Prochaine élection présidentielle : Comment disqualifier des soi-disants présumés « pilleurs de l’Etat » ?

6

Si à l’issue de la prochaine élection présidentielle, le peuple n’élit pas un « homme nouveau » au palais de Koulouba, la Transition en cours aura raté l’une de ses missions implicites.

Selon de nombreux analystes politiques, si le Mali a connu un coup d’Etat en 2012 et, seulement 8 ans après, c’est-à-dire  en 2020, un autre renversement du pouvoir, cela traduit, dans une certaine mesure, un malaise profond par rapport au système de gouvernance générale du pays. Cela signifie simplement que les Maliens ont soif d’une nouvelle gouvernance, plus vertueuse, plus respectueuse d’une certaine éthique dans la gestion de la chose publique.

Or, il est établi que tous les leaders politiques qui s’agitent actuellement pour tenter d’accéder au pouvoir sont tous issus du même moule de gouvernance, découlant de l’ouverture démocratique de 1992. Même si certains responsables politiques se défendent d’avoir le sens de la bonne gestion des affaires publiques, il est apparu que presque tous ont déjà fait leur preuve à divers endroits de la sphère étatique.

A titre d’exemple, tous les chefs des partis politiques qui comptent aujourd’hui au Mali ont servi l’Etat à un poste de responsabilité non négligeable. L’on peut citer par exemple des anciens Premiers ministres, des anciens ministres, des anciens députés, des anciens conseillers à la présidence, ou d’anciens ambassadeurs, etc.

Si l’Etat malien a échoué et n’a pas su, par exemple, gagner le pari de la lutte contre la corruption durant tout ce temps de conduite des affaires publiques, cela dénote d’un échec de cette classe dirigeante. En plus, si l’école malienne est à terre, l’outil de défense est en état de déconfiture, la mauvaise gouvernance est à ciel ouvert, nos mines n’ont pu impulser le développement des cercles où elles sont exploitées, le réseau routier est calamiteux, l’on ne peut que blâmer l’élite politique de ces vingt ou trente dernières années. L’on peut alors se demander s’il est conséquent que des acteurs de cette génération soient hissés au pouvoir, surtout que l’adage est bien connu selon lequel « les oiseaux du même plumage volent ensemble » ou « qui se ressemblent s’assemblent ».

En clair comment construire le Mali nouveau auquel les Maliens aspirent avec des personnalités qui étaient aux affaires ces dernières années ? A titre d’exemple, comment espérer un Mali nouveau si l’élection présidentielle peut conduire à élire des personnalités comme Dr Boubou Cissé ? Soumeylou Boubèye Maïga ? Moussa Mara ? Tiéman Hubert Coulibaly, Mamadou Igor Diarra ? Housseini Amion Guindo dit Poulo ? Dr Bokary Tréta ? Modibo Sidibé ? Pr Tiémoko Sangaré ? Me Mountaga Tall ? Pr Salikou Sanogo ? Dr Choguel Kokalla Maïga? Difficile voire impossible de hâter le renouveau malien si le peuple devrait porter son choix sur l’une de ces personnalités.

Or, ce n’est un secret pour personne que l’élection présidentielle ne traduit pas nécessairement l’expression véritable du choix du peuple dans sa majorité. Des facteurs extérieurs impactent sur l’aspiration population censée exprimée à travers les urnes, surtout que le taux de participation est souvent très faible dans notre pays.

Il devient alors souhaitable que, par des dispositions contribuant à la renaissance de l’Etat malien, tout soit mis en œuvre pour qu’émerge non le « vieil homme », mais un « homme nouveau » à la tête du pays. Car, mieux vaut un nouveau leader pauvre, mais consciencieux et digne de confiance pour diriger le pays, mais que de porter le choix sur l’un des acteurs de la situation actuelle du pays.

C’est dans ce sens qu’il ne faut pas non plus faire confiance à des personnalités ayant accumulé des fortunes avec des méthodes peu orthodoxes qui sont aussi susceptibles de piller l’Etat.. Il urge de prévoir à travers les dispositions législatives et/les réformes électorales des mesures fortes pour assainir la compétition électorale afin que seuls des Maliens intègres et dignes du Mali nouveau souhaité se lancent dans la compétition pour conquérir le palais présidentiel de Koulouba. Si ce n’est pas le cas, le Malikura devra attendre. Pis, le peuple élira un autre « pilleur de l’Etat » et, hélas, les mêmes causent produiront les mêmes effets !

Boubou SIDIBE/maliweb.net

Commentaires via Facebook :

6 COMMENTAIRES

  1. A PART LE DR CHEICH MODIBO DIARRA TOUS LES 3 AUTRES SONT MOUILLES OU SONT TELEGUIDES PAR DES RELIGIEUX EUX AUSSI CORROMPU.
    JETER CES GENS AUX OUBLIETTES SERA BIEN POUR LE MALI. LA POLITQUE DU MALI AVEC NOTRE LIBERALITE PROGRESSIVE DE LA POLITIQUE FRANCAISE NE SE FERA QU’AVEC LE DR CHECK MODIBO DIARRA, LE RESTE SONT DES VENDUS AU SYSTEME FRANCAIS.

  2. Dans tous les cas, ce sont eux qui acculent la communauté internationale afin que celle-ci ne laisse pas les militaires durer au pouvoir. La tâche est d’autant plus difficile que ce sont eux aussi qui sont la plus connus à l’extérieur, pour avoir dirigés le Mali. Il suffit de toucher à un seul de leur cheveux pour le pouvoir soit taxé de dictatorial.
    En réalité, la révolution , notre révolution ressembler à celle mars 1991 et à celle de août 2020: des révolutions qui ont vu de nouvelles classes politiques plus corrompues que les anciennes.
    Les militaires doivent prendre leur responsabilité, en balayant et en faisant le toilettage, et non laisser le pays entre les mains de ces voleurs là.

  3. La responsabilité des colonnels est engagée pour atteindre ce but ! Ils savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur ! Puisque tout patriote sait que l’ erreur est de remettre le pouvoir à cette classe politique qui a provoqué la décadence du Mali !

  4. Il faut d’abord faire la différence entre ACTIVITÉS POLITIQUES et ACTIVITÉS ÉTATIQUES.
    Quand on produit des idées,les propose aux électeurs afin de pouvoir l’appliquer,qu’on soit élu permettant de les formuler dans les cabinets ministériels avant de les proposer comme projet de loi,on mène des ACTIVITÉS POLITIQUES.
    Quand on exerce une fonction dans l’administration publique permettant de rendre exécutoire les décisions venues des cabinets ministériels,on mène des ACTIVITÉS ÉTATIQUES.
    Savoir distinguer les deux notions,c’est comprendre que le rôle du politique ne doit pas lui permettre d’avoir la possibilité de gérer l’Etat.
    Il gère une structure de l’Etat qu’est le gouvernement qui est politique.
    LE GOUVERNEMENT SERT À STRUCTURER LES PROMESSES FAITES AFIN QU’ELLES SOIENT TRADUITES EN RÉALITÉ.
    C’est en permettant aux politiques de s’ingérer dans les ACTIVITÉS ÉTATIQUES que des dérives sont apparues.
    ON NE PEUT EMPÊCHER UN HOMME POLITIQUE CONNU DÉLINQUANT D’ÊTRE ÉLU TANT QU’IL N’EST PAS CONDAMNÉ PAR LA JUSTICE.
    Mais on peut empêcher un homme politique de s’immiscer dans les ACTIVITÉS ÉTATIQUES.
    BERLUSCONI est connu flirté avec le milieu mafia en Italie,mais a été élu plusieurs fois comme chef de gouvernement.
    Du fait de l’impossibilité de s’immiscer dans les ACTIVITÉS ÉTATIQUES,il n’a pas pu s’installer au pouvoir comme il aurait voulu,se servir de l’Etat pour ses affaires.
    Au Mali,on pense qu’on peut élire des hommes politiques honnêtes serieux qui vont changer la situation.
    C’est une illusion.
    L’homme providentiel n’existe pas.
    On sera toujours déçu car le problème est plus structurel que dans le comportement des hommes politiques.
    UN HOMME POLITIQUE SÉRIEUX EST TOUJOURS FREINÉ DANS SON ÉLAN,SI L’ADMINISTRATION PUBLIQUE EST CORROMPUE.
    Il constatera que c’est lui qui va partir,s’il pousse trop le bouchon.
    La solution,c’est de REFONDER L’ÉTAT afin que chaque structure puisse exercer sa compétence en toute indépendance.
    Les structures de contrôles rattachées à la représentation nationale permettrons au peuple de surveiller l’utilisation des deniers publics et le fonctionnement de l’administration publique,exiger les changements de comportements conditionnés au débloquage des crédits alloués à l’administration publique.
    C’est efficace contre le mauvais fonctionnement de l’administration publique car ça marche comme ça dans les grandes démocraties.
    Le politique est obligé d’utiliser le déblocage des crédits car il n’a pas de pouvoir de nomination sur les agents de l’administration publique.
    Elle doit être autonome pour qu’elle puisse servir L’INTÉRÊT GÉNÉRAL.
    Ses agents seront recrutés en respectant les règles de recrutement appropriées.
    Le politique n’aura comme seul souci l’exécution à souhait de ses mesures favorables à l’épanouissement de la population.
    Ainsi les passations des marchés publics ne seront plus de son ressort.
    Ils n’auront plus à se servir de l’administration publique pour financer les ACTIVITÉS de leurs partis.
    Par contre,ils peuvent surveiller l’application idoine des règle de passation des marchés publics par des services de contrôle mis à la disposition de la représentation nationale,se soucier si l’administration publique satisfait la population.
    Le cas de la carte Nina pouvait être réglé par les députés en menaçant de bloquer l’allocation des ressources de fonctionnement de l’administration chargée de cette affaire.
    On aura perçu l’utilité de l’homme politique permettant qu’il se mette réellement au service de la population.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  5. Une tres belle analyse mais le malien est tres limite dans sa relexion qui pense a tout et tout de suite , la logique voudrait que la campagne soit menee contre tous ces oiseaux qui ont echoue et veulent nous faire croire aujourd’hui qu’ils sont capables .En tout cas ils sont tous comptables de la mauvaise gouvernance de ce pays depuis belle lurette.
    En les ecoutant sur la gestion du pays aujourd’hui cela prouve a suffuisance leur malhonnete car ils se sont tous bien engraisses avec l’argent publique.
    Difficile a comprendre qu’ils veulent toujours le pouvoir , desole c’est vraiment pas serieux , la transition doit prendre des actions a ce que tous ceux soit elimines dans les criteres pour etre candidat. Si je vois des politiciens qui continuent a nourrir de l’espoir de leur gouvernance comme Modibo SIDIBE, Boubeye, Hamion, Choguel,Treta,Moutaga, Bitar, Tieble, Thiemoko, c’est une catastrophe pour le Mali.Des gens qui doivent repondre devant le tribunal de leur gestion continuent a tendre la main au peuple malien pour revenir a la commande # Equation difficile a resoudre #
    Le Mali est mal barre tant que ces oiseaux tentent de voler encore en l’aire , ils doivent rester eternellement au sol

Répondre à bankassien 2 Annuler

Please enter your comment!
Please enter your name here