Assurance volontaire AV+ Des travailleurs sans salaire depuis quatre (4) mois !

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Dans le cadre d’un partenariat entre la SAER-Emploi (Société Africaine d’Etudes et de Réalisation) et l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS), un projet de management de l’Assurance volontaire dénommé INP-AV+ a vu le jour en décembre 2017. Il fut scellé entre l’ancien Directeur Général de l’INPS, Bréhima Noumoussa Diallo et le Président Directeur Général de la SAER-Emploi, Diadié dit Amadou Sankaré et le président de l’INP-AV+, etc. Aujourd’hui, l’espoir tourne au vinaigre, car en plus des déboires des personnes qui ont souscrit à cette assurance, ceux qui y travaillent sont à plus de quatre mois d’arriérés de salaires !

En effet, si le projet management de l’assurance volontaire de l’Institut National de Prévoyance Sociale INPS-AV+, qui est née de la ferme volonté de l’INPS et de SAER-emploi de conjuguer leurs efforts pour augmenter le nombre d’adhérents au régime de l’Assurance volontaire dans le cadre d’un partenariat qui s’est matérialisé par une Convention de délégation de gestion signée en avril 2017, avait suscité l’espoir, aujourd’hui c’est la désillusion.

En effet, cette approche, visant à contribuer à  la mise en œuvre de la politique nationale d’inclusion sociale prévue par la loi N°99-047 du 28 décembre 1999 instituant l’Assurance volontaire, devrait permettre de couvrir le maximum de travailleurs dans les secteurs tertiaires et informels, les professions libérales et les couches défavorisées, l’objectif de l’AV+ étant de donner la chance aux hommes de métier (maçons, tailleurs, menuisiers, mécaniciens, soudeurs, coiffeurs, vendeurs de condiments commerçants, boutiquiers, etc.), aux travailleurs indépendants et aux professions libérales de préparer leur retraite.

A travers l’assurance volontaire plus, ceux-ci devraient bénéficier de toutes les prestations de l’Institut National de Prévoyance Sociale, y compris la prestation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). En effet, avec l’AV+, l’adhérent peut payer ses cotisations par jour, semaine, mois, voire par trimestre, selon les modalités de son choix et par Orange money, virement bancaire ou même en espèces, l’essentiel état que la cotisation soit disponible à la fin du trimestre.

De son côté, l’AV+ devait assurer un accompagnement à l’adhérent, de la constitution de son dossier jusqu’à la jouissance de ses droits, en passant par l’immatriculation et la délivrance de la carte d’assuré par l’INPS. « La protection sociale étant un droit pour le citoyen, l’inclusion sociale apparait incontestablement comme le moyen le plus efficace pour lutter contre la pauvreté en facilitant l’accès à un grand nombre de personnes marginalisées aux services sociaux et surtout à la sécurité sociale », s’étaient vantés les responsables au lancement de cette assurance volontaire.

En faisant cette intermédiation, l’AV+ ne cherchait pas à se substituer pas à l’INPS dans sa mission de service public de protection sociale, mais à l’accompagner dans la promotion de l’assurance volontaire sur toute l’étendue du territoire en vue d’augmenter le nombre d’assurés potentiels pour ce régime à travers des campagnes de sensibilisation, d’information et de mobilisation des personnes éligibles.

Aussi, les adhérents devaient bénéficier des prestations familiales, telles que l’allocation familiale, les pensions de retraite. Mais aussi des avantages de l’AMO qui prend en compte, les frais de consultations, les analyses de laboratoires, l’accès aux produits pharmaceutiques, les consultations médicales, les examens de laboratoire, les soins médicaux, les soins dentaires (sans prothèse), les hospitalisations simples et celles avec intervention chirurgicale.

Quand l’espoir tourne au cauchemar

Sauf que les choses ne se déroulent pas comme prévu, des problèmes ayant vite plombé les ailes de l’AV+. En effet, pour ce qui concerne l’allocation, des problèmes sont évoqués comme le retard dans le payement. En effet, du début de l’AV+ en octobre 2017 à nos jours, seule une partie des assurés a eu droit aux allocations deux fois seulement (2018 et 2019), les autres ayant été victimes d’omission due au mauvais traitement des dossiers. S’y ajoutent le non-rappel des omis dans le traitement des allocations, l’ignorance totale pour les assurés de la situation exacte du traitement de leurs dossiers.

Pour ce qui est de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), les droits des assurés sont fermés tout le temps malgré qu’ils soient à jour dans le payement au niveau de l’AV+ et l’ouverture des droits n’est pas immédiate après le payement de ses arriérés de cotisation. Comme conséquence, les assurés à ce système d’assurance volontaire vivent dans la hantise au quotidien, un véritable enfer qui contraste mal avec les belles promesses tenues lors du lancement de ce produit.

Idem pour les travailleurs d’AV+ qui sont sans salaire depuis plus de quatre mois. Dire que le grand patron derrière cette structure n’est autre que le Président du Groupe SAER, Diadié dit Amadou Sankaré qui, du reste, prétend encore diriger, après son coup foiré avorté à la tête du patronat malien, le Conseil National du Patronat du Mali. Décidément, on aura tout vu au Mali !

Fousseyni SISSOKO

Notre VOIE

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