Lutte contre la fièvre Ebola : L’inquiétude à Faléa

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En juillet 2014, le Gouvernement a élaboré le Plan de Contingence National du Mali visant à empêcher la propagation de l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola (FHVE) déjà présente en mars 2014, soit plus de trois mois auparavant, dans un pays voisin en Guinée-Conakry, en collaboration avec notre pays, selon un communiqué de presse d’ASFA 21. Malheureusement, poursuit le communiqué, ce plan de prévention et d’intervention gouvernementale avait omis la commune rurale de Faléa, cercle de Kéniéba, qui pourtant, parmi toutes les zones du Mali situées à sa frontière avec la Guinée-Conakry, est celle qui est en situation de plus grande vulnérabilité, la plus exposée aux éventuels dégâts de ce nouveau fléau, en raison de la présence massive de facteurs de sa propagation.

Sollicitée par les populations de cette collectivité territoriale, l’association, « ASFA 21 », organisation citoyenne de droit malien d’appui au développement local, qui accompagne depuis plusieurs années tous les acteurs locaux (institutionnels, associatifs, organisations professionnelles, autorités traditionnelles, leaders coutumiers et acteurs privés), a attiré l’attention du chef du département de la santé et de l’hygiène publique sur cette lacune, avec documents probants à l’appui, en date du 25 août 2014.

Le Ministre de la santé et de l’hygiène publique a effectivement reçu lui-même, en personne, une délégation du bureau de l’association le 10 septembre 2014.

Au cours de cette audience, en concertation avec ses collaborateurs techniques, il a approuvé les propositions des membres d’ASFA 21 et leur a demandé de lui envoyer un plan opérationnel spécifique pour la commune rurale de Faléa. Ce document complémentaire, qui est en cohérence avec le plan de contingence national et s’insère dans la dynamique de mobilisation générale contre l’épidémie, a été déposé et approuvé par le conseil technique en charge du dossier et le chef du département le 13 septembre 2014.

Cependant, jusqu’à présent, malgré ses nombreux rappels (par téléphone et par visites), aucune action n’a été entreprise sur le terrain, regrette ASFA 21.

C’est dans une attente fébrile,  reflétant l’inquiétude grandissante que sont les habitants de Faléa qui sont au courant de la progression fulgurante de l’épidémie ces dernières semaines chez leurs voisins de l’autre côté de la frontière, c’est-à-dire en Guinée Conakry. C’est la raison pour la quelle AFA 21 s’est dite abasourdie de lire dans la presse le compte-rendu de la mission de suivi du dispositif malien, effectuée dans la première semaine de ce mois d’octobre par le Directeur Général de l’OOAS (Organisation Ouest Africaine de la Santé), le Docteur Xavier Crespin.

En effet, à l’issue de sa visite de terrain qui s’est limitée à une seule zone d’entrée frontalière, côté République de Guinée-Conakry, la localité de Kourémalé (sur une bande frontalière dont la longueur totale est de 858 kilomètres ), cette haute autorité sanitaire ouest-africaine a décerné un certificat de satisfécit au Mali, laissant ainsi croire à l’opinion et aux populations qui n’ont encore rien vu venir, que  le dispositif est en place partout sur la bande frontalière Mali-Guinée Conakry et qu’il ne reste plus qu’à redoubler de vigilance pour son bon fonctionnement.

Les populations de la commune rurale de Faléa invitent les autorités nationales à diligenter de toute urgence l’intervention officiellement prévue par le département de la santé et de l’hygiène publique dans cette zone, afin de prévenir tout risque de propagation de la terrible maladie avec les conséquences désastreuses qu’elle pourrait y engendrer.

Siaka Z. TRAORE

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