Transition au Mali : Le CNSP doit être au service du peuple

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«L’homme véritable ne se demande pas de quel côté on vit mieux, mais de quel côté est le devoir; et le seul homme pratique est celui dont le rêve d’aujourd’hui sera la loi de demain, car celui qui aura contemplé les entrailles universelles et vu brûler les peuples, enflammés et ensanglantés dans le creuset des siècles, sait que l’avenir est, sans une seule exception, du côté du devoir.» (José Marti).

Il n’y a pas aujourd’hui d’homme doué de raison et animé de la moindre bonne foi qui ne sait pas qu’au Mali des hommes et des femmes ont foulé au pied les intérêts fondamentaux de notre peuple travailleur et cela à la faveur de ce qu’ils appellent honteusement la ‘’démocratie’’. Mais à demander au citoyen lambda ce qu’il pense et sent par rapport à la démocratie à l’œuvre au Mali, il dira que c’est bien celle qui affame le peuple et qui permet aux nantis et aux crapules  de sucer le sang des travailleurs maliens. Une fois encore, il faut dire que dans notre pays ceux qui travaillent n’ont rien (pas même le repas quotidien garanti) et ceux qui ne font rien ont tous les biens du monde.

Il importe donc de s’interroger quelques fois: Y- a-t-il vraiment démocratie au Mali et si oui laquelle ? Le peuple malien est-il vraiment victime innocente de cette démocratie ? Si oui, qui sont les responsables du désastre qu’endurent les masses travailleuses du Mali ? La CEDEAO peut-elle dire consciemment qu’elle ignore les terribles souffrances que cette démocratie impose au peuple malien ? Si oui,  de quoi se mêle-t- elle donc chez nous ? Sinon, cette CEDEAO trouve- t- elle son expression et son gage dans cette démocratie ? Le coup de force (s’il c’en est un !) n’était-il pas donc nécessaire pour sauver notre peuple ? Que doit faire à présent le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) s’il veut servir dignement notre peuple ?

Autant de questions méritent aujourd’hui d’être posées face à la problématique de la transition au Mali.

Nous tenterons d’apporter des éléments de réponses à ces questions ci-dessus posées en vue d’éclairer la lanterne des militaires sur l’avenir de notre pays.

Le général Moussa Traoré est déchu, le 26 mars 1991. Pour amuser la galerie et trahir notre peuple qui a sacrifié bien de ses enfants, un procès fallacieux avec les questions fallacieuses (qui a tiré, qui a donné l’ordre de tirer ?) a été tenu non pas pour mettre le peuple dans ses droits mais pour l’escroquer.  Des hommes et des femmes voulant accéder aux mangeoires du sommet de l’État se sont abrités derrière le concept de démocratie pour assouvir leurs sales besognes qui consistaient à mobiliser les citoyens en leur prometant un kokadjè véritable. La suite est connue de tous.

Après vingt-neuf (29) ans de pratique dite démocratique, (essentiellement les élections et le pluralisme de la presse), le peuple travailleur du Mali est réduit à sa plus simple expression : les conditions économiques, sociales et culturelles sont aujourd’hui des plus dérisoires de l’Afrique et donc avant tout des pays de la CEDEAO. Il faut simplement dire que depuis la chute du régime sanguinaire et autocratique de Moussa Traoré, il n’y a pas eu de démocratie dans notre pays, tout au moins celle au service du peuple.

Les sangsues se sont cachées derrière cette notion pour couillonner  les Maliennes et les Maliens, comme en témoignent les fortunes colossales réalisées par ces hommes et femmes qui ont pendant vingt- neuf longues années animé ce pouvoir tricheur des nantis aux dépens des masses laborieuses de notre pays. C’est pourquoi, ils doivent tous rendre compte à ce peuple. Pour tout dire, il faut que ces déprédateurs du tissu socio-économique national remettent au peuple malien ce qu’ils lui ont brigandé et subtilisé.

Cela est une impérieuse nécessité parce que notre peuple est la victime innocente de cette tragédie humaine imposée par des hommes et des femmes sans foi ni loi à la recherche de leur paradis terrestre.

Les responsables avérés de cette tragédie ne sont autres que ces politiciens malhonnêtes qui ont fait de la politique leur source de revenu facile. C’est pourquoi l’on retrouve du n’importe quoi lors des joutes électorales sauf la moindre décence: les élections législatives de mars et avril 2020 ont associé des choux et des salades, des chats et des souris, des hommes de moralité douteuse. Il est à noter sans détour que si le Mali est au creux de la vague ce n’est nullement notre armée qui en est responsable parce que tout autant victime des affres de cette démocratie nauséabonde totalement creuse de contenu sérieux.

Ceux donc de l’intérieur comme de l’extérieur qui  s’agitent comme la peste bovine contre nos soldats patriotes ont peut- être réalisé qu’ils sont au soir de leur pouvoir de tout oser et de tout faire au nom de la légalité constitutionnelle. Même les militaires impliqués dans les malversations économiques et financières ont été entraînés pour cela par des politiciens rien que par leur nomination sans enquête de moralité. Qu’on cesse donc de diaboliser nos militaires patriotes qui ont décidé d’écourter les multiples souffrances des Maliens.

Ces soldats sont des fils du pays au même titre que ces civils qui se servent du concept de démocratie pour assassiner l’espoir dans notre pays. L’école est malade depuis Alpa Oumar Konaré. Va-t-on dire que sa faillite est imputable à ces militaires qui ont décidé de sonner la fin de la récréation politique au Mali ? Visiblement, la faute revient à ces politiciens qui ont appris à se gaver du sang de nos masses travailleuses, raison pour laquelle d’ailleurs ils sont allergiques au mot militaire laissant ces masses pour compte.

Sankara a coutume de dire qu’un militaire est un civil en mission et qu’un civil un militaire en congé. Une façon de dire que le militaire est citoyen comme le civil, toute la question étant de savoir qui aime son pays. Il suffit de jeter un regard sur le Rwanda, le Burundi, le Ghana, le Burkina pour comprendre qu’il y a partout des militaires patriotes (bien plus patriotes que beaucoup de civils). Ces militaires prennent effet et cause pour les peuples travailleurs.

Dans le cas malien, quel chef d’Etat de la CEDEAO n’a pas connaissance des terribles souffrances qu’endure le peuple malien par la faute de ces politiciens en mal de crédibilité et de décence ?

Si la CEDEAO n’en sait rien, il convient de rétorquer en se demandant de quoi se mêle-t-elle donc chez nous ? En passant, il convient de répéter que le Mali est membre de la CEDEAO et non sa propriété. Le Mali appartient aux maliens, pas plus !

Aller savoir le climat pour le moins souillé entre Alassane Dramane Ouattara (ADO) et le peuple travailleur de Côte d’Ivoire et cela à cause de sa prétention à un troisième mandat. Comme s’il est le seul en mesure de gouverner ce pays !

Si la CEDEAO est vraiment consciente de la souffrance de notre peuple laborieux et si malgré tout elle persiste et signe qu’il faut punir le Mali, il faut simplement en conclure qu’elle trouve son expression dans les affres de cette démocratie malienne nauséabonde. Ces chefs d’Etat doivent se rendre à l’évidence qu’ils sont plus faibles face à leurs peuples et que le Mali retrouvera sa place de leadership dans la sous-région ouest africaine et donc en Afrique.

C’est au regard de la pratique malveillante de la démocratie au Mali qu’il faut dire avec juste raison que le coup d’Etat militaire (si c’en est un) contre le régime d’IBK qui a montré toutes ses limites objectives se comprend aisément et se justifie bien pour tous ceux qui partagent la cause des masses laborieuses de notre pays.

Que doit donc faire à présent le CNSP s’il veut sincèrement servir son peuple ?

– La priorité des priorités c’est de décider d’un temps utile et suffisant pour une transition réussie au Mali, pour que rien ne soit  plus comme avant dans ce pays. Cela est indispensable parce que les Maliens n’ont que trop souffert de la gestion calamiteuse de leurs affaires par les démocrates véreux. Aujourd’hui,  nul besoin de dire que notre école et notre système de santé constituent indubitablement le cachot du désespoir pour ces millions de Maliens.

– Le peuple malien a sacrifié bien de ses filles et de ses fils pour l’avènement de la démocratie (la vraie) au Mali. Ainsi donc, la période de transition décidée par des chefs d’État de la CEDEAO n’engage que ses tenants. Sous Modibo Keïta (à cause de notre choix politique), le Mali a été victime d’embargo. On s’en est bien sorti. En 2012, malgré le discours va-t- en guerre de politiciens en mal de crédibilité, Cheick Modibo Diarra a prouvé à la face du monde qu’en dépit de l’ignoble embargo contre le peuple malien, celui-ci continua à manger à sa faim. Cela ne saurait nous amener à occulter la mauvaise foi dudit Premier ministre de plein pouvoir d’organiser un référendum pour un nouveau départ au Mali. Aussi, oublie-t-on que l’embargo est un couteau à double tranchant ?

En tout cas, le président sénégalais Macky Sall défendant les intérêts de son peuple l’a bien et utilement compris. Umaru Sissoco Embalo de Guinée Bissau a déjà tranché la question de l’envoi d’une prétendue force pour rétablir la ‘’légalité’’ constitutionnelle. Pour lui, (au dire des informations qui nous sont parvenues) si l’on doit envoyer des soldats au Mali pour défaire le CNSP, il va falloir en faire autant contre tous les chefs d’État qui s’obstinent à briguer un troisième mandat contre toute légalité constitutionnelle.

– Le CNSP ne doit donc pas se laisser distraire surtout il n’a pas droit à l’erreur. Mais vraisemblablement, les responsables du coup de force (si c’en est un) sont déjà beaucoup plus à l’écoute de la CEDEAO qu’à celui du peuple malien. En tout cas, l’on comprend difficilement la libération des personnalités arrêtées sans qu’elles ne rendent des comptes au peuple malien. Le cas de Sanogo en dit long !

– Le CNSP doit se rendre à l’évidence que sa première déclaration n’aura de sens véritable que lorsque l’audit de la nation se serait tenu en bonne et due forme au bénéfice de notre peuple travailleur. Cela serait inutile si la traque de la corruption et de la délinquance financière n’est pas véritablement engagée.

– Aussi, le CNSP ferait mieux d’assainir la situation socioéconomique nationale en mettant définitivement à l’écart ces politiciens véreux qui se sont rendus coupables de forfaitures par le truchement de la légalité constitutionnelle. Il faut à présent des hommes nouveaux pour servir autrement le Mali.

– Enfin, le CNSP se doit de mettre les gens au travail tant il est vrai qu’il y a bien de fonctionnaires qui ne foutent rien du tout et prennent leur salaire de façon malhonnête pour tomber dans l’affairisme et le commerce transfrontalier par leurs femmes. Pour le savoir, il suffit de s’intéresser au fonctionnement des services par des visites inopinées.

– Aujourd’hui, le Mali a besoin d’un nouveau départ car cette bamboula des démocrates politiciens n’a que trop duré. C’est dire que nous avons besoin des hommes qui ne jouent pas au folklore et ne tendent pas vers l’enrichissement illicite mais qui choisissent d’être du côté du devoir même aux dépens de leurs propres intérêts.

José Mari disait à cet effet: «L’homme véritable ne se demande pas de quel côté on vit mieux, mais de quel côté est le devoir; et le seul homme pratique est celui dont le rêve d’aujourd’hui sera la loi de demain, car celui qui aura contemplé les entrailles universelles et vu brûler les peuples, enflammés et ensanglantés dans le creuset des siècles, sait que l’avenir est, sans une seule exception, du côté du devoir

Fodé KEITA

 

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