Premier tour des élections législatives : De fortes controverses autour de la gestion des fonds alloués à la sécurisation du scrutin

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Plusieurs éléments des forces de sécurité dénoncent des malversations dans la gestion des fonds alloués à la sécurisation du scrutin. « Il n’en est rien » se défend le ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Pourtant, les victimes persistent et signent.

Quelques jours après la tenue du premier tour du scrutin législatif, plusieurs éléments des forces de sécurité qui ont participé à sa sécurisation font état de malversations dans la gestion de leur per diem. En cause, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

En effet, plusieurs éléments des forces de sécurité affirment n’avoir pas perçu la totalité de leur per diem. Et pas que la police ! « Chacun de nous a reçu 15.000 FCFA en raison de 5000 FCFA par jour », témoignent des éléments des forces de sécurité déployés dans la région de Mopti, qui affirment pourtant avoir travaillé pendant 7 jours.

Selon nos interlocuteurs, tous les éléments n’ont pas reçu de l’argent. « Ils ont donné de l’argent à 70 éléments seulement, or c’est toute l’unité qui a participé à la sécurisation. Par solidarité, chacun était obligé de défalquer 5000 FCFA pour donner à nos camarades », rapportent des éléments déployés dans l’un des cercles de la région de Mopti, qui affirment aussi ne pas comprendre la différence de traitement entre les éléments. « À Sikasso, nos camarades ont reçu 1750 FCFA par jour et par élément, ceux de Kayes ont perçu 4000 FCFA » attestent-ils.

Pourtant, la lettre confidentielle n°0130/MSPC-SG-CT-YB du 1er avril du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Salif Traoré, adressée aux différents gouverneurs de région du pays, fixe le montant du per diem à 5000 FCFA et par élément déployé en fonction du nombre de jours de service effectif. C’est qu’a expliqué le Commissaire Bakoum Kanté, chef de cabinet du ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Le ministère de la Sécurité se défend

Contacté par Le Wagadu, le Commissaire Kanté a indiqué que la question du per diem a, en amont, fait l’objet d’une lettre du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, adressée aux gouverneurs de région et indiquant clairement que la prise en charge des éléments déployés dans leurs circonscriptions respectives sera faite au taux de 5000 Francs CFA par jour et par élément, et ce, pendant 07 jours, soit 03 jours avant le jour J et trois 03 jours après lesdites élections.

Les 7 jours s’expliquent par le fait que certaines zones sont très difficiles d’accès. « Il faut au moins trois jours pour se rendre dans certaines localités et trois jours pour se replier plus le jour-J », a-t-il souligné. Toutefois, assure le Commissaire de police, la somme perçue dépend des jours de service effectif.

Il est donc évident, selon le chef de cabinet du ministre de la Sécurité, que le montant cumulé des per diem dus puisse varier d’une région à une autre voire à l’intérieur d’une même région et cela, en raison notamment du contexte sécuritaire, des distances à parcourir et du nombre de jours de service effectif.

Le Commissaire Bakoum Kanté a indiqué que c’est pour éviter que chaque gouverneur ne gère comme il l’entend, que le ministre leur a adressé ces deux correspondances. « C’est ce qui est arrivé lors des élections présidentielles de juillet-août 2018 où des gouverneurs ont même donné 2000 FCFA à des éléments », a-t-il précisé. Des propos qui confirment les informations publiées par Le Wagadu dans sa parution n°54 du mercredi 25 mars.

Toutefois, les 5000 FCFA par jour sont contraires au décret 2016-001/P-RM du 15 janvier 2016 portant conditions et modalités d’octroi de l’indemnité de déplacement et de mission qui est de 2000 FCFA par jour.

À cette question, le Commissaire Kanté répond : « Ce décret s’applique lorsqu’un élément est envoyé à l’extérieur du pays ou pour une mission spécifique. Et c’est quand ils sont obligés de se prendre en charge », a-t-il précisé. Il a indiqué que 31 495 éléments ont été déployés pour la sécurisation du scrutin.

Arguments rejetés

Le chef de cabinet du ministre Traoré a aussi assuré que c’est la commission sécurité qui a fixé le taux à 5000 Fcfa. Ce que contestent nos interlocuteurs qui affirment que le budget de la sécurisation a été établi bien avant la première lettre confidentielle du ministre envoyée le 25 mars aux gouverneurs de région. Ils jurent que le budget de la sécurisation a été élaboré en fonction du décret 2016-001/P-RM du 15 janvier 2016.

Une information confirmée par une source proche du dossier au ministère de l’Economie et des Finances. Laquelle a assuré que toute mission d’un fonctionnaire à l’intérieur comme à l’extérieur est calculée sur la base du décret cité beaucoup plus haut.

« Mais pour les forces de sécurité, le problème se trouve au niveau de la hiérarchie. C’est toujours le même problème », a-t-il dit en souriant. Un sourire qui en dit long sur la complexité du sujet.

Abdrahamane SISSOKO

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