Production de résultats et évaluation semestrielle des membres du gouvernement : Qu’en est-il avec le Premier ministre Modibo Keita ?

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Modibo Keita, haut représentant du président de la république : «Ma mission n’est pas à confondre avec celle du gouvernement»
Le Premier ministre Modibo Keita

L’ancien Premier ministre Moussa Mara, après sa nomination avait impulsé une nouvelle dynamique au sein du gouvernement. Avec lui, chaque ministre était obligé de produire des résultats, être constamment sur le terrain au lieu de rester au bureau  et était soumis à une évaluation semestrielle. Mais depuis son départ de la primature, qu’en est-il réellement de cette innovation avec son successeur Modibo Keita ?

Le Premier ministre Moussa Mara voulait faire de la culture de résultat, le leitmotiv de sa  gouvernance. C’est pourquoi, il avait promu que chaque ministre sera évalué semestriellement sur la base des résultats qu’il doit atteindre en termes d’impacts sur la vie des populations.

C’était l’une des mesures qui avaient le plus attiré l’attention des populations lors de la Déclaration de Politique Générale du gouvernement de Moussa Mara : l’évaluation périodique des membres du gouvernement. Une mesure qui visait à forcer chaque ministre à se donner à fond pour l’atteinte des résultats qui se mesureront à travers leurs impacts sur la vie des populations.

Après avoir présenté les six axes majeurs de la politique de son gouvernement devant les députés, Moussa Mara avait indiqué que la méthode de travail  de son gouvernement se fonderait sur la culture de résultats en termes d’impacts sur le bien-être des populations.  Et dans cette logique, chaque ministre a des résultats à atteindre.

«  Chacun sera évalué périodiquement sur l’atteinte des objectifs avec des suites à réserver en cas de bonne ou de mauvaise performance. Nous ne pourrons jamais obtenir de nos collaborateurs des performances et des résultats si nous ne donnons pas cet exemple. L’activité de chaque ministre sera évaluée chaque semestre, pour ce faire. », avait-t-il laissé entendre. Et de poursuivre que lui-même ne fera  pas exception.

Pour cela, la méthode consistait en des règles d’éthique  claires à respecter, auxquelles chaque ministre a souscrit en signant le document rédigé en la matière.

« Ces règles gouverneront l’action de chaque chef de département et constituent des références qui seront strictement observées sans tolérance aucune pour leur manquement. La loyauté envers le Président de la République et envers le Gouvernement sera une règle cardinale car il ne peut y avoir de ministre que s’il est loyal envers le Président, son Gouvernement et ses projets » avait ajouté  Moussa Mara.

En plus de ces conditions, Moussa Mara avait souligné que le  sens de l’Etat et l’amour de la patrie seront la règle dans les  discours, les actes et comportement du gouvernement au quotidien. S’y ajoutent, la solidarité et la complémentarité entre les membres du gouvernement, la diligence et la réactivité dans le traitement des dossiers, l’intégrité absolue du ministre, la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance qui seront des valeurs cardinales. Mais aussi, la satisfaction de l’usager,  une équité méticuleuse vis-à-vis des agents et des usagers pour que chaque citoyen, indépendamment de son genre, son ethnie, sa situation socioéconomique, ses croyances religieuses, reçoive ce qu’il mérite. Selon lui, les ministres devront être des responsables de terrain.

En effet, cette décision du Premier ministre Moussa Mara était une manière de pousser les ministres à œuvrer plus pour la satisfaction des populations dans leurs domaines respectifs. Mieux, cela constitue une rupture avec les anciennes pratiques où les ministres sont « cloitrés » dans leurs bureaux pour la seule signature des documents. Des ministres que certains de leurs collaborateurs n’apercevaient qu’à leur arrivée ou départ du bureau.

Mais avec Moussa Mara, ils étaient devenus des hommes de terrain, en contact direct avec les acteurs de leurs secteurs respectifs, toute chose qui leur permettait de mieux être au parfum des réalités sur le terrain.

Qu’en est-il avec son successeur, l’actuel Premier ministre Modibo Keita ? A cette question, voici les réactions de certains cadres.

« Avec Modibo Keita, le gouvernement est à l’œuvre tout comme sous Moussa Mara car ces deux personnalités sont connues pour leur amour pour le travail » explique un cadre. Qui poursuit qu’avec Moussa Mara, les ministres étaient soumis à une évaluation semestrielle. Toute chose qui les poussait à entreprendre chaque fois des activités, des visites de terrain ou poser des actes dans leurs secteurs respectifs pour avoir une bonne note au moment de l’évaluation.

« Même si l’administration est une continuité, cela n’est pas visible avec Modibo Keita  car Moussa Mara avait réussi à impulser une nouvelle dynamique au sein du gouvernement avec des ministres qui viennent très tôt au travail et constamment sur le terrain », poursuit cet homme politique.

« L’administration est une continuité et je pense que le Premier ministre Modibo Keita  continue dans la dynamique impulsée par son prédécesseur Moussa Mara car on voit presque tous les ministres sur le terrain, tout comme le Premier ministre Modibo Keita, ils viennent au bureau très tôt et repartent souvent très tard », explique ce cadre travaillant dans un ministère à la cité administrative qui a requis l’anonymat. Même discours pour ce proche collaborateur d’un ministre qui estime que le gouvernement continue sur la même lancée qu’au temps de Moussa Mara.

D. Diama

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