléphant IBK en commune IV lors des élections législatives de 2007, n’eut été le soutien de tous les 3 grands partis, à savoir l’ADEMA, l’URD et le RPM. Il obtint néanmoins un second mandat à la Mairie jusqu’au coup d’Etat d’Amadou Haya Sanogo. Alors que l’on croyait voir  Moussa Mara et les autres jeunes de son calibre mener la résistance contre le putsch, à la surprise générale, il s’est rangé du côté des putschistes.  Ces derniers mis à l’écart en faveur d’un accord trouvé entre militaires et hommes politiques pour la gestion de la transition. Le Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Dioncounda Traoré, en assumera les hautes charges de la République et  le jeune Mara a trouvé un nouvel allié  en la personne du  Président de la Transition, qui sera d’ailleurs invité à assister à une réunion du conseil communal. Candidat aux élections présidentielles de 2013, voyant le vent tourné en faveur d’IBK, au second tour, il créera avec d’autres jeunes un groupe dit des jeunes candidats à la présidentielle et apporteront leur soutien à IBK ; en ne tarissant pas d’éloges en faveur de lui. Nommé ministre de la ville dans le premier gouvernement, celui de Oumar Tatam Ly, il remplacera ce dernier après dix petits mois à la tête du gouvernement. Tous les observateurs avertis de la scène politique malienne avait vu en ce choix par Mara comme un suicide politique, car un Premier ministre sans majorité est semblable à de la paille devant un feu brûlant. Pire, Moussa Mara n’avait aucune autorité sur ses ministres et était devenu une marionnette au service exclusif du Président IBK. Il a fini par être éjecté du poste de Premier ministre. Ainsi commença sa longue et lente déchéance politique. En 2018, après avoir sillonné le pays de fond en comble, il a jeté l’éponge à la Présidentielle en soutenant Cheick Modibo Diarra, alors même que YELEMA, son parti, est mieux implanté que le parti de Cheick Modibo Diarra. Pour avoir pris fait et cause pour M. Diarra, certains de ses militants ont fait d’autres choix. Au second tour de la Présidentielle, l’alliance s’est fissurée car le candidat a choisi le Président sortant IBK tandis que la position des deux autres alliés à savoir Konimba Sidibé et Mara  n’étaient pas cela.  Après les élections, l’alliance a fini par se disloquer et chacun a suivi son chemin. La descente aux enfers de l’ancien PM continue avec des vagues de démissions au sein de son parti. Pour ne rien arranger, les dissidents de YELEMA sont partis grossir le parti de son rival de tous les temps, la CODEM de HousseiniAmionGuindo. Aujourd’hui, très affaibli politiquement, moins crédible aux yeux de ses anciens collaborateurs, qu’ils soient de la Majorité ou de l’Opposition, le communicant premier ministre est désormais à la recherche d’un nouvel envol. En somme, s’il est tout à fait normal pour tout individu d’avoir des ambitions, il serait tout de même dangereux, voir suicidaire pour lui de les avoir au-dessus de ses capacités sinon elles deviendront de la prétention et finiront par contribuer à sa déchéance. Youssouf Sissoko

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (11)

User
Le Bûcheron Siaka
Le Bûcheron Siaka 7 ans
Je ne puis assuré que ce jeune Mara est un brillant politique. Cependant, quand il a assuré dans une interview que le problème de l'Afrique est la forte démographie de sa jeunesse, je me suis posé la question de savoir si ce monsieur a la moindre petite idée de l'économie. J'ai été tellement surpris par cette analyse de Mara que je l'ai définitivement rangé du coté des immatures incultes abruti par une vision biaisée du monde. Comment un homme qui a été premier ministre peut penser que la population et particulièrement la jeunesse est le problèmes. C'est confondre un problème avec sa solution. J'attends de voir en quoi il est brillant et surtout en quoi on le dit intellectuel. Si un expert comptable est un intellectuel, alors, moi je suis la Reine d'Angleterre. Un intellectuel fait des publications et produit une ou des oeuvres qui apportent un plus à un courant d'idée, une innovation dans la pensée ou tout au moins une analyse singulière dans la compréhension du monde Tous les diplômés ne sont pas des intellectuels. Nos compatriotes pensent que quand on n'est pas Bûcheron et que l'on a passé 3 ans à l'école: on peut être qualifié d'intellectuel. KABAKO
Mamadou NOMOKO
Mamadou NOMOKO 7 ans
Merci M. Youssouf SISSOKO . Vous avez décrit l’homme Moussa MARA, qui pourtant avait un avenir politique certain au Mali. Ses ambitions démesurées sont à la base de ses ennuis politiques. L’homme a l’art de parler, de convaincre son auditoire , travailleur , intellectuel et courageux, mais malheureusement trop pressé , c’est pour cela qu’il a mal dansé . Rien n’obligeait MARA de pactisé avec IBK. Ces deux hommes se connaissent bien sur le terrain politique. Ce jeune leader politique était aimé et écouté dans sa commune (IV), où sa présence gênait sérieusement IBK, son parti le RPM et ses alliés . En acceptant de servir le Mali sous la bannière d’IBK, MARA s’est sacrifié personnellement . Il connaît la politique mieux que IBK. Néanmoins , celles et ceux qui connaissent mieux MARA savait qu’il est un loup aux dents longues. Ils n’ont pas hésité de lui jeté un os sur lequel il a bondi. Entre temps, IBK a scellé définitivement son sort en le détruisant . Désormais il y’a une crise de confiance entre les électeurs et MARA, qui lequel nombreux lui colle l’etiquette d’homme ambitieux près à se sacrifier et se crustifier pour rien. On ne peut pas parler d’inexperience mais d’ambitions démesurées. Il lui serait difficile j’allais dire impossible d’etre un homme politique de taille.
T.Sankara
T.Sankara 7 ans
LA SENTEUR DES CADAVRES QUE LUI ET SON BOSS ONT CAUSE A KIDAL LE POURSUIT ET FAIT FUIR LES GENS. UN CAPITAINE MEURT AVEC SON EQUIPE COMME UN CHEF D'ADMINISTRATION DOIT MOURRIR AVEC SES SUBORDONNES. POUR MOINS QUE CA, UN NIPPON SE SERAIT FAIT HARA-KIRI
Sangare
Sangare 7 ans
MOUSSA MARA, jeune incontestablement brillant, est victime de son ambition démesurée. Chaque acte politique doit être posé en tenant compte de l'environnement pour préserver sa chance d'accéder au plus haut sommet de l'État. MOUSSA MARA aurait gagné en crédibilité en s'éloignant de tous les bords politiques. Il devrait être celui qui va accueillir ceux qui vont rejeter tous les hommes qui ont participé à la gestion de l'État pendant l'ère démocratique. On devrait le voir régulièrement participer à tous les mouvements initiés par la société civile;s'associer aux autres bords politiques pour contester les dérives du pouvoir ;faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. MOUSSA MARA DEVRAIT ÊTRE LE VISAGE DE L'ALTERNANCE POST CONFRONTATION IBK-SOUMI. Il semble avoir dilapidé cette crédibilité acquise pendant sa gestion de la mairie de la commune4 en travaillant avec IBK qui l'a manipulé montrant son incapacité à être un homme d'État;en s'associant à CHEICK MODIBO DIARRA qui aura montré pendant son passage à la primature qu'il est trop lié à son beau père le dictateur MOUSSA TRAORÉ. Il n'est plus ce jeune qui donnait de l'espoir à ceux qui sont dégoûtés de la politique. Il doit se reconstruire car un homme politique n'est fini que s'il quitte ce monde. Il doit recommencer à faire la politique autrement pour reconquérir le cœur des maliens. OSER LUTTER, C'EST OSER VAINCRE! La lutte continue
COULIBALY Yacouba W
COULIBALY Yacouba W 7 ans
C'est dommage de voir ce jeune pourtant très brillant qui n'arrive pas à prendre le pli de la situation politique de son pays; il faut que MARA sache qu'il refuser de se mêler des bêtises des régimes successifs qui nous ont géré de puis la nuit des temps sinon on devient le dindon de la farce et c'est ce qui a frappé e jeune brillant. Nous restons certains que si vous avez à l'époque refusé ce poste de PM, vous allez sans équivoque être bien positionné pour 2023 après la disparition de cette machine à gagner d'IBK avec le couple des deux institutions que sont la cour suprême et la cour constitutionnelle, la caisse noire d'IBK. Pour démanteler ce couple, il faut absolument une grande bataille des vrais politiciens de ce pays, mais nous restions certains que ce combat serait gagné très prochainement afin qu'émerge la victoire dans ce pays d'un vrai vote du peuple. Pour précisez le propriétaire de ce message, COULIBALY Yacouba sera toujours COULIBALY Yacouba W, le W permettra de singulariser et de mettre la différence avec les autres COULIBALY Yacouba, W veut dire Weekendien pour les intimes.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (133)
  • Nfp (78)
  • Citoyen du monde (24)
  • kan (21)
  • Coulibaly Yacouba (20)