Edito : Et ce bataillon des Aiglons ?

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Moustapha Diawara - pardonnons - avance - marasme
Moustapha Diawara

Une ouverture du score en faveur de l’Allemagne à un moment de la rencontre où l’on se disait, à juste titre, que les Aiglons du Mali étaient en train de décrocher et qu’on devrait se préparer au pire, a plutôt suscité chez les nôtres un regain de rigueur. De la manière la plus splendide, ils profitent d’une situation standard (coup franc) pour remonter la pente.  Avec rage, le buteur s’est jeté avec tout son corps pour mettre sa tête dans la forêt des jambes afin de catapulter la balle au fond du filet germanique.  Quel courage ! Quelle combativité ! Quel sursaut d’orgueil !

Il ne faut pas se voiler la face, le football malien en ces trente (30) dernières années à travers ses clubs et différentes équipes nationales,  sur les compétitions internationales a toujours manqué la conciliation du talent et du caractère. Sur ce chapitre, cette jeune équipe du Mali  a fabuleusement crevé l’écran. Sur le plan des individualités, elle a du talent à revendre, du gardien de but au dernier attaquant. En termes de caractère, son collectif a une âme d’acier. En cent vingt (120) minutes, il ne fléchit pas, son placement défensif ne se débride pas, son milieu porte l’eau à l’attaque comme sur une chaîne de termites.

En clair, ces juniors maliens donnent du plaisir à les supporter. Ils sont flamboyants, convaincants et rassurants.

Un détail important du comportement de cette équipe malienne à la coupe du monde des moins de 20 ans, vient de l’attitude de leur entraineur Fagneri Diarra. Qui s’est doté d’un bonnet de chef de tribu, qui ne crie pas à tue tête, ne s’adonne pas à des gymnastiques futiles devant les cameras. Avec ses lunettes sombres, il donne l’impression de ne rien voir des quelques hésitations dans le jeu de ses poulains.

Ce qui fait aussi, qu’en sa qualité d’ancien grand défenseur, il a réussi à dresser au sein de cette équipe un rideau de fer, dont les éléments se suppléent, se coordonnent, construisent ensemble leur jeu défensif  sans se mêler  les pinceaux. Ils sont aimantés par le seul objectif de ne pas ouvrir de failles à l’adversaire. Derrière eux, le gardien de but Djigui Diarra reste imperturbable sur ses gardes.

Alors que le football malien est très embarqué maintenant, cette équipe donne un autre visage de lui. La beauté dans les gestes et la complémentarité dans l’effort.

A même temps, faut-il faire le parallèle de cet exploit des ‘’Aiglons’’ avec la situation du pays ? Une déraison.

Car, si ce n’est le football, l’on ne sait pas dans quel autre domaine nous pourrions mettre dos au mur une grande puissance comme l’Allemagne. Cependant, une analyse simpliste du parcours de ces footballeurs, donne comme facteur déterminant de leur exploit : le cœur. Le cœur à l’œuvre, le cœur blessé de la situation du pays, le cœur rempli des attentes des millions des compatriotes footeux et le cœur bercé par le drapeau malien : vert-jaune-rouge.

On cherchait un bataillon de gloire sur le front et Dieu nous donna ces juniors.

Que vive longtemps ce bataillon des Aiglons !

Moustapha Diawara

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3 COMMENTAIRES

  1. J’ai adoré cet édito. J’ajouterai simplement sur observations personnelles que le Mali dans cette coupe du monde se laisse souvent dominé durant les 15 ou 20 premières minutes, ce qui nous a été fatal contre ….la Serbie que nous croiserons demain. Comme conseil je dirai aux jeunes d’être directement dans leur match dès la 1ere minute ainsi l’adversaire doutera et se ravisera. Je reste convaincu que si le Mali ne prend pas un but dans les 1eres 30 minutes de jeu, il remportera ce match contre la Serbie. Bon vent aux Aiglons pour que vive le Mali un et indivisible.

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