Centre de santé communautaire de Yélékebougou : Une structure délabrée au service de la population

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Une vue de la table d'accouchement
Une vue de la table d’accouchement

Le centre de santé communautaire de Yélékébougou se trouve dans un piteux état. Cette situation ne lui permet pas d’offrir le minimum de confort aux patients qui y sont admis. Nous l’avons constaté lors du passage de la caravane “Tous et Chacun” pour la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans le cercle de Kolokani. C’était le mercredi 4 février dernier.

Le centre de santé de Yélékébougou est situé à quelque 40 km de Bamako. Malgré cette proximité, il est confronté à d’énormes difficultés pour offrir des soins de qualité aux usagers. Alors que le CSCOM en question couvre 17 villages avec une population de 16 427 habitants.  La salle d’observation n’existe que de nom avec ses deux lits presque inutilisables. Il faut noter que l’hygiène est carrément absente. Aussi, la seule moto qui sert de moyen de déplacement pour l’exécution des stratégies avancées lors des campagnes de vaccination n’est plus fonctionnelle. Ce centre de premier niveau souffre de plusieurs anomalies.

C’est pourquoi le Directeur technique du CSCOM a plaidé pour la réhabilitation de sa structure construite en 2002  et qui ne fonctionne pas au rythme d’un centre de santé communautaire en raison des difficultés tant matérielles que financières. ” Nous n’arrivons pas à assurer le fonctionnement du  réfrigérateur à pétrole dont le litre coûte 700 F CFA ” a-t-il martelé.  Et d’ajouter qu’il leur arrive de faire accoucher les femmes à la lumière des torches.  Les capacités du panneau scolaire n’arrivent pas non plus à faire fonctionner le CSCOM. La seule initiative heureuse et salutaire vient de l’ONG WaterAid. Laquelle, à travers le projet rural ” eau potable, hygiène et assainissement ” a construit une latrine et réhabilité les anciennes qui étaient défectueuses et délabrées.  La visite du centre de santé communautaire et l’animation d’une causerie-débat ont été les temps forts de cette étape.

Après, le cap a été mis sur Tioribougou où l’arrivée des caravaniers a mobilisé une grande foule sur la place publique pour témoigner de leur engagement à la lutte contre la mortalité maternelle, infantile et néonatale. Dans cette localité, la pratique de mesures édictées par le ministère de la Santé est une réalité. En témoignent les démonstrations des techniques de lavage des mains au savon faites par les élèves. De même que les activités de sensibilisation, de promotion, de l’hygiène et l’assainissement initiées par les jeunes de la localité pour la prévention de la maladie à virus Ebola. Ces résultats sont à l’actif de l’ONG WaterAid qui a réalisé une dizaine de latrines et deux pompes pour l’école de Tioribougou. Selon Awa Diarra,  l’une des gestionnaires de la cantine scolaire,  l’acquisition de ces deux pompes a enlevé une épine des pieds qui dure depuis six ans. Auparavant, la population a été invitée à  purifier l’eau du puits.  ” Ces forages ont fortement contribué à la réduction des maladies diarrhéiques ” a-t-elle fait savoir. A Kolokani, une animation de sensibilisation à grand public a permis de tester le niveau de connaissance de la population sur les gestes qui sauvent des vies surtout le lavage des mains au savon. Les caravaniers ont passé des messages sur la maladie à virus Ebola. Les spécialistes de la santé, qui accompagnent la caravane, ont invité la population à rester vigilante face à la maladie à virus Ebola. Les signes de cette épidémie et son mode de transmission ont été suffisamment expliqués à la population. Avant d’être invitée à se protéger à travers le lavage des mains au savon.

World vision soutien les femmes de tionkon

Pour la Directrice nationale de la Santé, Mme Binta Keïta, le Mali a certes fait des efforts en matière de santé, mais il reste beaucoup à faire. Les caravaniers se sont rendus,  le jeudi 5 février dernier, à Tionkon, une bourgade située à 12 km de Didiéni où une visite a été effectuée sur le site maraicher de l’Association des femmes de Benkadi. Sur un demi-hectare,  les femmes s’activent à la culture des légumes dans des conditions pénibles. Malgré le fait que la nature n’a pas été généreuse en faveur de ces dames, elles se battent tant bien que mal pour subvenir aux besoins nutritionnels de leurs familles grâce aux fruits récoltés de leur potager.

Toutefois, il convient de constater que ces maraichères sont confrontées à un manque crucial d’eau pour l’arrosage des légumes malgré les deux forages. Pour la présidente de l’association Benkadi, Diodjan Keita, il y a des femmes qui se lèvent à 6 heures, car la file d’attente est longue et il n’y a pas d’eau dans les puits. S’y ajoute l’incursion des insectes qui abiment les tomates de ce jardin en dépit de l’utilisation d’insecticides. Rappelons que c’est grâce à l’ONG World Vision que le site maraicher d’un demi-hectare a été aménagé pour les femmes depuis deux ans. L’aménagement et la clôture ont coûté à l’ONG 14 millions de F CFA.

Ramata TEMBELY

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2 COMMENTAIRES

  1. Et que font les ressortissants de ce village? Pourtant depuis le temps de Kissima Doukara, Yelekébougou est bien connu car c’est de là que vient la mère de cet grand officier de la république. Au lieu d’attendre la providence du ciel, les ressportissants feraient mieux de venir en aide à leur communauté d’origine. C’est ça aussi tout le plaisir de la décentralisation. VIVE LA REPUBLIQUE.

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