La gouvernance au Mali entre pilotage à vue et saupoudrage : Le Ministre Abdoul Karim Konaté fixe les prix, les commerçants les font valser

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Alors que la communauté musulmane entame le mois béni de Ramadan dans la paix et la quiétude, le gouvernement peine à amener les commerçants à abaisser les prix de denrées de base, comme décidé d’un commun accord et annoncé tambours battants sur les attentes.  Le ministre du commerce,  porte parole du gouvernement a pris l’engagement de veiller scrupuleusement sur la moralisation des prix. Si on ne peut pas douter de sa bonne foi, il est permis de s’interroger sur sa capacité à mettre les commerçants au pas. Car, jusqu’à la veille du Ramadan, les prix affichés n’étaient pas ceux annoncés. Les prix connaitront-ils une baisse pendant le mois béni ?

Face aux multiples engagements non tenus des autorités, nombreux sont les citoyens maliens qui ne croient plus à leurs gouvernants.  A juste raison d’ailleurs, quand on sait qu’ils ont excellé dans les fausses promesses au point d’entamer largement leur crédibilité. Sinon comment comprendre qu’un ministre de la République, après avoir recoupé toutes les informations, analysé toutes les hypothèses, puisse fixer  avec solennité les prix des denrées de première nécessité et qu’on constate tout le contraire le lendemain. A titre d’exemple, il avait été annoncé que le prix du kilo de sucre ne dépasserait 550 F CFA. Cependant, certains commerçants vendaient, sans vergogne, cette denrée à 650 F CFA. La grève des transporteurs n’expliquerait pas tout, car ce fut la même surenchère les années passées. A moins d’être dans la République du Gondwana, un ministre contredit de la sorte du jour au lendemain, doit rendre le tablier ou remettre les choses dans l’ordre. C’est une question d’éthique, étant donné que c’est par la parole que l’on gouverne et tout responsable devrait veiller à ce que sa parole soit respectée par lui-même et par ceux qu’il a la charge de gouverner. Notre République est devenue tellement bananière que ses lois sont bafouées au quotidien à la fois par les gouvernants et le citoyen lambda, sans conséquence. Il est temps que les hommes politiques maliens donnent du crédit à leurs engagements et promesses. Si le Gouvernement venait à fléchir encore dans l’application du maintien des prix des denrées de première nécessité, il contribuera à décrédibiliser la parole publique.

L’omniprésent ministre du commerce, porte-parole du gouvernement, au four et au moulin, auprès des syndicats pour une issue favorable aux différents mouvements de grève, gagnerait plus en crédibilité s’il parvenait à faire respecter les prix qu’ils auraient fixés avec les commerçants.

         Youssouf Sissoko

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