Le président de l’ONG Urgence Panafricaniste Kemi Séba : « C’est une anomalie économique que le franc CFA perdure »

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Présent à Bamako pour recevoir un prix du Mouvement jeunesse Africaine Intellectuelle (MJA-Intellect », l’activiste politique et non moins président de l’ONG Urgence Panafricaniste, M. Kemi Séba a profité de l’occasion pour animer une conférence sur la question du Franc Cfa. C’était le samedi 15 juillet dans la salle de conférence de  la maison de la presse.

Le principal conférencier, M. Kemi Séba  a dès l’entame de ses propos évoqué les raisons de sa venue  au Mali. C’est ainsi qu’il dira qu’il y’a une urgence de rétablir la souveraineté pour la population africaine. De l’avis de M. Séba, chaque peuple a droit de choisir sa propre destinée,  de maitriser sa propre politique, sa propre économie et  de pouvoir jouir de ses ressources naturelles. A ses dires, la question de souveraineté est un droit inaliénable et  la monnaie est une question essentielle de la souveraineté.   C’est une anomalie économique que le franc CFA perdure, pense-t-il. Et dire que le franc CFA favorise l’intégration est un argument fallacieux, a-t-il souligné. Cette monnaie est une illustration parfaite que nous sommes sous le joug de la colonisation. Selon lui, il faut que nos dirigeants aient un véritable courage politique pour sortir du Franc CFA. Le concept anti-CFA,   ne se limite pas essentiellement à la dynamique de la libération monétaire.  C’est l’anticolonialisme français, a-t-il martelé. C’est pour la première fois en ce début du XXIe siècle, explique l’activiste politique, que notre génération se soulève pour demander la souveraineté intégrale de l’Afrique. Et M. Séba de poursuivre pourquoi en cas d’attentat en France l’armée malienne ne vient pas sécuriser le territoire français ? D’après lui, la vie n’existe que lorsqu’il y’a réciprocité. Tout ce qui a trait à l’unilatéralité est le cousin de l’impérialisme, a-t-il martelé. Et M. Séba d’ajouter « nous nous portons en faux contre ces genres de manifestations ».

  1. Séba a conclu par dire qu’il est déçu de ne pas être reçu par les autorités maliennes. Selon lui, c’est l’ambassade de France qui a fait pression sur les autorités maliennes pour que celles-ci n’acceptent pas de le recevoir.

Pour Dr Etienne Fakaba Sissoko, la question de la souveraineté monétaire n’est pas que celle du FCFA seulement. Il s’agit également de se battre pour la souveraineté politique, a-t-il précisé. Selon lui, le Mali est en train de gérer les conséquences de l’intervention sauvage de la France en Lybie. L’intervention française n’a qu’un autre but que de gérer les ressources dont regorgent nos pays. Il n’est pas question pour nous de réviser notre constitution pour l’adapter à un quelconque accord, a précisé Dr Sissoko. Lequel pense que techniquement aucun obstacle ne nous oppose à la sortie du franc Cfa. Selon lui, la sortie du Franc CFA nous permettra de nous libérer du joug du colonisateur.  Dr Sissoko pense que le franc Cfa est une propriété de la France et est un véritable coup de frein déterminant de notre développement. Il est urgent qu’on se débarrasse de cette monnaie d’autant qu’il devient un handicap pour notre économie, a-t-il conclu. « Le Franc Cfa est incompatible avec notre dignité », a commenté Ibrahima Kébé dit l’Africain.

Abdrahamane Sissoko

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