Sanctions ciblées de la Cédéao contre des personnalités maliennes : des Maliens se prononcent

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Réunis en sommet extraordinaire le dimanche 7 novembre 2021 à Accra dans la capitale ghanéenne sur les crises du Mali et de la Guinée, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO) ont décidé de sanctionner des responsables de la Transition malienne.

Ces sanctions ciblées visent 149 personnes notamment des ministres et des membres du Conseil national de Transition (CNT) qui constitue l’organe législatif de la Transition.

Parmi les personnes citées, nous notons l’absence du président de la Transition colonel Assimi Goïta et Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Des Maliens se prononcent sur la question.

Bama Mariko, citoyen : « Je pense que c’est regrettable que l’on en soit arrivé là »

Interdiction de voyager vers les pays de la Cédéao pour les autorités de la transition. Je pense qu’avec la publication de cette liste, la Cédéao essaye de montrer aux autorités de la Transition sa détermination concernant le respect du délai imparti à la Transition selon la concertation entre les Maliens et qui fut traduit en engagement devant les partenaires externes dont la Cédéao.

Mais je pense que la Cédéao est jusqu’à présent dans un cheminement de ne pas toucher directement à la population et elle ne veut pas non plus abandonner le Mali et les Maliens à leur sort. C’est pourquoi elle a épargné les deux premiers diplomates notamment Assimi Goïta et le ministre Diop. De cette manière, la Cédéao maintient les conditions du dialogue avec le Mali.

Dans tout ça, au regard de l’état actuel des choses et de ce qui précède, je pense que le Mali est aussi victime du flou qui a suivi la Transition dans toutes les étapes depuis la concertation à la mise en place du CNT, la formation des différents gouvernements et la préparation soudaine et l’organisation imminente des assises nationales dites de refondation. À chaque fois il y a eu du flou, ni la transparence ni l’exclusivité tant annoncées n’ont été au rendez-vous. En plus, des discours diviseurs de certaines autorités de la Transition font que les Maliens sont désunis sur le plan politique et social.

Pour convaincre la Cédéao et même pour avoir les moyens de nos intentions, les autorités actuelles de la Transition doivent nécessairement gagner d’abord le pari de l’union des Maliens de tous bords.

Unir les Maliens ne passe pas nécessairement par ces assises considérées par beaucoup de Maliens et la Cédéao comme l’élément alimentant le flou, l’ambiguïté. Faire un programme clair et précis, c’est comme ça qu’en bloc, nous pourrons faire face aux éventualités contrairement aux discours illusoires que certaines autorités se permettent d’étaler. Qu’Allah assiste et bénisse le Mali !

Kossa Maïga, citoyen :

Les sanctions de la Cédéao contre le Mali visent à plaire à la France. Je ne vois aucun intérêt pour la Cédéao de sanctionner notre pays. Les Européens se sont réunis derrière la France pour la soutenir contre le Mali. Par contre, les dirigeants de nos pays frères se sont rencontrés pour essayer de nous enfoncer dans la crise.

Malgré le contexte de la situation sécuritaire du pays, les multiples médiations des uns et des autres, pour leur expliquer qu’il est très difficile et même impossible de tenir des élections dans un pays entièrement occupé.

Finalement, ça laisse croire que la Cédéao s’aligne derrière la France qui a déjà promis d’isoler le Mali sans succès. En tout cas, les Maliens ont décidé de soutenir la Transition dans cette posture tant qu’elle reste dans sa position actuelle contre l’occupation française qui a duré plus de huit ans sans résultats convaincants

Zoumana Koné, professeur :

Mon point de vue par rapport à la liste des personnes sanctionnées par la Cédéao est que c’est bien réfléchi. Réfléchi pourquoi ? Parce que l’organisation n’a pas sanctionné le président de la Transition, colonel Assimi Goïta, et le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, juste pour ne pas fermer complètement la porte au dialogue, pour d’éventuels pourparlers pour une solution de sortie de crise. Donc, dans les règles de l’art de la diplomatie, c’est une décision réfléchie.

Je pense que la Cédéao doit suivre l’application de façon stricte de ces mesures, si elle veut qu’elle soit respectée dans son rôle même, si elle n’est pas appréciée. J’invite les autorités de la transition à éviter un bras de fer avec les organisations régionales ou internationales. Trouvons un moyen de sortir de cette crise au lieu d’en rajouter.

La crise est multidimensionnelle. Aucune nation, isolée sur le plan international, ne pourra se développer ou trouver des solutions à des problèmes tels que le terrorisme et autres. Que les autorités de la transition mesurent les conséquences de certains actes qu’elles sont en train de poser et voir le niveau de souffrance de la population.

Cheick Tall, citoyen :

À mon avis, la Cédéao a bel et bien raison de sanctionner les autorités de la Transition du Mali. Parce que le Mali est un pays membre de cette institution. C’était un accord entre les putschistes et la Cédéao de renforcer la sécurité et organiser les élections en février 2022.

Malheureusement, l’insécurité gagne du terrain et on n’a aucune solution. Pour conclure, je veux que les sanctions se limitent seulement aux autorités, pas aux innocentes populations pauvres. Et qu’on s’assume pour bâtir cette nation malienne malgré ces différentes sanctions.

Propos recueillis par Mantan Koné

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