Malnutrition infantile au Mali : L’Unicef et la coopération danoise au chevet de 135 000 enfants

0

Selon des statistiques officielles, 135 000 enfants de moins de 5 ans sont aujourd’hui menacés de malnutrition chronique. Une situation alarmante qui avait amené le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) à tirer la sonnette d’alarme il y a quelques mois. C’est ainsi que le gouvernement danois vient de réagir en octroyant 1,2 million de dollars américains (650 millions de Fcfa) à l’Unicef.

Le gouvernement danois a octroyé 1,2 million de dollars américains (650 millions de Fcfa) au Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) en vue de l’aider à lutter contre la malnutrition infantile au Mali. L’annonce a été faite le 15 avril 2016 à travers un communiqué du bureau de l’organisme onusien au Mali. Cet appui fourni à travers l’Agence danoise de développement international (DANIDA) doit contribuer au financement du Plan d’actions humanitaires de l’Unicef au Mali. Celui-ci vise à appuyer la lutte contre la malnutrition sévère aiguë dans le pays.

Cette importante aide financière, souligne le communiqué, vise à mettre à échelle et à maintenir les interventions relatives à la nutrition et à la survie de l’enfant dans la ceinture du Sahel au Mali, en réponse à la crise nutritionnelle en cours. Ainsi, grâce à cette contribution, l’Unicef sera en mesure de poursuivre ses activités et de prendre en charge près de 135 000 enfants âgés de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë dans le pays. «Ces enfants recevront des soins, des médicaments et des aliments thérapeutiques. Les actions cibleront les enfants souffrant de malnutrition sévère aiguë dans le pays», précise le communiqué.

Selon plusieurs ONG et organismes spécialisés, le Mali affiche «l’un des taux de malnutrition aiguë globale les plus élevés dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre». Des taux qui sont demeurés élevés au cours des 5 dernières années. Le taux de prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) ou émaciation, qui est demeuré supérieur ou proche du seuil «critique» de 10 % entre 2011 et 2015, était estimé à 12,4 % en 2015. En 2016, au total 180 000 enfants devraient souffrir de malnutrition sévère aiguë au Mali, selon l’enquête MICS 2015.

Au niveau national, le taux de malnutrition chronique qui engendre un retard de croissance, était estimé à 31,1 %. La malnutrition chronique au Mali est liée à des causes pluridimensionnelles, notamment l’insécurité alimentaire chronique, le manque d’accès à des soins de santé de qualité, les pratiques inappropriées d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), la mauvaise nutrition maternelle, la forte prévalence des maladies de l’enfance ainsi que la mauvaise hygiène et le manque d’assainissement. «Il existe un besoin impérieux de mettre à échelle les interventions qui sauvent la vie afin de prendre en compte les besoins non satisfaits et de prévenir la mortalité et la morbidité connexes au Mali, en particulier dans les zones affectées par le conflit», a déclaré Fran Equiza, le représentant de l’Unicef au Mali, cité dans le communiqué.

«Au Mali, l’Unicef a adopté une approche stratégique transversale selon  laquelle les femmes et les enfants ont accès à la protection, à l’éducation, à l’hygiène et à la vaccination, outre les services de nutrition afin d’accroître la résilience au sein des communautés», a-t-il ajouté. Avant de conclure : «Avec la reprise du partenariat avec le gouvernement danois et le soutien de celui-ci, nous espérons que nos efforts de réduction de la mortalité et de la morbidité dans les zones affectées seront renforcés».

Depuis que la situation d’urgence a commencé au Mali en 2011, l’Unicef et ses partenaires, notamment le gouvernement danois, ont immédiatement mis en place des interventions qui sauvent la vie en faveur des femmes et des enfants vulnérables dans les régions à haut risque des zones affectées par le conflit. L’aide supplémentaire annoncée aujourd’hui aura un impact significatif sur la vie des femmes et des enfants.

Moussa BOLLY

Commentaires via Facebook :

PARTAGER