Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale : Le Mali demande qu’on respecte sa souveraineté…

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Dans un entretien accordé à l’ORTM, le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale  a réagi aux conclusions du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenu le 12 décembre 2021 à Abuja au Nigéria. Le Chef de la Diplomatie malienne note une avancée dans le dialogue avec les dirigeants ouest-africains. SEM Abdoulaye DIOP rassure que les efforts diplomatiques se poursuivront pour établir davantage la confiance entre le Mali et ses partenaires extérieurs.

  ORTM : Monsieur le Ministre quelle appréciation faites-vous des décisions du dernier Sommet de la CEDEAO ?

  Abdoulaye DIOP : « Nous sommes soulagés, parce que de tout temps, la préoccupation du Président de la Transition, du Premier ministre et de l’ensemble du Gouvernement, était d’œuvrer à éviter que des sanctions supplémentaires puissent être posées contre le Mali, et éviter toutes sanctions pouvant affecter les populations maliennes qui ont déjà tant souffert. Nous pensons que les efforts entrepris pour expliquer à nos partenaires de la CEDEAO la difficulté dans laquelle nous nous trouvons, mais aussi, la nécessité d’écouter davantage les Maliens, de leur permettre d’être parties prenantes de toute solution, de notre point de vue, ce message a été entendu. Le fait que ces mesures aient été différées pour permettre aux Maliens d’aller dans les Assises et de revenir à la Communauté régionale avec un chronogramme constitue un pas important. Il est vrai que la date du 27 février qui est réitérée dans le communiqué de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, de notre point de vue, elle n’est pas nouvelle. C’est une position de principe de l’Organisation. Mais, à mon avis, il faut dépasser cela. L’objectif, aujourd’hui, c’est de pouvoir travailler à un calendrier alternatif. Le Gouvernement du Mali, par la voix de Son Excellence le Président de la Transition, avait déjà indiqué la difficulté pour le Mali de tenir cette date à cause de contraintes objectives et surtout d’événements inattendus qui ont impacté le processus de Transition, mais aussi, par rapport à la situation sécuritaire qui ne permet pas la tenue des élections. Nous  allons continuer à expliquer. Ce que le Mali a toujours demandé, c’est qu’il y ait une approche plus holistique de l’examen de la question du Mali ».

Après vos multiples rencontres avec les partenaires extérieurs, vous avez donc aujourd’hui, le sentiment d’être compris notamment par les dirigeants de la CEDEAO ?

« Oui, il y a des pas. Nous devons faire chacun le pas de comprendre. J’imagine que beaucoup d’entre eux sont inquiets par rapport à ce qui se passe au Mali avec des risques de contagion, si on peut appeler ça comme ça. Nous devons tous continuer à travailler ensemble pour améliorer ce dialogue. L’objectif, c’est de rechercher des solutions. Lors de la dernière tournée que nous avions effectuée sur instruction du Président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA, qui est le Chef de la Politique extérieure, il m’a demandé d’entreprendre un certain nombre de démarches, d’explication au niveau de ses frères de la région. Je m’étais rendu à Abuja au Nigéria, au Ghana, à Abidjan. Mais avant cela, nous avons visité beaucoup d’autres pays. Notre action, dès le début, au niveau du Gouvernement a toujours été d’œuvrer à établir des relations de confiance avec la Communauté internationale pour qu’elle puisse avoir une meilleure lecture de la situation au Mali. Le Mali n’a pas vocation à remplacer X par Y mais, nous cherchons notre intérêt et nous allons le chercher partout où cela est nécessaire. Donc, nous voulions que nos partenaires comprennent seulement que le Mali demande qu’on respecte sa souveraineté, qu’on respecte son unité et la dignité des Maliens. Et que nous puissions travailler dans un esprit gagnant-gagnant dans tous ces partenariats ».

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5 COMMENTAIRES

  1. Impressionnant. L’armée rouge dans les rues de Bamako. Si les maliens le veulent, cela sera. Mais la dernière fois ce ne sont pas les Russes qui ont été appelé. Après les libérateurs russes sont bien connus des populations civiles des pays dans lesquels ils son intervenus: L’allemagne, la pologne, la tchécoslovaquie, la bulgarie, les états baltes, la hongrie, la roumanie, …. Plus prêt l’afghanistan, l’ukraine, la géorgie, la syrie. partout ils y ont été accueillis en “grands libérateurs”, partout ils ont agis au “grands bénéfices” des populations libérées. Bref c’est vraiment la solution que de faire appel à ce grand pays dirigé par un grand démocrate. Moi je me pose une question pourquoi la géorgie, la tchécoslovaquie, les pays baltes, l’afghanistan, la pologne les ont ils mis dehors. Ah j’oubliais les biélorusses eu sont contents. Pendant que les politiques maliens discourent à Bamako sur la souveraineté d’autres souffrent et meurt dans le sable. Il me semble que vous marchez sur votre tête.

  2. APPELE LAVROV ET ACCELERE LA COOPERATION MILITAIRE MALI RUSSIE CAR MACRON ET BIDEN SONT TRES INTELLIGENE ET VONT TOUT FAIRE POUR EMPECHER L ARRIVEE DE SOLDATS RUSSES CHEZ NOUS

    DONC ACCELEREZ LE DEPLOIEMENT DE L ARMEE ROUGE CHEZ NOUS SVP !!!!!!!!!!!!!!!!!!

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    Question: Si je comprends bien, vous considérez l’Occident comme la cause de la destruction de la Libye en 2011 et des souffrances des Libyens depuis dix ans?

    Sergueï Lavrov: Ce fait est impossible à nier. De plus, tout le monde reconnaît une autre réalité encore plus vaste: depuis que l’Occident a détruit la structure étatique de la Libye, un “trou noir” est apparu à la place de ce pays. Les extrémistes armés par l’Occident contre Mouammar Kadhafi ont traversé son territoire pour aller vers le Sud. C’est précisément l’origine de la crise observée depuis des années dans la région du Sahara-Sahel. Aujourd’hui, c’est l’une des zones les plus dangereuses du point de vue de la propagation de l’idéologie extrémiste et de la présence physique de différentes branches d’Al-Qaïda et de Daech. Des flux de migrants se sont dirigés vers le Nord à travers la Libye, dont l’Europe souffre et cherche à bloquer. Il faut assumer ses actes.

    Question: La menace terroriste représente un sérieux défi pour les pays de la région du Sahara-Sahel. La Russie entreprend-elle des efforts pour aider ces pays?

    Sergueï Lavrov: Le 11 novembre dernier, je me suis entretenu avec le Ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, et le 7 décembre avec le Ministre tchadien des Affaires étrangères Chérif Mahamat Zene. Nous sommes en contact étroit avec les autorités de la Centrafrique. Ils sont tous unis par la même volonté: mobiliser les forces pour combattre le terrorisme. Des filiales d’Al-Qaïda, de Daech ou de Boko Haram sont présentes dans ces pays de manière plus ou moins importante. Tout cela arrive déjà sur le littoral du golfe de Guinée, des groupes de bandits commencent à s’accumuler autour du lac Tchad. Ils commettent des incursions depuis leurs camps, terrorisent les habitants, exploitent activement les ressources naturelles des pays africains. Peu sont capables d’y faire face.Nous aidons le G5 Sahel. Ils forment actuellement des forces conjointes, qui sont en cours de mise en place. Au niveau bilatéral, nous fournissons aux pays de cette région les armements nécessaires permettant de renforcer leur capacité d’éradiquer la menace terroriste. Nous entraînons régulièrement les militaires de ces pays en Fédération de Russie, dans les établissements de notre ministère de la Défense, nous formons des casques bleus et des policiers. À l’heure actuelle, le Conseil de sécurité des Nations unies songe à faire participer l’Onu au soutien matériel des forces conjointes du G5 Sahel. Nos collègues occidentaux ne sont pas très enthousiastes à ce sujet. La Russie est prête à faire un pas concret pour que l’Onu prenne conscience de la nécessité de soutenir plus activement et substantiellement le travail du G5 en ce sens.

    Question: Les déclarations du commandement des forces armées américaines expriment constamment des mises en garde contre toute présence militaire de la Russie dans les pays d’Afrique. Que pensez-vous de ces déclarations?

    Sergueï Lavrov: C’est une réflexion impériale, une absence du moindre respect envers d’autres pays qui est inhérente aux États-Unis et à la manière dont ils agissent dans le monde non seulement envers la Russie, mais aussi la Chine et d’autres États qu’ils qualifient d’adversaires et de rivaux. Ils parlent et traitent de la même manière leurs alliés. Comment a été réglé le problème de la vente de sous-marins nucléaires à l’Australie? Ils ont décidé et ils ont fait.En ce qui concerne leur revendication de gestion de continents entiers en solitaire, je pense que les pays de la région, de l’Afrique, du Moyen-Orient sont des entités étatiques suffisamment mûres ayant une grande expérience historique pour comprendre toute la futilité de ce genre de déclarations.Les militaires américains ne sont pas les seuls à avoir parlé de l’inadmissibilité de la présence russe et chinoise en Afrique. Par exemple, Mike Pompeo, qui était mon homologue quand il était secrétaire d’État américain, avait voyagé (peu de temps avant la fin du mandat de Donald Trump) dans plusieurs pays africains les appelant partout publiquement à ne pas commercer avec la Russie ni avec la Chine, parce que soi-disant nous faisons du commerce pour “coloniser” tout le monde. Alors que les Américains le font uniquement pour renforcer la démocratie. Évidemment, le caractère anecdotique et la futilité de ce genre de déclarations sont flagrants pour tous.Les Américains, mais aussi nos collègues européens, éprouvent un tel sentiment de leur propre supériorité sur tous les autres. À chaque occasion, la France déclare que la Russie “n’ose pas” apporter une aide militaire à un pays comme le Mali. Alors que le gouvernement malien a officiellement tout expliqué de manière assez détaillée. Le Premier ministre a exprimé à l’Assemblée générale des Nations unies ses préoccupations vis-à-vis du fait que face à la menace terroriste qui ne diminue pas, et grandit, le gouvernement français a décidé de réduire la mission Barkhane. En particulier, deux bases ont déjà été fermées dans le Nord du pays, où la situation est la plus grave, et une troisième sera fermée d’ici la fin de l’année. Bien évidemment, dans ces conditions, les autorités maliennes doivent chercher une compensation à cette démarche française. Avec le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, nous avons récemment parlé à nos homologues français au format “2+2”. Nous les avons appelés à exclure les doubles standards dans la lutte contre le terrorisme. Si nous voulons tous aider l’Afrique, il faut le faire en unissant nos efforts et non par des tentatives de “jalonner” sa zone de responsabilité, “marquer” le territoire concerné sans laisser y entrer tous les autres. C’est une réflexion du XIXe siècle, même pas du dernier.

  3. MR DIOP

    LAISSONS LES PARLER ET AGISSONS VITE TRES VITE !!!!! NE VOUS LAISSEZ PAS DISTRATIRE PAR LEURS PAROLES ———CELA RESTERA DE VAINES PAROLES QU IL FAUT RIDICULISER PAR NOTRE ACTION FORTE ET INTELLIGENTE

    BIEN JOUE POUR LE CHANGEMENT DE SATELLITE MILITAIRE -CONTINUEZ !!!!!!!!!!!!!

    IL FAUT ACCELERER LA COOPERATION AVEC LA RUSSIE MAIS AUSSI ALGERIE IRAN TURQUIE RWANDA ETC…

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