24e session de l’espace d’interpellation démocratique : L’AMDH interpelle le Gouvernement sur la violation des Droits de l’Homme

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La 24e session de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) s’est tenue le mardi 10 décembre 2019 au CICB. A cette occasion, l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a interpelé certains membres du Gouvernement concernant des cas de violation des Droits de l’Homme dans notre pays. Cette rencontre annuelle a regroupé plusieurs personnalités dont le Premier Ministre Dr Boubou Cissé et les membres du Gouvernement, le médiateur de la République Baba HakibHaïdara, le représentant de l’Union Africaine, le médiateur de la République de Togo, Awa Nana Dackou.

Les inquiétudes et réflexions de l’AMDH s’articulent autour de l’injustice et l’impunité, l’insécurité galopante, des inégalités sociales, la situation des enfants déscolarisés des zones de tension, de l’esclavage dans la région de Kayes.

Pour l’AMDH chaque denier public détourné viole un Droit de l’Homme. En effet, précise-t-elle, le détournement de denier public constitue un sérieux obstacle à l’accès à certains services essentiels. Cest pourquoi d’ailleurs l’AMDH a exhorté les autorités maliennes à fournir aux acteurs judiciaires les moyens nécessaires à l’accomplissement de l’oeuvre de ” salubrité publique “.

En plus, l’Association Malienne des Droits de l’Homme a attiré l’attention des autorités sur la problématique des violences basées sur le Genre. Selon les chiffres de l’ONG WILDAF, elles sont 170 victimes identifiées et documentées à avoir subi de violences sexuelles lors des événements de 2012. Cependant, pour bannir cette pratique et protéger les femmes, l’AMDH a exhorté la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille à faire diligenter le processus d’adopter d’une loi sur les violences basées sur le genre.

Quant à l’insécurité au Mali, l’AMDH a demandé aux autorités maliennes de restaurer et renforcer la confiance entre les populations locales et l’Etat. Autrement dit, une approche de sécurité collaborative mettant au centre les populations et de promouvoir la consultation des communautés locales au plan de sécurisation de leurs zones.

En ce qui concerne l’esclavage, l’AMDH a attiré l’attention des plus hautes autorités à veiller au respect strict de la loi fondamentale. Car, le Mali recule au regard des pratiques barbares de l’esclavage dans la première région malgré que cette pratique soit interdite par la Constitution du 25 février 1992. Enfin l’AMDH a demandé des réponses sur la corruption dans les milieux scolaires.

Pour sa part, le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a répondu que le droit n’est pas un aboutissement mais un processus. Car, il fut un temps où on pouvait acheter les êtres humains et ne pouvait pas avoir de patrimoine mais ce n’est plus le cas au Mali. Les maliens doivent se parler parce qu’à chaque dénonciation de violation des droits de l’homme les enquêtes ont été ouvertes et des condamnations ont été prononcées. Pour le cas de l’esclavage dans la région de Kayes une conférence régionale est en cours, annonce le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Me Malick Coulibaly.

Enfin le Ministre a présenté sa profonde désolation à toutes les victimes des dysfonctionnements de la justice. Et s’est engagé à trouver des solutions pour rendre toujours la justice juste. Car, dit-il, le Mali est un pays de droit et tous les maliens naissent libres et égaux en droit et en devoir.

Fatoumata  KONANDJI  (stagiaire)

 

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