La crise du PDES vue par son président d’honneur Hamed Sow : Pourquoi Séméga ne peut pas et ne doit pas être candidat

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Aujourd’hui, certains militants du PDES sont en train de pousser le président Ahmed Diané Séméga à se porter candidat pour la présidentielle d’avril 2012 bien qu’il ait affirmé, plus d’une fois et sans équivoque, que son unique motivation est d’accompagner ATT jusqu’à la fin de son mandat. Face à cette situation, l’un des présidents d’honneur du parti, en l’occurrence Hamed Sow, conseiller spécial du président, lui-même probable candidat à la même élection, est monté au créneau pour mettre Séméga face à ses responsabilités dans une interview exclusive publiée, le vendredi 11 novembre dernier, par notre confrère L’Aube. Si la candidature de Séméga se confirmait, comme le souhaitent ardemment certains de ses proches, l’on serait face à une discrimination flagrante de la part d’ATT qui sera, sans doute, décriée et à juste titre par les politiques. Car comment comprendre que le président ATT ferme son gouvernement à tout autre ministre prétendant à la présidentielle et l’ouvre au seul Ahmed Diané Séméga? Même une démission tardive de ce dernier serait perçue comme une supercherie grotesque visant à conforter sa position par rapport à d’autres éventuels concurrents pour Koulouba.

 

 

La candidature du président du PDES, Ahmed Diané Séméga, serait-elle annoncée dans les coulisses ? Est-ce que le débat existe au sein du Pdes.  Telle est la question que notre confrère de l’Aube, Sékou Tamboura, a posée à Hamed Sow.

La réponse que celui-ci a donnée apparait clairement comme une interpellation de l’intéressé face à ses responsabilités et engagements.

En terme clair, Hamed Sow, comme la plupart des hommes politiques du pays, ne veut pas que Séméga se présente comme candidat à la présidentielle d’avril 2012. Lisez plutôt : "Moi, je ne pense pas que Diané Séméga sera candidat. Diané Séméga est un homme d’honneur et un homme de parole. C’est un homme qui a toujours développé une loyauté sans faille vis-à-vis d’ATT. Donc, à partir du moment où le président de la République a eu, lui-même, à dire qu’on ne peut pas être ministre et être candidat à une élection politique, je suis sûr et certain que Diané Séméga tiendra cet engagement. Je ne pense pas une seule minute que Diané Séméga ira à l’encontre de cette volonté du président, d’autant plus qu’il a eu à dire à maintes reprises qu’il n’a jamais dit à quiconque qu’il était candidat. J’entends dire qu’il serait prêt à démissionner du gouvernement pour se présenter. Si tel est le cas, moi je serais le premier surpris parce que pendant dix ans, Diané Séméga a été un fidèle parmi les fidèles d’ATT".

Le ministre Ahmed Diané Séméga doit prendre l’exemple sur d’autres hommes politiques  qui ont préféré renoncer aux délices du gouvernement quant ils avaient l’intention de se porter candidats pour la présidentielle d’avril 2012.

D’ailleurs, le Dr Hamed Sow n’a pas manqué de le souligner dans son interview en ces termes : "Il y a des hommes qui ont respecté le principe arrêté par le président de la République à la formation du nouveau gouvernement. Par exemple : Iba N’Diaye, qui était la deuxième personnalité du gouvernement Modibo Sidibé a renoncé au gouvernement pour se présenter éventuellement aux primaires de l’Adema. Par contre, Tiémoko Sangaré, l’actuel ministre de l’environnement et de l’assainissement, a renoncé aux primaires pour figurer dans le gouvernement. Et, jusqu’à présent, je n’ai pas entendu d’abord que le ministre Soumeylou Boubèye Maïga est candidat. Donc, je ne vois pas comment nous, qui nous réclamons de ATT, nous pourrions déroger à cette règle. C’est pourquoi, personnellement, je ne crois pas que Ahmed Séméga se présentera et ira à l’encontre de ce qui a été établi comme règle par le président de la République, compte tenu de son engagement vis-à-vis de celui-ci".

 

Séméga a-t-il d’autre choix ?

A suivre l’éminent géniteur du Projet de développement économique et social sur la base duquel le président ATT a été confortablement réélu en 2007, le président du PDES, qui a accepté de siéger au gouvernement  Mme Cissé Mariam Kaïdama Sibidé comme ministre de l’Equipement et des transports, ne doit vraiment pas se porter candidat. Cela, non seulement au nom de l’honneur et de la parole donnée, mais également au nom du respect et de la fidélité qu’il voue président ATT, le guide qui a eu  à soutenir qu’ "on ne peut pas être ministre et être candidat à une élection politique, précisément à la présidentielle de 2012".

Autrement dit, l’actuel ministre de l’Equipement et des transports Ahmed Diané Séméga "ne serait pas un homme d’honneur, de parole, fidèle à ATT s’il se portait candidat".

Face à la situation confuse et conflictuelle qui prévaut au sein du parti présidentiel à cause de la volonté de son premier vice-président, Jeamille Bittar de briguer, contre vents et marées, la candidature du PDES pour la présidentielle de 2012, un certain Bakary Coulibaly de Magnambougou à Bamako, qui se dit militant de première heure tout acquis à la cause d’ATT depuis mars 2002 avec le lancement du Mouvement Citoyen à Sikasso, n’a pas hésité à prier Ahmed Diané Séméga de "démissionner" de son poste de président du parti pour, dit-il "le bonheur du peuple PDES".

Le militant en question reproche au président du PDES son manque de réalisme dans la désignation des points focaux du parti, son incapacité à organiser la Convention et sa volonté de reléguer au second plan la présidentielle d’avril 2012. Bref son  manque de leadership tout court pour diriger le PDES. Pour certains, ce manque de leadership se caractérise par "le non respect des statuts et règlement intérieur et de la hiérarchie" avec son corollaire "d’intimidation, de harcèlement, d’abus de pouvoir, d’écart de langage et d’incitation à la violence".

 

Notre commentaire

Aujourd’hui, le ministre Séméga et non moins président du parti PDES doit se mettre au dessus de la mêlée. Il doit continuer à se contenter de la mise en œuvre du Projet de développement économique et social comme il l’a, d’ailleurs, toujours souhaité. Ainsi, il doit laisser les éventuels candidats comme Jeamille Bittar et Hamed Sow se battre légalement et légitimement pour la conquête du pouvoir pour le compte du PDES.

Au lieu de s’évertuer à mettre le bâton dans les roues des éventuels candidats comme s’il se voyait comme un rival qui attend son heure, il doit, au contraire œuvrer, sans cesse, à renforcer l’unité, la cohésion et la solidité du parti.

Contrairement à une légende très répendue Ahmed Diané Séméga n’est pas le plus fidèle des compagnons du président ATT. Car, il vient après Seydou Cissouma, ancien Conseiller technique chargé à la communication de la présidence de la République, actuel Commissaire du Mali à l’UEMOA et Souleymane Koné, actuel ambassadeur du Mali en Mauritanie, deux dommes qui ont été à la base de la candidature d’ATT à la présidentielle de 2002 et qui continuent de se donner à fond pour le président.

Son éventuelle candidature, comme y travaillent ardemment certains de ses proches, va apparaitre clairement et nettement comme une discrimination flagrante de la part du président ATT qui a fermé son gouvernement à tout autre ministre prétendant à la présidentielle.

 

Séméga ne doit pas être un ministre au dessus de la loi

 

Ainsi, le héros de la révolution du 26 mars 1991, en cautionnant une éventuelle candidature du ministre Ahmed Diané Séméga ne manquera pas de prêter le flanc à des critiques réellement fondées. Ahmed Diané Séméga s’il désirait se porter candidat à la présidentielle, devrait se plier à la mise en garde du président ATT en abandonnant les privilèges du  gouvernement comme Iba N’Diaye, Sékou Diakité et Tiémoko Sangaré de l’ADEMA. Ou encore Soumeylou Boubèye Maïga dont l’ambition de devenir président de la République n’est un secret pour aucun observateur de la scène politique malienne.          

 

Alassane DIARRA


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