Marée humaine du vendredi : Ultimatum à IBK. Boubèye désavoué

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La marche conjointement organisée  par le chérif de Nioro  et l’imam Dicko a drainé  une marée humaine à Bamako  le vendredi   dernier. A travers cette  démonstration de force, des centaines  de milliers de citoyens ont exprimé leur ras- le bol à l’adresse  du pouvoir en place. Ils ont surtout  adressé  un message  clair  au président  Ibrahim Boubacar Keita  quant à la gestion actuelle du pays et désavoué son Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga,  dont le départ a  été encore  réclamé .

Avec ferveur et  détermination, des centaines de milliers de personnes se sont regroupées sur la place de l’indépendance, après la prière du vendredi à  l’appel du chérif de Nioro  et  de l’imam Dicko. Les avenues  menant  au monument de l’Indépendance étaient  noires de monde au moins sur 2 km de part et d’autres.

La diversité des messages inscrits sur les panneaux témoignait d’un ras-le-bol généralisé dépassant le cadre sécuritaire. « Barkhane et Minusma allez-vous en de chez nous », « les enseignants, les médecins et les cheminots en grève, mais IBK s’en fout », « 0 sécurité », « IBK dégage ! », pouvait-on lire pèle mêle….

Les manifestants, dans leur slogan ou sur des pancartes, réclament, aussi la démission du gouvernement. « Ce régime nous a fatigué, nos enfants, nos maris et nos parents meurent à cause de la mauvaise gestion d’IBK et de son clan”, déclare  au sein du cortège une veuve de militaire, Mariam Fomba, souhaitant qu'”IBK dégage ». « Ogossagou, plus jamais ! », « Trop c’est trop ! », scande Mamadou Sarr. « C’est un choc. Imaginez près de 200 morts, des femmes enceintes et des enfants éventrés. Il n’y a même pas de qualificatif pour ça. On n’a jamais vu cela dans notre pays », dit-il.

 Le départ du  régime réclamé

Ce 5 avril, c’est le départ de tout le régime que réclament les manifestants. Mais aussi, celui des forces militaires internationales présentes dans le pays. « Tout un village a été exterminé à Ogossagou et pourtant il y a des dizaines de milliers de forces étrangères dans notre pays et personne n’a rien fait. La communauté internationale est incapable de protéger les civils. Si elle n’est pas en mesure de nous sécuriser, qu’elle dégage ! », s’indigne Mamadou Dansogo, un commerçant.

«  L’école est dehors, les commerçants se cherchent, et aujourd’hui il n’y a pas de perspective pour les jeunes, il n’y a pas d’emplo les populations  du centre  se font massacrer, qui sont les coupables, qui sont les auteurs, quelle politique nous a menés à ça ? La France est un pays ami, mais la France ne doit pas soutenir un gouvernement corrompu, illégitime », dénonce Issa Kaou N’Djim, le porte-parole de l’imam Dicko.

Au cours  de ce grand rassemblement, des leaders  religieux se sont exprimés sur l’état de la nation et la mauvaise gouvernance. Tous les maux qui rongent le Mali sous l’actuel régime ont été décriés par les intervenants. Ceux-ci n’ont pas porté de gant pour fustiger les comportements de nos dirigeants.

L’envoyé de M’Boullé, a transmis à l’assistance un message sans équivoque : « le Cherif Haïdara réclame le départ  immédiat du premier ministre  et de son gouvernement.  Le combat ne s’arrêtera qu’à la  satisfaction  de nos doléances ».

A Nioro du Sahel le chérif Bouyé Haïdara a participé à une manifestation similaire “pour les morts d’Ogossagou, contre la mauvaise gestion du pays par IBK et son Premier ministre incompétent”, selon son fils, Moulaye Oumar,  dans une vidéo.

Evoquant le conflit au Centre, le président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l’imam Mahmoud Dicko, a lancé un appel à l’apaisement. « Mes frères peulhs, la vengeance n’est pas la solution. Mes frères dogons, il faut déposer les armes », a-t-il déclaré. Il ajoute : « Ceux qui sont venus nous aider doivent le faire en toute franchise ou quitter le Mali ». Le responsable religieux visait notamment les troupes françaises, intervenant dans au Mali  depuis 2013…

En outre,  Dicko est revenu  sur  l’ultimatum  appelant au départ du Premier ministre : «  Si le président de la République reste sourd à la demande du peuple. Nous tiendrons chaque  vendredi, au même endroit, un meeting tant que Boubèye sera au pouvoir ». Aussi, Dicko affirme que le Mali appartient et restera aux Maliens.

A la fin de la manifestation, des heurts ont éclaté à plusieurs endroits de  la capitale. Des pierres, des pneus brûlés et des gaz lacrymogènes ont été lancés.

Mémé Sanogo

 

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