Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000).

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‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.

Il importe de renforcer, le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières. La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.’’

Source (Ensemble debout)

Edition Cauris Livres

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3 COMMENTAIRES

  1. PKAGAME
    Une seule personne ne fait pas la démocratie.Elle est le fruit de la compréhension des leaders de la société.
    Si notre démocratie est à ce niveau,ce n’est certainement pas la faute du premier président démocratiquement élu car il est parti en organisant une élection parfaite pour qu’ une autre méthode permettant de corriger ses erreurs se mettent en place.
    Le MALI n’a pas besoin d’armée forte,mais des hommes politiques visionnaires.
    C’est le manque de vision qui a amené notre pays à faire face à l’insécurité permanente.
    Les armées plus puissantes du monde préfèrent prévenir que d’affronter une guerre.
    Un pays pauvre comme le Mali doit prévoir les conflits au lieu de s’armer pour les affronter.
    Il doit plus investir à soulager sa population qu’ à entasser des ferrailles dans les camps militaires.
    Des pays plus riches que le Mali,plus développés même n’ont pas des armées puissantes,certains n’en ont même pas .
    La démocratie a besoin des hommes politiques de qualité pour s’élever à un niveau souhaité.
    En face D’ALPHA OUMAR KONARE la médiocrité a plus régné.

  2. Ça servi a quoi enfin? On vit aujourd’hui le résultat de ses actions en tant que premier president de l’ère démocratique… tout serait mal parti dès le début quand on avait montré aux administrateurs maliens que la démocratie veut dire que: mains libres, ruée a l’enrichissement illicite, laxisme, népotisme, clientélisme, et tripatouillages d’élections etc.. Et surtout, faire croire aux maliens qu’on n’a plus besoin d’une armée dans une démocratie. Nous vivons aujourd’hui les résultats de cette trajectoire politique malhonnête et immorale qu’on avait prise dès les premiers jours de notre nouvelle base démocratique. On ne sème pas le crottin pour récolter le riz!

    • Mon analyse est qu’ils avaient trop faim et trop soif pour transcender l’idée de leur bonheur personnel, afin d’apprécier l’opportunité démocratique a sa juste valeur et y visionner l’avenir du Mali de façon ambitieuse. Hélas! Tout le monde sait qu’ils avaient traité cette démocratie avec tellement de légèreté que l’État a finalement disparu. Les conséquences sont avec nous aujourd’hui!

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